Apec, XII
4. Le dragon, à cet endroit de l'Apocalypse, figure le génie du mal, tantôt représenté par la puissance romaine, tantôt j>-r
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jeter la troupe sainte dans le Jourdain, et celle-ci réussit-elle à passer le fleuve par un endroit où l'eau était basse; peut-être l'escouade envoyée pour l'atteindre s'égara-t-elle et perdit-elle ainsi la piste de ceux qu'elle poursuivait.
Le lieu choisi par les chefs de la communauté pour servir d'asile principal à l'Eglise fugitive fut Pella% une des villes de la Décapole, située près de la rive gauche du Jourdain, dans un site admirable, dominant d'un côté toute la plaine du Ghor, de l'autre des précipices, au fond desquels roule un torrents On ne pouvait faire un choix plus raisonnable. La Judée, l'Idumée, la Pérée, la Galilée appartenaient à l'insurrection; la Samarie et la côte étaient profondément troublées par la guerre ; Scythopolis et Pella se trouvaient ainsi les deux villes neutres les plus rapprochées de Jérusalem. Pella, par sa position au delà du Jourdain, devait oiïrir bien plus de tranquilles sicaires de Jérusalem. Il est peu probable que la mésaventure des fugitifs soit venue des Romains.
à. Aujourd'hui Fahl ou Tabakât Fahil. V. Rilter, Erdkunde, XV, p. 786, 1003, 1025 et suiv.; Robinson, III, p. 320 et suiv-, carte de Van de Velde. Comp. les passages d'Eusèbe et de saint Epiphane, précités. Une des victoires qui assurèrent aux musulmans la possession de la Syrie se livra en cet endroit.
.2. Irby et Mangles, Travels, p. 304-305 (Londres. -1823); Robinson, 1. c
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lité que Scythopolis % devenue l'une des places d'armes des Romains. Pella fut une cité libre, comme toutes les places de la Décapole; mais il semble qu'elle s'était donnée à Agrippa II. S'y réfugier, c'était avouer hautement Thorreur de la révolte. L'importance de la ville datait de la conquête macédonienne. Une colonie de vétérans d'Alexandre y fut établie, et changea le nom sémitique du lieu en un autre nom, qui rappelait aux vieux soldats leur patrie ^ Pella fut prise par Alexandre Jannée; les Grecs qui l'habitaient refusèrent de se laisser circoncire, et souffrirent beaucoup du fanatisme juif ^ Sans doute, la population païenne y avait repris ses racines; car, dans les massacres de 66, Pella figure comme une ville des Syriens, et se voit de nouveau saccagée par les Juifs*. Ce fut dans cette ville antijuive que l'Église de Jérusalem eut sa retraite durant les horreurs du siège. Elle s'y trouva bien, et regarda ce séjour tranquille comme un lieu sûr, comme un désert que Dieu lui avait préparé pour attendre en
i. V. Menke, Bibelatlas, n° 5.
2. Georges le Syncelle, p. 274, Paris. Apamée fut appelée Pella pour la même raison. Strabon, XVI, ii, 10. On donna à notre Polla le surnom de « riche en eau » (Pline, V, 18), pour la distinguer de ses homonymes.