Voir ci-dessus, p
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Elkasal, que Ton peut supposer avoir été en beaucoup de choses Timitateur de Jean-Baptiste el de Jésus.
Cet Elkasaï paraît avoir été un esséen de la contrée située au delà du Jourdain*. 11 avait peut-être résidé en Babylonie, d'où il feignait d'avoir rapporté le livre de sa révélation. II éleva son drapeau prophétique en Tan 3 du règne de Trajan *, prêchant la pénitence et un nouveau baptême, plus efficace que tous ceux qui avaient précédé, capable en un mot d'effacer les péchés les plus énormes. Il présentait comme manifeste de sa mission divine une apocalypse bizarre, écrite probablement en syriaque', et qu'il cherchait à entourer d'un mystère charlatanesque, en la présentant comme descendue du ciel à Sera, la capitale du pays fabuleux des Sères, par delà les Parthes*.
\ . Origène, In Ps. LXXXII (dans Eus., H, E., Vf, 38) ; Philosophumena, [X, 4, 13-17; X, 29; Épiphane, hacr. xix entier; x\x, 3, 47; LUI enlior; anacephalaoosis, t. i, lib. II, n"* 7; i. ii, lib. I, n"" 40; epitome (0pp., cdit. Dindorf, I, 352 et suiv.); Théodorel, llœr. fab,, II, 7; Pseudo-Aug. De hœr, 40, 32.
2. Philos,, IX, 43. Un autre passage {ibid., § 16) nous reporterait aux derniers temps de Trajan, si on lisait comme Rœper et Duncker; mais ce passage est obscur et altéré. Je lis avec Hilgen-
feld : à^oTt uirariuatv Ixtgu.
3. On le conclut du genrealtribué à rouaA (voy. ci-dessus, p. 4 03. note 4) et des formules syriaques en usage dans la secte (v. p. 456).
4. Philos., IX, 43. Sur cette ville de Sera, voir Ammicn Marcellin, XXill, 6 (p. 384, Paris, 4681); Ptolémée, I, xi, 4, 4; xvii, 5; VI, xiu, 4 ; xvi, 8; VIII, xxiv, 8.
4M ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 100]
Un ange gigantesque, de trente-deux lieues de haut, représentant le fils de Dieu, y jouait le rôle de révélateur; à côté de lui, un ange femelle, de même taille, TEsprit-Saint, paraissait comme une statue dans les nuées entre deux montagnes. Elkasal, devenu dépositaire du livre, le transmit à un certain Sobiaï. Quelques fragments de cet écrit bizarre nous sont connus *. Rien ne s* y élève au-dessus du Ion d*un mystificateur vulgaire, qui veut faire fortune avec de prétendues formules d'expiation et de ridicules momeries. Formules magiques, composées de phrases syriaques lues à rebours ^, puériles prescriptions sur les jours fastes et néfastes, folle médecine d'exorcismes et de sortilèges, recettes contre les
4. Oo se demande s* il n'y a pas ici quelque bévue de la part des hérésiologues qui nous ont transmis les renseignements sur Elkasaï. ZG&at est peut-être le nom même des Sabiens, ^-^ - *^ %. On a aussi soupçonné dans ^HXxoiffai quelque étymologie symb^ lique, >DD Sn ou >dd S>n, « ï© dieu caché » ou a la forme cachée » (Ëpiph., hxT, xix, 2); mais il se peut que *flXxa9ai soit un simple ethnique d'Elkési, village au delà du Jourdain, c*est-i-dire du pays des esséens et des ébionites. Voir Gesen., Thés., p. 1244. En tout cas, Elkasaï a été un homme réel. Simon de GiUon fut appelé aussi à ^6va{Ai; Toû 6t%S (ii^oXvi, ce qui n^empèche pas qu'il ne doive être tenu pour un personnage historique.
2. M. Hilgenfeld les a recueillis. Novum Testamentum extra canonem receplum, fascic. JII.
3. Épiph., xi\, 4, formule expliquée par M. Stem et par M. Lévy de Breslau. Cf. Zeilsshrifl der d. m. G., 4838, p. 74 t.
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démons et les chiens, prédictions astrologiques, voilà r Évangile d'EIkasaï. Gomme tous les faiseurs d'apocalypses, il annonçait pour Tempire romain des calastrophes, dont il fixait la date à la sixième année de Trajan *.
Elkasaï fut-il réellement chrétien ? On en douterait parfois '. 11 parlait souvent du Messie, mais il équivoquait sur Jésus. On peut supposer que, marchant sur les traces de Simon de Gitton, Elkasaï connut le christianisme et le copia. Gomme plus tard Mahomet, il adopta Jésus pour un personnage divin. Les ébionites furent les seuls chrétiens avec lesquels il eut des rapports; car sa christologie est celle d'Ébion. A son exemple, il maintenait la Loi, la circoncision , le sabbat % repoussait les anciens prophètes, haïssait saint Paul S s'abstenait de chair, se tournait vers Jérusalem en priant*. Ses disciples paraissent s'être rapprochés du bouddhisme; ils admettaient beaucoup de Christs, passant les uns dans les autres par une sorte de transmigration, ou plutôt un seul Christ, s'incarnant et paraissant au