I Pétri, m, 22, Vulgate
4. I Pétri, m, 19-20, 22; iv, 6; passage interpolé de Jérémie: Justin, Dial. cum Tryph., 72; Irénée, III, xx, 4; IV, xn, 1, XXVII, 2; XXXIII, i, 12; V, xxxi, 1 ; Tertullien, De amma^ 7, 55; Clém. d'Alex., Strom., YI, 6; Origène, Contra Ce/s.^ II, 43 , Hippolyte, De Antichnsto, c. 26. Les efforts des théologiens pro-
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que Jésus fût, dans toute la force du terme, l'universel sauveur; aussi saint Paul s'y prêtait-il en ses derniers écrits ^ Pourtant les fictions dont il s'agit ne prirent point leur place dans le cadre des Evangiles synoptiques, sans doute parce que ce cadre était déjà fixé quand elles naqul:'ent. Elles restèrent flottantes hors des textes évangéliques, et ne trouvèrent leur forme que bien plus tard dans l'écrit apocryphe dit (( Évangile deNicodème^ ».
Le travail par excellence de la conscience chrétienne s'accomplissait cependant dans le silence en Judée ou dans les pays voisins. Les Evangiles synoptiques se créaient membre par membre, comme un organisme vivant se complète peu à peu et atteint, sous l'action d'une mystérieuse raison intime, la parfaite unité. A la date où nous sommes, y avait-il déjà quelque texte écrit sur les actes et les paroles de Jésus? L'apôtre Matthieu, si c'est de lui qu'il s'agit, avait-il rédigé en hébreu les discours du Seigneur?
testants pour atténuer ce vieux mythe chrétien pèchent contre toute critique.
1. Phil., II, 10; Col., I, 20; Ephes., i, 10; iv, 9. Voir déjà Rom., XIV, 9. Cf. Hermas, Past., Sim,, ix, 16; Ciém. d'Alex., Strom., 11,9; VI, 6.
2. Deuxième partie de cet écrit. Cette partie peut n'être que du iv" siècle. Comp. symbole de Sirraium, dans Socrate, Hist, eccl, IT, 37.
SO ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 62J
Marc, ou celui qui prit son nom, avait-il confié au papier ses notes sur la vie de Jésus * ? On en peut douter. Paul, en particulier, n'avait sûrement entre les mains aucun écrit sur les paroles de Jésus. Possédait-il du moins une tradition orale, et en quelque sorte mnémonique, de ces paroles ? On remarque chez lui une telle tradition pour le récit de la GèneS peutêtre pour celui de la Passion, et jusqu'à un certain point pour celui de la Résurrection % mais non pour les paraboles et les sentences. Jésus est à ses yeux une victime expiatoire, un être surhumain, un ressuscité, non un moraliste. Ses citations des paroles de Jésus sont indécises et ne se rapportent pas aux discours que les Évangiles synoptiques mettent dans la bouche de Jésus*. Les épîtres apostoliques que nous possédons, outre celles de Paul, ne font non plus supposer l'existence d'aucune rédaction de ce genre.
Ce qui paraît résulter de là, c'est que certains
1. Papias, dansEusèbe, //. E,, III, 39. Que l'Évangile de Luc n'existât pas, c'est ce que I Pétri, ii, 23, comparé à Luc, xxiii, 34, suffirait pour prouver.
2. I Cor., XI, 23 et suiv. La version de Paul se rapproche surtout de celle de Luc.