‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 190 sur 353 · Cf. Conslit. aposl.j II, 63, titre · texte numérisé non relu

Cf. Conslit. aposl.j II, 63, titre

(An «II LES ÉVANGILES. 301

juger les vivants et les morts, et rendre à chacun selon ses œuvres. Domitien n'eut que du mépris pour une telle simplicité; il fit remettre en liberté les deux petits-neveux de Jésus. Il paraît que cet idéalisme naïf le rassura complètement sur les dangers politiques du christianisme , et qu'il donna ordre de cesser la persécution contre des rêves * .

Certains indices, en effet, portent à croire que Domitien , vers la fm de sa vie , se relâcha de ses rigueurs '. On ne peut cependant rien dire de certain à cet égard; car d'autres témoignages font penser que la situation de l'Église ne s'améliora que par Tavénement de Nerva*. Au moment où Clément écrit sa lettre, le feu paraît avoir diminué*. On est comme au lendemain d'une bataille; on compte ceux qui sont tombés ; on s'apitoie sur ceux qui sont encore

4. flégésippe, dans Eus., H, E,j III, xx, 7. t. Hégésippe, /. c; Tertullien, Apol,, 5.

3. Lactance [De mort, persec, 3) et Eusèbe (//. E,, IIF, xx, 40, 44) le supposent, et Clément d'Alexandrie (dans Eus., //. E., III, XXIII, 6) est avec eux. Ce qu'il y a de plus grave, c'est que Dion Cassius (LXVIII, 4} altidbue l'acquittement do ceux qui étaient accusés d'àaiStta, le rappel des exilés et l'édit de tolérance à Nerva. Si les cerdone$ de Juvénal (iv, 453) ont quelque chose à faire ici, ce serait là aussi une preuve que les sévérités contre les chrétiens ne finirent qu'avec la mort du tyran.

4. Au lieu de '^vojavoit (ch. i, init.)^ la traduction syriaque suppose la leçon tivc^xîvx;, comme si la persécution durait encore.

302 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 95J

dans les fers; mais on est loin de croire que tout soit fini, on prie Dieu de détourner les desseins pervers des gentils ^ et de délivrer son peuple de ceux qui le haïssent injustement *.

La persécution de Domitien frappa également les juifs et les chrétiens \ La maison .flavienne mit ainsi le comble à ses crimes, et devint pour les deux . branches d'Israël la plus hideuse représentation de rimpiétéS II n*est pas impossible que Josèphe ait été victime des dernières fureurs de la dynastie qu*il avait adulée. Passé Tannée 93 ou 9& , il n*est plus question de lui. Les ouvrages qu*en 93 il comptait exécuter, il ne les a pas écrits. A la date de 93 , sa vie avait déjà été mise en danger par le fléau du temps, les délateurs. Deux fois il échappa au péril; ceux qui Pavaient accusé furent même . punis '^ ; mais l'habitude abominable de Domitien était, en pareil cas, de revenir sur les acquittements qu'il avait prononcés, et, après avoir châtié le délateur, de faire périr l'accusé. L'effroyable rage de meurtre que Domitien montra en 95 el

4. Glom. Rom., Episi,, 59 (édit. Phil. BryeDoe) : rcb; iv 6Xt4»it

t, Ibid.j ch. 60.

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