‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 337 sur 373 · Évang. deTenfance, 4. 2. Évang. de Thomas · texte numérisé non relu

Évang. deTenfance, 4. 2. Évang. de Thomas

[An 160] . L^ÉGLISE CHRÉTIENNE. 50^

tantôt vieillard, tantôt grand, tantôt petit, et quelquefois si grand qu'il touchait le ciel de sa tête*.

La plus ancienne * et la moins mauvaise de ces fades rapsodies est le récit de la naissance de Marie, de son mariage, de la naissance de Jésus, censé écrit par un certain Jacques, récit auquel on a donné le titre fautif de Protévangile de Jacques ^ Un livre gnostique, la Genna Marias % qui paraît avoir été connu de saint Justin, peut y avoir servi de premier fond. Aucun livre n*a eu autant de conséquence que celui-ci pour l'histoire des fêtes chrétiennes et de l'art chrétien. Les parents de la Vierge, AnneetJoa-

\ , Leucius, dans Photius, cod. cxiv.

2. Justin {DiaLj 78; cf. Tisch., p. xxxviii-xxxix, note; Hilgenfeld,iiLn^ Untersuch.^p.i^^ etsuiv.) et Clément d'Alexandrie {Strom.j VII, 46) connaissent les fables qui y sont contenues. Comp. Asc, d'Isdie, ch. 11. La lettre des Bdèles de Lyon (Eus., H. E,, V, I, 9) parait aussi faire allusion à la façon dont le Protévangile raconte Id mort de Zacbarie (ch. Î3, 24 ; comp. Matth., xxiii, 35; TertuUien, Scorp.jS; Const. apost.j V, 16; Épiph., XXVI, 12). Origène le cite {In Matth,, tom. X, \T. 0pp. III, 463, Delarue).

3. Tischendorf,iBuaw5f. a/^ocr.^p.l et suiv. Cï.ApocaL apocr., p« Li-Liii (sans parler des éditions ou traductions de Fabricius, Thilo, Brunet, Migne). On y peut joindre les divers Évangiles De

la Nativité de Marie , tels que le Pseudo-Matthieu (Tisch., p. 50 etsuiv.; Bleek, p. 320-321), rédigés à une époque plus moderne.

4. Épiph., haer, xxvi, 12. Notez que cette Genna contenait la mort de Zacbarie, comme le Protévangile.

chim, la Présentation de la Vierge au temple et l'idée qu'elle y avait été élevée comme dans un couvent S le mariage de la Vierge, le concours des veufe *, la circonstance des baguettes miraculeuses', dont la peinture a tiré de si admirables partis, tout cela vient de ce curieux écrit. L'Église grecque le tint pour à demi inspiré et l'admit à la lecture publique dans les églises, aux fêtes de saint Joachim, de sainte Anne, de la Conception, de la Nativité, de la Présentation de* la Vierge, La couleur hébraïque y est assez juste encore; quelques tableaux de mœurs juives rappellent par moments le livre de Tobie *. Il y a des traces sensibles de judéo-christianisme ébionite et de docétisme; le mariage y est presque réprouvé.

Plusieurs passages de ce livre singulier ne sont pas dépourvus de grâce, ni même d'une certaine naïveté. L'auteur applique à la naissance de Marie et à toutes les circonstances de l'enfance de Jésus les procédés de narratioif dont le germe est déjà dans Luc et Matthieu. Les anecdotes sur l'enfance de Jésus dans Luc

1. Protév., chap. 7; Pseudo-Matthieu, De ortu B, M, V., chap. 7 et suivants.

2. Plus tard, on tint à la virginité de Joseph, et la baguette sur laquelle descend la colombe devint une branche de lis.

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