‹ L'AntechristChapitre 116 sur 397 · Eusèbe, Chron., an 6 de Néron · texte numérisé non relu

Eusèbe, Chron., an 6 de Néron

[An 64] L'ANTECHRIST. 129

Grèce antique, organiser des fêtes inouïes, jouer au théâtre des rôles sans nom * .

La cause de ces aberrations était le mauvais goût du siècle, et l'importance déplacée qu'on accordait à un art déclamatoire, visant à l'énorme, ne rêvant que monstruosités \ En tout, ce qui dominait, c'était le manque de sincérité, un genre fade comme celui des tragédies de Sénèque, l'habileté à peindre des sentiments non sentis, l'art de parler en homme vertueux sans l'être. Le gigantesque passait pour grand; l'esthétique était tout à fait dévoyée : c'était le temps des statues colossales, de cet art matérialiste, théâtral et faussement pathétique, dont le chefd'œuvre est le Laocoon^j admirable statue assurément, mais dont la pose est trop celle d'un premier ténor chantant son canticum^ et où toute l'émotion est tirée de la douleur du corps. On ne se contentait plus de la douleur toute morale des Niobides, rayon-

4. Suétone, Néron, W, 20, 21, 23, 24, 25, 27, 30; Tacite, Ann., XV, 37, etc.; Dion Cassius, LXI, 17-21 ; LXII, 15.

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