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CHAPITRE XV

CLAMENT ftOMAIll. — PROGRÈS DU PRESRYTÉRAT.

Les listes les plus correctes des évêques de

Rome, forçant un peu ^ la signification du mot

d'évêque pour des temps aussi reculés, placent après

Anenclet un certain Clément % que la similitude de

nom et le rapprochement des temps ont fait nombre

de fois confondre avec Flavius Clemens. Ce nom

û'était point rare dans le monde judéo-chrétien*. On

peut, à la rigueur, supposer une relation de clientèle

entre notre Clément et Flavius Clemens*. Mais il faut

4. Irénée, III, m, 3; Ëpiphane. xxvii, 6, etc. Voir ci-dessus, p. 438, 456-458, 470.

2. Cest fautivement que certaines listes placent Clément entre Linus etÂnenelet, ou bien entre le prétendu Clet et Anaclet. Voir ci-dessus, p. 437-4 39.

3. Phil., IV, 3. L'identification de Clément Romain avec le Clément de PhiL, iv, 3, est tout à fait arbitraire.

i. C'est peu probable. Le presbyteros^ en ce cas, se serait appelé Flavius et non pas Clemens.

312 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Ad 95J

écarter absolument et l'imagination de certains critiques modernes, qui ne veulent voir dans l'évêque Clément qu'un personnage fictif, un dédoublement de Flavius Clemens*, et l'erreur qui, à diverses reprises, se fait jour dans la tradition ecclésiastique, d'après laquelle l'évêque Clément aurait été de la famille flavienne*. Clément Romain ne fut pas seulement un personnage réel, ce fut un personnage de premier ordre, un vrai chef d'Église, un évêque, avant que l'épiscopat fût nettement constitué, j'oserais presque dire un pape, si ce mot ne faisait ici un trop fort anachronisme. Son autorité passa pour la plus grande de toutes en Italie, en Grèce, en Macédoine, durant les dix dernières années du i" siècle'. A la

4. L*éptlre ne saurait en aucune façon être de Flavius Clemens. Elle est beaucoup trop juive pour cela. Le ch. lxi de la partie nouvelle publiée par lUiilothée Bryenne détonnerait tout à fait dans la bouche d'un membre de la famille impériale.

2. Récognitions, \\\^ 8; IX, 35; Homélies pseudo-clém., v, 7; XII, 8; XIV, 10; saint Eucher, De conlemplu mundi, 32 [Max. bibl. Pair,, Lugd., VI, p, 859) ; légende des SS. Nérée et Achillée {Acla SS. Aîaii, III, p. 4 et suiv.) ; Nicéphore, II, 33; III, 18. L'évoque Clément n'est jamais appelé Flavius. Il est singulier, au conlraire, que Clément d'Alexandrie porte les prénoms de Titus Flavius (Eus., //. E., VI, xiii, 4; Photius, cod. cxi).

3. Pseudo-IIermas, vis. ii, 4; Irénée, Adv, hœr., III, m, 3; Denys de Corinthe, dans Eus., //. E., IV, xxiii, 41 ; Tertullien, Prœscr., 32.

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limite de l'âge apostolique, il fut comme un apôtre*, un épigone de la grande génération des disciples de Jésus, une des colonnes de cette Église de Rome, qui, depuis la destruction de Jérusalem, devenait de plus en plus le centre du christianisme.

Tout porte à croire que Clément était d'origine juive*. Sa familiarité avec la Bible, le tour du style de certains passages de son Epître% l'usage qu'il y fait du livre de Judith et des apocryphes tels que l'Assomption de Moïse ne conviennent pas à un païen converti. D'un autre côté il paraît peu hébraïsant *. II semble donc qu'il était né à Rome d'une de ces

\, à iiTocrracç RXiifAr*;. Clément d'Alexandrie, Strom., IV, xvii, oil. Saint Jérôme rappelle « Yir apostolicus ». I?i Is., ui, 13.

2. Notez surtout, dans son épltre, rexpression é waTY;? i^uôv iuf*o (ch. 4) et ce qu'il dit du temple de Jérusalem (ch. 40, 44). Le récit des Homél. pseudo-clém., xu, 8, est de pure invention, sauf un vague souvenir de ce fait qu'il y avait eu des chrétiens dans la branche des Clemens de la famille flavienne. Les noms de Mattidie, de Pduslinus, de Faustinianus, trahissent une date postérieure aux Flavius. Le Liber ponlificalis emprunte le nom du père de Clément aux Homélies et indique le quartier qu'il habitait d'après le site de i'église de saint Clément.

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