Phi)., I, 15-17; II, 20-2i, 2. Ibid., I, ^«At smv
16 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 61}
que mon corps, soit que je vive, soit que je meure, servira à la gloire de Christ. D'un côté, Christ est ma vie, et mourir est pour moi un avantage; de l'autre, si je vis, je verrai fructifier mon œuvre; aussi ne sais-je lequel choisir. Je suis comprimé entre deux désirs contraires : d'une part, quitter ce monde et aller rejoindre Christ; de l'autre, rester avec vous. Le premier serait meilleur pour moi; mais le second vaut mieux pour vous.
Cette grandeur d'âme lui donnait une assurance, une gaieté, une force merveilleuses. « Si mon sang, écrit-il à une de ses Églises, est la libation dont doit être arrosé le sacrifice de votre foi, tant mieux, tant mieux! Et vous aussi, dites : tant mieux! avec moi^ » Il croyait cependant plus volontiers à son acquittement, et même à un prompt acquittement ^ ; il y voyait le triomphe de l'Évangile , et partait de là pour de nouveaux projets. Il est vrai qu'on ne voit plus sa pensée se diriger vers l'Occident. C'est à Philippes, c'est à Colosses qu'il songe à se retirer jusqu'au jour de l'apparition du Seigneur. Peut-être avait-il acquis une connaissance plus précise du monde latin, et avait-il vu que, hors de Rome et de la Campanie, pays devenus par l'immigration syrienne fort analogues à la Grèce et à l'Asie