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Tu modo corruptas quam primum desere Baias

3. Sénèque l'appelle diversorium vitiorum. Epist., 54 . Cf. Martial, I, LXllI.

4. Rapprochez la haine des moines contre Frédéric 11, au treizième siècle, parce qu'il rétablit les bains d'eaux thermales à f ouzzoles.

[An 68] L'ANTECHRIST. 33.^

n'est plus frappante que dans le livre d'Hénoch *. Selon l'un des auteurs de cette bizarre apocalypse, le séjour des anges déchus est une vallée souterraine, située à l'ouest, près de la « montagne des métaux ». Cette montagne est remplie de flots de feu ; une odeur de soufre s'en exhale ; il en sort des sources bouillonnantes et sulfureuses (eaux thermales) qui servent à guérir les maladies, et près desquelles les rois et les grands de la terre se livrent à toute sorte de voluptés ^ Les insensés! ils voient chaque jour

4. Gh. Lxvii, 4-13, édit. Dilimann. On a conclu de ce passage que la partie du livre d'Hénoch oii il se trouve a été écrite après l'an 79 ; mais, outre qu'il est douteux qu'il y ait là une allusion à des phénomènes volcaniques occidentaux, qu'on lise Diodore de Sicile, IV, 21 ; Strabon, V, iv, 8, passages écrits certainement avant l'an 79, on y trouvera presque les mêmes images. Diodore, en particulier, met les Champs Phlégréens en rapport direct avec le Vésuve, quoique la distance soit de sept ou huit lieues. L'allusion du livre d'Hénoch peut donc se rapporter simplement aux phénomènes volcaniques de Cumes et de Baïa. L'expression « montagne des métaux en fusion », où l'on a voulu voir le Vésuve en éruption, est suffisamment justifiée, ou par la Solfatare de Pouzzoles, ou par l'état du Vésuve avant 79 (cf. Strabon, loc. cit.). L'aspect du Vésuve était bien celui d'un fourneau éteint. V. Beulé, Le drame du Vésuve, p. 61 et suiv. Ajoutons que l'idée de fusion n'est pas si nettement exprimée qu'on l'a cru dans le texte éthiopien ; en tout cas, ce texte ne dit nullement que de la vallée « sortiront ua jour » des torrents de feu.

2. Comp. Strabon, V, IV, 5 : ai Baïai jcal rà 6£p{ji.à û^ara Ta xal

leur châtiment qui se prépare, et néanmoins ils ne prient pas Dieu. Cette vallée de feu peut être la vallée de la Géhenne à rOrient de Jérusalem, reliée à la dépression de la mer Morte par le Ouadi en-nâr (la vallée du feu); alors les sources thermales sont celles de Gallirrhoé, lieu de plaisance des Hérodes*, €t de la région toute -^lémoniaque de Machéro, qui en est voisine ^. Mais, grâce à l'élasticité de la topographie apocalyptique, les bains peuvent aussi être ceux de Baïa et de Gumes; dans la vallée de feu, on peut reconnaître la Solfatare de Pouzzoles ou les Champs Phlégréens ^ ; dans la montagne des métaux, le Vésuve tel qu'il était avant l'éruption de 79 \ Nous verrons bientôt ces lieux étranges inspirer l'auteur de l'Apocalypse, et le puits de l'abîme se révéler à lui, dix ans avant que la nature, par une coïncidence singulière, rouvrît le cratère du Vésuve. Pour le peuple, il n'y a pas de rapprochement fortuit. Ce fait

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