Suétone, Néron
U ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 6i]
Claudia et ce Lirius que la tradition ecclésiastique présentera plus tard comme le successeur de Pierre dans répiscopat de Rome*. Les éléments nous manquent également pour apprécier le nombre~des fidèles, même d'une manière approximative ^
Tout semblait aller au mieux ; maïs Técole acharnée qui avait pris pour tâche de combattre jusqu'au bout du monde l'apostolat de Paul ne s'était pas endormie. Nous avons vu les émissaires de ces ardents conservateurs le suivre en quelque sorte à la piste, et l'apôtre des gentils laisser derrière lui dans les mers où il passe un long sillage de haine. Paul, présenté sous les traits d'un homme funeste, qui enseigne à manger des viandes sacrifiées aux idoles et à forniquer avec des païennes, est
\. II Tim., IV, 21. Ce passage a servi plus tard de base aux légendes relatives au sénateur Pudens et à sa famille. Sur le nom )de Linus, voir Le Bas, Inscr., III, n" 4081. Ces noms grecs a Rome indiquent, en général, des esclaves ou des affranchis. Cf. Suétone, Claude, 25; Galba, 14; Tacite, Hist., 1, 13. Le cognomen gentililium des affranchis pouvait seul être latin. Pour Claudia, comp. Claudia Aster (ci-après, p.158-1o9), KXau^i'a Tnarri (inscr. à Rome, Orelli, I, p. 367). Notez aussi, parmi les affranchis d'Acte, Claudia (Orelli, n» 7a5; Fabretti, Inscr., p. 124-126). Sur Rom., XVI, voir Saint Paul, p. lxv et suiv.
2. Pour le chiffre de la population juive de Rome, voir ci-dessus, p. 7, note 2. La population chrétienne n'était sans doute qu'une faible fraction de la population juive.
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signalé d'avance et désigné à la vindicte de tous. On a peine à le croire, mais on n'en peut douter, puisque c'est Paul lui-même qui nous l'apprend ^ Même à ce moment solennel, décisif, il trouva encore devant lui de mesquines passions. Des adversaires, des membres de cette école judéo-chrétienne que depuis dix ans il rencontrait partout sous ses pas, entreprirent pour lui faire pièce une sorte de contreprédication de l'Évangile. Envieux, disputeurs, acariâtres, ils cherchaient les occasions de le contrarier, d'aggraver la position du prisonnier, d'exciter les juifs contre lui, de rabaisser le mérite de ses chaînes. La bonne volonté, l'amour, le respect que lui témoignaient les autres, leur conviction hautement proclamée que les chaînes de l'apôtre étaient îa gloire et la meilleure défense de l'Évangile, le consolaient de tous ces déboires. « Qu'importe, d'ailleurs? )) écrivait-il vers ce temps *
Pourvu que le Christ soit prêché, que le prédicateur sort sincère ou que la prédication soit pour lui un prétexte, je . me réjouis et je me réjouirai toujours. Quant à moi, j'ai le ferme espoir que cette fois-ci encore les choses tourneront à mon plus grand bien, à la liberté de rÉvangile , et