‹ L'AntechristChapitre 180 sur 397 · Notez les formules D^au nu , 12 D»7:iS D>t^3p , Hl · texte numérisé non relu

Notez les formules D^au nu , 12 D»7:iS D>t^3p , Hl

d'avance que ces consciences troubles, incapables de distinguer leurs grossiers appétits de passions que leur frénésie leur représentait saintes, iraient aux derniers excès et ne s'arrêteraient devant aucun degré de la folie.

Les esprits étaient sous le coup d'une sorte d'hallucination permanente ; des bruits terrifiants se répandaient de toutes parts. On ne rêvait que présages ; la couleur apocalyptique de l'imagination juive teignait tout d'une auréole de sang. Comètes, épées au ciel, batailles dans les nues, lumière spontanée brillant de nuit au fond du sanctuaire, victimes engendrant au moment du sacrifice des produits contre nature, voilà ce qu'on se racontait avec terreur. Un jour, c'étaient les énormes portes d'airain du temple qui s'étaient ouvertes d'elles-mêmes et refusaient de se laisser fermer. A la pâque de l'an 65, vers trois heures après minuit, le temple fut durant une demi-heure tout éclairé comme en plein jour ; on crut qu'il se consumait intérieurement. Une autre fois, le jour de la Pentecôte, les prêtres entendirent le bruit de plusieurs personnes faisant dans l'intérieur du sanctuaire comme les préparatifs d'un déménagement, et se disant les unes aux autres :

ninV'D s<iMn U?33n. Cf. Journal asiatique, août-sept. 1872, p. 478 et suiv. Comp. Jos., B. J., II, viii, 8.

240 ORIGINES DU CHRISTIANISME, [An 66]

« Sortons d'ici! sortons d'ici M » Tout cela ne fUi rapproché qu'après coup ; mais le trouble profond des âmes était le meilleur signe qu'il se préparait quelque chose d'extraordinaire.

C'étaient surtout les prophéties messianiques qui excitaient dans le peuple un invincible besoin d'agitation. On ne se résigne pas à une destinée médiocre, quand on s'attribue la royauté de l'avenir. Les théories messianiques se résumaient pour la foule en un oracle qu'on disait tiré de l'Écriture, et selon lequel « il devait sortir vers ce temps-là de la Judée un prince qui serait maître de l'univers* ». Il est inutile de raisonner contre l'espérance obstinée ; l'évidence n'a aucune force pour combattre la chimère qu'un peuple a embrassée de toutes les forces de son cœur.

Gessius Florus, de Clazomènes, avait succédé à Albinus comme procurateur de Judée vers la fin de 64 ou le commencement de 65. C'était, à ce qu'il semble, un assez méchant homme ; il devait la fonction qu'il occupait à l'influence de sa femme Cléopâtre, laquelle était amie de Poppée\ L'animosité entre lui

1. Jos., B. J., II, XXII, i; YI, V, 34; Tacite, Hist., V, 13; Talm. de Bab., Pesachim, 57 a; Kerilhôlh, 28 a; loma, 39 b.

2. Josèphe, B.J., VI, v, 4; Suétone, Vesp., 4, 5; Tacite, HisL, Y, 43.

Page 1