Carm. sib,, l
lAn 80] LES ÉVANGILES. J5i
un tempérament philosophe et vertueux vaut mieux qu'une moralité de parti pris. Le tempérament ne change pas, et le parti pris change. On a donc pu supposer que la bonté de Titus ne fut que Teflet d'un arrêt de développement*; on s'est demandé si, au bout de quelques années, il n'eût pas tourné comme Domitien.
Ce ne sont là cependant que des appréhensions rétrospectives. La mort vint soustraire Titus à une épreuve qui, trop prolongée, lui eût peut-être été fatale ^ Sa santé dépérissait à vue d'oeil. A chaque instant, il pleurait, comme si, après avoir atteint contre les désignations apparentes le premier rang du monde, il voyait la frivolité de toutes choses. Une fois surtout, à la fin de la cérémonie d'inauguration du Colisée , il fondit en larmes devant le peuple * . Dans son dernier voyage pour se rendre à Rieti, il était accablé de tristesse. A un moment , on le vit écarter les rideaux de sa litière, regarder le ciel , jurer qu'il n'avait pas mérité- la mort '. Peutêtre était-ce épuisement, énervation produite par le rôle qu'il s'imposait ; la vie de débauches qu'il avait
1. Dion Cassius, LXYI, 48; Àusone, Deduod. imp,, p. 866 (édit. Migne).