‹ L'AntechristChapitre 66 sur 397 · I Cor., XV, 3 et suiv · texte numérisé non relu

I Cor., XV, 3 et suiv

4. I Thess., iv, 8, 9; v, 2, 6 jal., v, 14; I Cor., vu, 10, 42, 25, 40;xiii, 2; II Cor.,iii,6; Rom., xii, 14, 19; xiii, 9, 10. Act., Ax, 35, ne prouve rien pour Paul.

An 62] L'ANTECHRIST. 6i

•écits, comme celui de la Cène, de la Passion ît de la Résurrection, étaient sus par cœur, en des ermes qui n'admettaient que peu de variantes*. Le plan des Évangiles synoptiques était déjà probablement arrêté ^ ; mais, tandis que les apôtres vivaient, les livres qui eussent prétendu fixer la tradition dont Is se croyaient les seuls dépositaires n'auraient eu mcune chance de se faire acceptera Pourquoi, d'aileurs, écrire la vie de Jésus? Il va revenir. Un monde ■i la veille de finir n'a pas besoin de livres nouveaux. C'est quand lés témoins seront morts qu'il sera capital ie rendre durable par l'écriture une image qui va s'effaçant chaque jour*. A cet égard, les Églises ie Judée et des pays voisins avaient une grande supériorité. La connaissance des discours de Jésus y était bien plus exacte et plus étendue qu'ailleurs.

L I Cor., XI, 23 et suiv. Notez la ressemblance du récit de :a Passion dans le quatriènne Évangile et dans les synoptiques.

2. Il est bien remarquable que la légende de la vie souterraine de Jésus n'entre pas dans ce plan. Or la légende de la vie souterraine se forma vers l'an 60.

3. Irénée, Adv. hœr., III, 1, veut que Marc n'ait écrit qu'après A mort de Pierre.

4. L'Église saint-simonienne [irésente de nos jours un phénomène du même ordre. La mort d'Enfantin a été le signal d'ouvrages sur Saint-Simon et les origines de la secte; de son vivant, Enfantin n'eût pas souffert de tels écrits, qui eussent ftlé une diminution de so.. importance.

62 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 62]

On remarque sous ce rapport une certaine différence entre l'Épître de Jacques et les épîtres de Paul. Le petit écrit de Jacques est tout imprégné d'une sorte de parfum évangélique; on y entend parfois comme un écho direct de la parole de Jésus; le sentiment de la. vie de Galilée s'y retrouve encore avec vivacité*.

Nous ne savons rien d'historique sur les missions envoyées directement par l'Église de Jérusalem. Cette Église, d'après ses principes mêmes, devait n'être guère portée à la propagande. En général , il y eut peu de missions ébionites et judéo-chrétiennes. L'esprit étroit des éhionim n'admettait que des missionr. aires circoncis. D'après le tableau qui nous est tracé par des écrits du second siècle, suspects d'exagération, mais fidèles à l'esprit hiérosolymitain, le pré— i dicateur judéo-chrétien était tenu dans une sorte de'i suspicion; on s'assurait de lui; on lui imposait des épreuves, un noviciat de six ans ^ ; il devait avoir des papiers en règle, une sorte de confession de foi libellée, conforme à celle des apôtres de Jérusalem.

\, Notez Jac, i, 6, 27; ii, \ et suiv., 8, 10, 13; iv, 11 et suiv.,13et suiv.; v, i2,et surtout le passage v, 14 et suiv., si conforme aux idées des synoptiques sur les guérisons de malades et la rémission des péchés. Notez aussi dans Jacques l'exaltation de la pauvreté et la haine des riches.

2. Attestation de Jacques, en tête des Homélies pseudo-clémentines, § 1 , Cf. Saint Paul, p. 292.

[An 62] L'ANTECHRIST. W

De telles entraves étaient un obstacle absolu à un apostolat fécond; dans de pareilles conditions, le christianisme n'eût jamais été prêché. Aussi les envoyés de Jacques nous paraissent-ils bien plus occupés de renverser les fondations de Paul que de fonder pour leur compte. Les Églises de Bithynie, de Pont, de Gappadoce, qui apparaissent vers ce temps à côté des Églises d'Asie et de Galatie % ne. provenaient pas, il est vrai, de Paul ; mais il n'est pas probable qu'elles fussent davantage l'œuvre de Jacques ou de Pierre; elles durent sans doute leur fondation à cette prédication anonyme des fidèles qui fut la plus efficace de toutes. Nous supposons, au contraire, que la Batanée, le ïïauran, la Décapole et jn général toute la région à l'est du Jourdain, qui sera bientôt le centre et la forteresse du judéochristianisme, furent évangéiisés par des adeptes de l'Église de Jérusalem. On trouvait bien vite de ce côté la limite de la puissance romaine. Or les pays arabes ne se prêtaient nullement à la prédication nouvelle, et les terres soumises aux Arsacides étaient peu ouvertes aux efforts venant des pays romains. Dans la géographie des apôtres, h terre est fort petite. Les premiers chrétiens ne songent jamais au

Page 1