Bosio, Roma sott., p. 74 et suiv. ; Lipsius, Rœm. Petrus
sage, p. 102 et suiv.
\ 2. V. ci-dessus, p. 4 88, note. Le Moatorio paraît n'avoir dans 1 la.'.question que des titres usurpés.
I 3. Hégésippe, dans Eusèbe, Hist. eccl., II, xxiii, i 8.
196 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 64)
surtout aux deux apôtres Pierre et Paul, travail oii les prétentions pieuses eurent beaucoup de part. Il n'est guère croyable que, dans les jours qui suivirent Thorrible carnage arrivé en août 64, on ait pu revendiquer les cadavres des suppliciés. Dans la masse hideuse de chair humaine pétrie, rôtie, piétinée, qui fut ce jour-là traînée au croc dans le spoHaire% puis îetée dans les puticuli *^ il eût peut-être été difficile de reconnaître l'identité de chacun des martyrs. Souvent sans doute on obtenait l'autorisation de retirer des mains des exécuteurs les restes des condamnés ^ ; mais, en supposant (ce qui est fort admissible) que des frères eussent bravé la mort
4. Le hasard nous a conservé le nom du « curateur du spo liaire » qui probablement surveilla cette horrible opération. Il s'appelait Primitivus. Nous avons l'épitaphe du tombeau où reposa en compagnie du laniste Claude, du rétiaire Télesphore du médecin adjoint au ludus matutinuSj Claude Agathocle. To ces personnages paraissent avoir été des esclaves ou affranchis dé Néron (Orelli, n^ 2554). Le marbre impassible ajoute : SU vobis terra levis. Nous avons l'épitaphe d'un autre medicus ludi matutini, Eutychus, qui fut aussi esclave de Néron, et de sa femme Irène (Orelli, n" 2553). Il est remarquable que tous ces fonctionnaires de l'arène portent les mêmes noms que les chrétiens, sans doute parce qu'ils venaient en grand nombre de l'Asie.
3. Digeste, de Cadaveribics punitorum, XLVill, xxiv, 1 et 3; Diocl, et Max., Cod. Just., conslit. 1i, ofe Religio-^is et sumptibu& funeriim (III, xliv).
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pour aller redemander les précieuses reliques, il est probable qu'au lieu de les leur rendre, on les eût envoyés eux-mêmes rejoindre le tas de cadavres*. Durant quelques jours, le nom seul de chrétien fut un arrêt de mort^ C'est là, du reste, une question bien secondaire. Si la basilique Vaticane ne couvre pas réellement le tombeau de l'apôtre Pierre, elle n'en désigne pas moins à nos souvenirs l'un des lieux les plus réellement saints du christianisme. La place cil le mauvais goût du xvii^ siècle a construit un cirque d'une architecture théâtrale fut un second calvaire, et même, en supposant que Pierre n'y ait pas été crucifié, là du moins, on n'en peut douter, souffrirent les Danaïdes, les Dircés.
Si, comme il est permis de le croire, Jean accompagna Pierre à Rome , nous pourrons trouver un fond plausible à la vieille tradition d'après laquelle Jean aurait été plongé dans l'huile bouillante ^ vers
1. Ce qui dans les traditions romaines concerne une dame nommée Lucine, qui est censée recueillir les corps des victimes de la persécution de Néron, vient d'une confusion de date. Le Liber pontificalis (à l'article Corneille) fait de cette Lucine la conseillère du pape saint Corneille, en 252. On lui continue ce rôle légendaire jusqu'à la persécution de Dioclétien (Actes de saint Sébastien, Acta SS. Jan., II, p. 258, 278).