‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 352 sur 353 · Voir V Antéchrist, p. 67 ; ci-dessus, p. 51, note · texte numérisé non relu

Voir V Antéchrist, p. 67 ; ci-dessus, p. 51, note

synoptiques, Jésus appelle directement Jacques « mon frère ^ ))r expression toute exceptionnelle et qu^on D*eût certainement pas employée pour un cousin-germain.

Jésus eut de vrais frères, de vraies sœurs. Seulement il est possible que ces frères et ces sœurs ne fussent que des demi-frères, des demi-sœurs. Ces frères et ces sœurs étaient-ils aussi ûls ou filles de Marie? Gela n'est pas probable. Les frères, en effet, paraissent avoir été beaucoup plus âgés que Jésus. Or Jésus fut, à ce qu'il paraît, le premier-né de sa mère*. Jésus, d'ailleurs, fut dans sa jeunesse désigné à Nazareth par le nom de « fils de Marie ». Nous avons à cet égard le témoignage du plus historique des Évangiles'. Gela suppose qu'il fut longtemps connu comme fils unique de veuve. De pareilles appellations, en effet, ne s'établissent que quand le père n'est plus et que la veuve n'a pas d'autre fils. Gitons l'exemple du célèbre peintre Piero délia Francesca. Enfin le mythe de la virginité de Marie, sans exclure absolument l'idée que Marie ait eu ensuite d'autres enfants de Joseph ou se soit remariée, se combine mieux avec l'hypothèse où elle n'aurait eu qu'un fils.

Certes la légende sait faire à la réalité toutes les violences. 11 faut songer cependant que la légende dont il s'agit en ce moment s'est élaborée dans le cercle même des frères et des cousins de Jésus. Jésus, fruit unique et tardif de l'union d'une jeune femme avec un homme

i. Hilgenfeld, Nov, Test, extra cafu rec, IV, p. 17-18, 29.

2. Luc, II, 7, témoignage faible, il est vrai, puisque Luc croit que Marie était vierge quand elle conçut Jésus.

3, Marc, vi, 3. Cf. Vie de Jésus, p. 74.

déjà mûr, offrait une parfaite convenaDce pour les opinions selon lesquelles sa conœption devait avoir été surnaturelle. En pareil cas, l'action divine paraissait éclater d'autant plus que la nature avait dû sembler plus impuissante. On se plaisait à faire naître les enfants prédestinés aux grandes vocations prophétiques, Samuel, Jean- Baptiste, Marie elle-même S de vieillards ou de femmes longtemps stériles. Aussi l'auteur du Protévangile de Jacques ', saint Épiphane', etc., insistent-ils vivement sur la vieillesse de Joseph, pour des motifs a priori sans doute, mais guidés aussi en cela par un sentiment juste des circonstances où naquit Jésus.

Les difficultés s'arrangent donc assez bien, si Ton suppose un premier mariage de Joseph ^, d*oû il aurait eu des fils et des filles, en partfculier Jacques et Jude. Ces deux personnages, Jacques au moins, semblent avoir été plus âgés que Jésus. Le rôle, d'abord hostile, prêté par les Évangiles aux frères de Jésus, le singulier contraste que forment les principes et le genre de vie de Jacques et de Jude avec ceux de Jésus, sont, dans une telle hypothèse, un peu moins inexplicables que dans les autres suppositions que Ton a faites pour sortir de ces contradictions.

Comment les fils de Clopas étaient-ils cousins-germains de Jésus? Ils ont pu l'être ou par leur mère, Marie Géophas, ainsi que le veut le quatrième évangile ; ou par leur

1. Protévangile de Jacques, ch. 1 et soiv.; Évangile delà Nativité de Marie, ch. 1 et suiv.

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