Sixième vision (SS
3. Septième partie (§§ 77-87). Cette partie fit oublier le resto du livre, et resta seule dans l'usage liturgique des Églises dj Syrie. Ceriani, V, ii, p. 467, 473, 478. Elle a été imprimée dans les Polyglottes de Paris et de Londres, (cf. P. A. de Lagarde^ Libri V. T, apocryphi syriace^ Lips., 4861, p. 88 et suiv.) et souvent traduite.
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dessiner plus clairement encore que dans le livre luimême la pensée fondamentale de Fauteur, qui est de faire revenir tous les juifs dispersés en terre sainte S cette terre devant seule, pendant la crise messianique, leur offrir un asile assuré. Le jour est proche où Dieu va rendre aux ennemis d'Israël le mal qu'ils ont fait à son peuple. La jeunesse du monde est passée, la vigueur de la création est épuisée'. Le seau est près de la citerne, le navire du port, la caravane de la ville, la vie de sa fin.
Nous voyons les nations infidèles prospères, quoiqu'elles agissent avec impiété; mais leur prospérité ressemble à une vapeur. Nous les voyons riches, quoiqu'elles se comportent avec iniquité; mais leur richesse tiendra autant que la goutte d'eau. Nous voyous la solidité de leur puissance, quoiqu'elles résistent à Dieu; mais tout cela vaudra ce que vaut un crachat. Nous contemplons leur splendeur, tandis qu'elles n^observent pas les préceptes du Très-Haut; mais elles s'évanouiront comme la fumée... Ne laissez entrer dans votre pensée rien de ce qui est présent; a}ons patience, car tout ce qui nous a été promis arrivera. Ne nous arrêtons pas au spectacle des délices que goûtent les nations étrangères... Prenons garde d'être exclus à la fois de l'héritage des deux mondes, captifs ici,
4. L'apocryphe s*appuyait ici sur quelques traits réels de la vie de Baruch. Jérémie, xLiii, xliv, xlv. t. Cf. IV Iisdr., XIV, 40.
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torturés là-bas. Préparons nos âmes, pour que nous nous reposions avec nos pères et ne soyons pas suppliciés avec nos ennemis.
Baruch reçoit Tassurance qu'il sera enlevé au ciel comme Hénoch, sans avoir goûté la mort *. Nous avons vu cette faveur également octroyée à Esdras par l'auteur de l'apocalypse qui est attribuée à ce dernier.
L'ouvrage de pseudo-Barucli, comme celui de pseudo-Esdras/ réussit auprès des chrétiens autant et peut-être plus qu'auprès des juifs. L'original grec se perdit de bonne heure * ; mais il s'en ût une traduction syriaque, qui est venue jusqu'à nous. Seule, cependant, la lettre finale fut adoptée pour l'usage de l'Église. Cette lettre entra comme partie intégrante dans la Bible syriaque, au moins chez les jacobites, et on y découpa des leçons pour la liturgie des enterrements. Nous avons vu pseudo-Esdras fournir également à notre office des morts quelques-unes de ses plus sombres pensées. La mort, en effet, semble régner en maîtresse dans ces derniers fruits de l'imagination égarée d'Israël.
2. La sticliométrle de Nicéphore et la Synapse dite d'Athanase menlîonnent, à côté du Baruch canonique, un Baruch pseudépigraphe, qui doit être le nôtre. Mais Touvrage n'est jamais cité par les Pères. Il n'a pas dû être traduit en latin.
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Pseudo-Baruch est le dernier écrivain de la littérature apocryphe de TAncien Testament. La Bible qu'il connaissait est la même que celle que nous apercevons derrière TÉpitre de Jude et la prétendue Épttre de Barnabe, c'est-à-dire qu'aux livres canoniques de l'Ancien Testament, l'auteur ajoute, en les mettant sur le même pied, des livres récenunent fabriqués, tels que les révélations de Moïse, la prière de Manassé et d'autres compositions agadiques^. Ces ouvrages, écrits en style biblique, divisés en versets, devenaient une sorte de supplément à la Bible. Souvent même, justement par leur caractère moderne, de telles pièces apocryphes avaient plus de vogue que l'ancienne Bible, et se voyaient acceptées comme écriture sainte dès le lendemain de leur apparition, au moins parles chrétiens, plus faciles à cet égard que les juifs*. On ne vit plus désormais éclore de ces sortes de livres. Les juifs ne composent plus de pastiches des textes sacrés; on sent même chez eux des craintes et des précautions à ce sujet. Les poésies religieuses qui se produiront plus tard en hébreu semblent écrites exprès dans un style qui n'a rien de biblique.
II est possible que les troubles de Palestine sous Trajan aient été l'occasion qui fit transporter le
î. V, cindessus, p. 37,
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beth'dîn de labné à Ouscha. Le beth-^în^ autant qu*il était possible, devait être fixé en Judée ^ ; mais labné, ville mixte, assez grande % non loin de Jérusalem^ put devenir inhabitable pour les juifs après les horribles excès qu'ils commirent en Egypte, à Chypre. Ouscha était une localité de Galilée tout à fait obscure \ Ce nouveau patriarchat eut bien moins d*éclat que celui de labné. Le patriarche de labné est prince [nasi) ; il a une sorte de cour; il tire un grand prestige des prétentions de la famille de Hillel à descendre de David. Le conseil suprême de la nation va maintenant résider dans de pauvres villages de Galilée*. « Les institutions d'Ouscha, )i c'est-à-dire les règles qui furent posées par les docteurs d'Ouscha, n'en eurent pas moins une autorité de premier ordre ; elles occupent dans l'histoire du TaJmud une place considérable.
Ce qu'on appelait l'Église de Jérusalem continuait sa tranquille existence, & mille lieues des idées sédi-