De Rossi, BuiL di arch. crist., 1864, p. 69 etsuiv
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senter Jésus sous la forme d'un homme à tête d'âne était déjà peut-être établie*.
Personne ne doute aujourd'hui que ces accusations de crimes et d'infamie ne fussent calomnieuses ; mille raisons portent même à croire que les directeurs de l'Église chrétienne ne donnèrent pas le moindre prétexte au mauvais vouloir qui allait bientôt amener contre eux de si cruelles violences. Tous les chefs des partis qui divisaient la société chrétienne étaient d'accord sur l'attitude à garder envers les fonction-
1. M. de Rossi {Bull., 1864, p. 72) croit avoir lu sur les murs d'une salle de Pompéi qui lui semble avoir servi à des réunions chrétiennes : Mulus hic muscellas docuit (V. Zangemeister, Inscr. y^arietariœj, n" 2016 : musciillas). Comp. la pierre gravée publiée par Stefanone {Gemmœ, Venise, 1646, tab. xxx), représentant un âne faisant le maître d'école devant quelques enfants respectueusement inclinés (republiée par Fr. MUnter, Primordia Ecclesiœ africanœ, Hafniae, 1829, p. 218 [cf. p. 167 et suiv.], et par F.-X. Kraus, Das Spott-crucifix vom Palatin, Vienne, 1869, traduit par Gh.de Linas, Arras, 1870). Le musée de Luynes (Bibl. nat., cabinet des antiques, terres cuites, n° 779) possède une terre cuite, provenant de Syrie, qui semble représenter Jésus en caricature, sous ]a forme d'un petit homme à longue robe, tenant un livre ; grosso tête d'âne, longues oreilles, yeux auxquels on a voulu donner une expression mystique et doucereuse, détail obscène. Comp. aussi le crucifix grotesque du Palatin (Garrucci, // crocifisso graffito, Rome, 1857; Kraus-Linas précité; Comptes rendus de f-Acad, des inscr,, 1870, p. 32-36 : les doutes de la page 36 se sont fortifiés pour nous). VoirTertullien, Apol.,\Q; Minutius Félix, 9, 28 Celse, dans Origène, Contra Celsum, VI, 31 .
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naires romains. On pouvait bien au fond tenir ces magistrats pour suppôts de Satan, puisqu'ils protégeaient l'idolâtrie et qu'ils étaient les soutiens d'un monde livré à Satan*; mais, dans la pratique, les frères étaient pour eux pleins de respect. La faction ébionite seule partageait les sentiments exaltés des zélotes et autres fanatiques de Judée. Les apôtres, en politique, se montrent à nous comme essentiellement conservateurs et légitimistes. Loin de pousser l'esclave à la révolte, ils veulent que l'esclave soit soumis au maître, même le plus injuste et le plus dur, comme s'il servait Jésus -Christ en personne, et cela non par nécessité, pour échapper aux châtiments, mais par conscience, parce que Dieu le veut. Derrière le maître, il y a Dieu lui-même. L'esclavage était si loin de paraître contre nature, que les chrétiens avaient des esclaves, et des esclaves chrétiens*. Nous avons vu Paul réprimer la tendance aux soulèvements politiques qui se manifestait vers l'an 57, prêcher aux fidèles de Rome et sans doute de bien d'autres Églises la soumission aux puissances, quelle que soit leur origine , établir en principe que le gendarme est un ministre de Dieu et qu'il n'y a que les
4. Luc, IV, 6; Jean, xii, 31 ; Eph., vi, 12. 2. I Pétri, ii, 18; Col., m, 22, 25; iv, 1 ; Eph., vi,o et suiv., et l'épisode d'Onésime.
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méchants qui le redoutent. Pierre, de son côté, était le plus tranquille des hommes; nous allons bientôt trouver la doctrine de la soumission aux puissances enseignée sous son nom, presque dans les mêmes termes que chez Paul*. L'école qui se rattacha plus tard à Jean partageait les mêmes sentiments sur r-origine divine de la souveraineté \ Une des plus grandes craintes des chefs était de voir les fidèles compromis dans de mauvaises affaires, dont l'odieux vînt à retomber sur l'Église tout entière ^ Le langage des apôtres, à ce moment suprême, fut d'une extrême prudence. Quelques malheureux mis à la torture, quelques esclaves fustigés s'étaient laissés aller à l'injure, appelant leurs maîtres idolâtres, les menaçant de la colère de Dieu*, D'autres, par excès de zèle, déclamaient tout haut contre les païens et leur reprochaient leurs vices; les confrères plus sensés les appelaient avec esprit « évoques » ou « surveillants de ceux du dehors^ ». 11 leur arrivait de cruelles mésaventures ; les sages directeurs de la communauté, loin de les exalter, leur disaient assez
i. I Pétri, II, ^3 et suiv.