Papias, dans Eus., //. E,, III, xxxix, 1G
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s'épurait. On éliminait les paroles qui choquaient trop vivement les opinions du moment, ou que Ton trouvait dangereuses. Mais le fond restait ferme. Il avait réellement une base solide. La tradition évangélique, c'est la tradition de T Eglise de Jérusalem transportée en Pérée. L'Evangile naît au milieu des parents de Jésus, et, jusqu'à un certain point, est l'œuvre de ses disciples immédiats.
C'est ce qui donne le droit de croire que l'image de Jésus telle qu'elle résulte des Évangiles est ressemblante à l'original dans ses traits essentiels. Ces récils sont à la fois histoire et figure. De ce que la fable s'y mêle, conclure que rien n'y est véritable, c'est errer par trop de crainte de l'erreur. Si nous ne connaissions François d'Assise que par le livre des Conformités^ nous devrions dire que c'est là une biographie comme celle du Bouddha ou de Jésus, une biographie écrite a priori^ pour montrer la réalisation d'un type préconçu. Pourtant François d'Assise a certainement existé. Ali, chez les schiites, est devenu un personnage totalement mythologique. Ses fils Hassan et Hossein se sont substitués au rôle fabuleux de Tammuz. Cependant Ali, Hassan , Hossein sont des personnages réels. Le mythe se greffe fréquemment sur une biographie historique. L'idéal est quelquefois le vrai. Athènes offre l'absolu du beau
ÎRISTIAMSMK. [An Tj]
:•.> oxislo. Même les person- -.. y.\Y des statues symboliques -5, vivre en chair et en 0?.
>^ . en effet, selon des espèces do AUire des choses, si bien que Le bâbisme, qui est un fait de 5 <a légende naissante des par- . • ..vs sur la vie de Jésus ; le type , os détails du supplice et de la ;*::: imités de TÉvangile ; ce qui .; .;os faits ne se soient passés . », • • ;*ré des traits d'idéal qui com- ' aM'Os des Evangiles, il y a aussi ;>. de race et de caractère indivi- . i la fois doux et terrible, lin et ?:vfond, rempli du zèle désinh»- ; sublime et de Tardeur d'une .;. a bel et bien existé. Il aurait .AMoau de JJida, la figure enca- .v.:v-los de cheveux. Il fut Juif, et ..V *.\M"te de son auréole surnaturelle :: s»Mi charme. Notre race rendue •.;:;»çéo de tout ce que rinlluence
.. ..< c"; â\ons m'ont été conrinnés par deux
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juive a introduit dans ses manières de penser, continuera de l'aimer.
Certes, en écrivant de pareilles vies, on est sans cesse amené à se dire comme Quinte-Curce * : Equidem plura iransscribo quam credo. D'un autre côté, par un excès de scepticisme, on se prive de bien des vérités. Pour nos esprits clairs et scolastiques, la distinction d'un récit réel et d'un récit fictif est absolue. Le poème épique, le récit héroïque, ou l'homéride, le trouvère, Vantari^ le cantistorie se meuvent avec tant d'aisance, se réduisent, dans la poétique d'un Lucain, d'un Voltaire, à de froids agencements de machines de théâtre qui ne trompent personne. Pour le succès de tels récits, il faut que l'auditeur les admette ; mais il suffît que l'auteur les croie possibles. Le légendaire, l'agadiste, ne sont pas plus des imposteurs que les auteurs des poèmes homériques, que Chrétien de Troyes ne l'étaient. Une des dispositions essentielles de ceux qui créent les fables vraiment fécondes, c'est l'insouciance complète à l'égard de la Vérité matérielle. L'agadiste sourirait, si nous lui posions notre question d'esprits sincères : « Ce que tu racontes est-il vrai ? » Dans un tel état d'espril, on ne s'inquiète que de la doctrine à inci