Verset
% Tacite, IJist., I, 11. Cf. Jos.. B. J., IV, xi, 5.
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comme des Hyrcans, des Tannées, rois exterminateurs de leurs ennemis. Ils savourèrent au moins, en provinciaux haineux, la grande humiliation que la ville reine du monde éprouva, quand le droit de faire les souverains passa aux provinces, et que Rome reçut dans ses murs des maîtres qu'elle n* avait pas acclamés la première.
Quelle fut la relation de l'Apocalypse avec l'épisode singuHer du faux Néron, qui, juste au moment où écrivait le Voyant de Patmos, remplissait d'émotion l'Asie et les îles de l'Archipel * ? Une telle coïncidence assurément est des plus singulières. Gythnos et Palmos ne sont qu'à une quarantaine de lieues l'une de l'autre, et les nouvelles circulent vite dans l'Archipel. Les jours où écrivait le prophète chrétien furent ceux où l'on parla le plus de l'imposteur, salué par les uns avec enthousiasme, entrevu par les autres avec terreur. Nous avons montré qu'il s'établit à Gythnos en janvier 69, ou peut-être en décembre 68. Le centurion Sisenna, qui toucha à Gythnos, dans les premiers jours de février, venant d'Orient et portant aux prétoriens de Rome des gages d'accord de la part de l'armée de Syrie, eut beaucoup de peine à lui échapper. Très-peu de jours après, Gal-
^, Voir ci-dessu5, p. 351-353.
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purnius Asprénas, qui avait reçu de Galba le gouvernement de la Galatie et de la Pamphylie , et qu'accompagnaient deux galères de la flotte deMisène, arrive à Cythnos. Des émissaires du prétendant essayèrent sur les commandants des navires l'effet magique du nom de Néron ; le fourbe , affectant unair triste, fit appel à la fidélité de ceux qui furent autrefois « ses soldats ». Il les priait au moins de le jeter en Syrie ou en Egypte, pays sur lesquels il fondait ses espérances. Les commandants, soit par ruse, soit qu'ils fussent ébranlés, demandèrent du temps. Asprénas, ayant tout appris, enleva l'imposteur par surprise et le fit tuer. Son corps fut promené en Asie, puis porté à Rome, afin de réfuter ceux de ses partisans qui auraient voulu élever des doutes sur sa mort \ Serait-ce à ce malheureux que feraient allusion les mots : « la Bête que tu vois était et n'est plus, et elle va sortir de l'abîme, et elle court à sa perte;... l'autre roi n'est pas encore venu, et, quand il sera venu, il durera peu * » ? Cela est possible. Le monstre s'élevant
i. Tacite, Ilist., Il, 8-9.
2. Apoc, XVII, 8, 10, 1 1 . Comparez ôauaacrôrdovTai et xarotxoûvTe; ittI Tr; "p; on ^v xal oùx euriv v.cà ■na.^édrai avec Achaïa atque Asia falso exterrilœ velut Nero adventaret... laie terrorj muUis ad celebritatem nominis erectis, et autres passages cités ci-dessus, p. 421 , note 5.
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de l'abîme serait une vive image du pouvoir éphémère que le sagace écrivain voyait sortir de la mer à l'horizon de Patmos. On ne saurait se prononcer là-dessus avec certitude, car l'opinion que Néron était chez les Parthes suffit pour tout expliquer; mais cette opinion n'excluait pas la croyance au faux Néron de Gythnos, puisqu'on pouvait supposer que l'apparition de celui-ci était bien le retour du monstre, coïncidant avec le passage de l'Euphrate par ses alliés d'Orient ^ En tout cas, il nous paraît impossible que ces lignes aient été écrites après le meurtre du faux Néron par Asprénas. La vue du cadavre de l'imposteur, promené de ville en ville, la contemplation de ses traits éteints par la mort, eussent parlé trop évidemment contre les appréhensions du retour de la Bête, dont l'auteur est possédé*. Nous admettons donc volontiers que Jean, dans l'île de Patmos, eut connaissance des événements de l'île de Gythnos®, et que l'effet produit sur lui par ces
i . Dans les deux passages (sixième trompette et sixième coupe) relatifs à l'invasion des Parthes, il n'est pas dit que Néron soit avec eux, mais seulement que l'invasion se fait d'accord avec lui.
2. Ceci réfute l'opinion de ceux qui croient voir dans l'Apocalypse des allusions aux dernières luttes d'Othon et de Vitellius.