Actes des martyrs d'Afrique, S
[An 64] L»ANTECHRIST. i6d
pièces dramatiques, au courant desquelles le héros était réellement mis à mort, comme Lauréolus * , ou bien des représentations d'actes tragiques comme celui de Mucius Scaevola*. A la fin, Mercure, avec une verge de fer rougie au feu , touchait chaque cadavre pour voir s'il remuait; des valets masqués, représentant Pluton ou VOrcus^ traînaient les morts par les pieds, assommant avec des maillets tout ce qui palpitait
encore*.
Les dames chrétiennes les plus respectables durent se prêter à ces monstruosités. Les unes jouèrent le rôle des Danaïdes, les autres celui de Dircé*. Il est difficile de dire en quoi la fable des Danaïdes pouvait fournir un tableau sanglant. Le supplice que toute la tradition mythologique attribue à ces femmes coupables, et dans lequel on les représentait % n'était pas assez cruel pour suffire aux plaisirs de Néron et des habitués de son amphithéâtre. Peut-être défilèrent-elles portant des urnes % et