‹ L'AntechristChapitre 179 sur 397 · Josèphe, B. J., II, xvi, 4 ; Vita · texte numérisé non relu

Josèphe, B. J., II, xvi, 4 ; Vita

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familles de Hanan et de Boëthus, en possession du sacerdoce; monde d'épicuriens et de voluptueux incrédules, haï du peuple à cause de sa fierté, de son peu de dévotion, de ses richesses; ce parti, essentiellement conservateur, trouvait une garantie de ses privilèges dans l'occupation romaine, et, sans aimer les Romains, était fortement opposé à toute révolution ;

2"" Le parti de la bourgeoisie pharisienne, parti honnête, composé de gens sensés, établis, calmes, rangés, aimant leur religion, l'observant exactement, dévots même, mais sans imagination, assez instruits, connaissant le monde étranger et voyant clairement qu'une révolte ne pouvait aboutir qu'à la destruction de la nation et du temple : Josèphe est le type de cette classe de personnes, dont le sort fut celui qui semble toujours réservé aux partis modérés en temps de révolution, l'impuissance, la versatilité et le suprême désagrément de passer pour des traîtres aux yeux de la plupart ;

3° Les exaltés de toute espèce, zélotes, sicaires, assassins, amas étrange de fanatiques mendiantsB réduits k la dernière misère par l'injustice et la violence des sadducéens, s'envisageant comme les seuls héritiers des promesses d'Israël, de ce « pauvre » chéri de Dieu ; se nourrissant de livres prophé-

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tiques tels que ceux d'Hénoch, d' apocalypses violentes, croyant le royaume de Dieu près de se révéler, arrivés enfin au degré d'exaltation le plus intense dont rhistoire ait gardé le souvenir ;

i** Brigands, gens sans aveu, aventuriers, palicares dangereux, fruit de la complète désorganisation sociale du pays ; ces gens, pour la plupart d'origine iduméenne ou nabatéenne, étaient assez peu soucieux de la question religieuse ; mais ils étaient des fauteurs de désordre et ils avaient avec le parti exalté une alliance toute naturelle ;

b" Rêveurs pieux, esséniens, chrétiens, éhionim, attendant tranquillement le royaume de Dieu, dévotes personnes groupées autour du temple, priant, pleurant. Les disciples de Jésus étaient de ce nombre;, mais ils étaient encore si peu de chose aux yeux du public, que Josèphe ne les compte pas parmi les éléments de la lutte*. On voit tout d'abord qu'au jour du danger ces saintes gens ne sauront que fuir. L'esprit de Jésus, plein d'une divine efficacité pour tirer l'homme hors du monde et pour le consoler, ne pouvait inspirer le patriotisme étroit qui fait les sicaires et les héros.

1. Juste de Tibériade, qui écrivit l'histoire de la guerre des Juifs, ne parlait pas non plus des chrétiens. Photius, Biblioth., cod. xxxiu.

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Les arbitres de la situation allaient naturellement être les exaltés. Le côté démocratique et révolutionnaire du judaïsme se manifestait en eux d'une façon effrayante. Ils étaient persuadés, avec Judas le Gaulonite, que tout pouvoir vient du mal, que la royauté est une œuvre de Satan (théorie que des souverains, tels que Caligula, Néron, vrais démons incarnés, ne justifiaient que trop), et ils se laissaient hacher plutôt que de donner à un autre que Dieu le nom de maître ^ Imitateurs de Mattathias, le premier des zélotes, qui, voyant un Juif sacrifier aux idoles, le tua% ils vengeaient Dieu à coups de poignard. Le seul fait d'entendre un incirconcis parler de Dieu ou de la Loi leur suffisait pour qu'ils cherchassent à le surprendre seul ; alors ils lui donnaient le choix entre la circoncision ou la mort^ Exécuteurs de ces sentences mystérieuses qu'on abandonnait à « la main du ciel », et se croyant chargés de rendre effective cette peine redoutable de l'excommunication, qui équivalait à la mise hors la loi et à la mort*, ils formaient une armée de terroristes, en pleine ébullition révolutionnaire. On pouvait prévoir

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