PROSTITUÉE. VOLEUSE
Extérieur plus propre et plus La voleuse néglige souvent • soigné. Aspirations à l’élégance son extérieur, elle n’est ni coet à des exigences de confort. quette, ni gourmande, et se
Diam. antéro-post..
filles de joie.
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voleuses
villa-
geoises
(nord).
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(sud).
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Circonférence max.
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Juiang
ANOMALIES MORPHOLOGIQUES
Aime la bonne chère et les friandises, les clii lions et les futilités, est avide de spectacles et de plaisirs. Il lui faut du vin à ses repas. Avec cela une jolie toilette, quelquesdistractions le soir, et un jeu de cartes qu’elle consulte pour connaître son avenir, — elle n’en demande pas davantage.
Mais pourvu qu'ellene travaille pas, car elle est paresseuse par excellence et craint la fatigue.
Imprévoyante à l’excès, elle vit au jour le jour, sans souci du lendemain. Très impressionnable, pleure et rit facilement. Humeur variable. Souvent bavarde et expansive, elle a un penchant à la sentimentalité.
Somme toute, la paresse et l’absence totale du sens moral sont les traits principaux qui caractérisent la prostituée.
préoccupe peu de ses aises à la prison.
Mais elle n’est pas oisive comme la prostituée, et, au contraire, prend part volontiers aux travaux dans les ateliers de la prison : couture, confection de boîtes, de cartonnages divers, d’enveloppes; travaille dans la buanderie et arrive à se former un petit pécule pour le jour de sa sortie.
Elle témoigne plus d'énergie • et de fermeté dans ce qu’elle entreprend. Fait preuve d’une disposition d’esprit plus stable et plus sérieuse que la prostituée. S’adonne à la boisson beaucoup moins que la prostituée. Beaucoup de circonspection et de prudence, jointes à un manque complet de sincérité; une grande retenue et de la défiance dans le caractère; jamais d’abandon; niant toujours ses fautes à outrance et témoignant une absence totale de remords, — tels sont les traits distinctifs du caractère de la voleuse.
« Ce qui distingue encore les voleuses des pros tituées, c’est l’extrême mauvaise volonté qu’elles manifestent lorsqu’on les questionne; elles ne donnent pas volontiers des renseignements sur leurs rapports sexuels. Elles sont d’une grande réserve sur ce sujet et font preuve d’une pudeur que n’ont généralement pas les prostituées.
« Ajoutons encore leur mutisme dès qu’on aborde les raisons qui ont amené leur internement. Presque jamais elles n’avouent franchement leur faute
Oi LES PROGRÈS DE l’anthropologie CRIM1NE1 LE
et témoignent encore moins du repentir. La plupart du temps elles nient énergiquement leur méfait, et refusent même de se rendre à l’évidence, en donnant des explications purement fantaisistes qui masquent la vérité, mais ne remplacent pas le repentir.
« La tare héréditaire des voleuses est moins lourde que celle des prostituées.
« L’anamnèse des parents est moins chargé d’alcoolisme; les prostituées, par exemple, ont 82 p. 100 d’alcooliques et 44 p. 100 de phtisiques dans leur ascendance, tandis que les voleuses n’ont que 49 p. 100 des premiers et 19 p. 100 des seconds. Les autres maladies débilitantes des parents sont aussi représentées par des chiffres plus faibles dans l’anamnèse des voleuses.
« 11 est vrai que ces circonstances favorables aux voleuses le sont moins, dès qu’on pense à l’extrême difficulté qu’on est obligé de surmonter pour avoir des renseignements plus ou moins certains.
« Cependant l’aspect anatomique est là pour certifier que les voleuses possèdent moins de signes de dégénérescence physique, ce qui semble déposer en faveur de leur hérédité moins défavorable.
« De plus, le nombre des naissances chez les voleuses dépasse notablement celui des prostituées et se rapporte à ce dernier comme 256 à 34 — circonstance qui tend encore à rapprocher les voleuses des femmes normales.
« En étudiant avec les mêmes méthodes les prostituées, elle pose les conclusions suivantes :
« 1° Les prostituées professionnelles sont des
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êtres incomplets, ayant subi des arrêts dans leur développement, sont entachées d’une hérédité morbide et présentent des signes de dégénérescence physique et psychique en rapport avec leur évolution imparfaite ;
« 2° Les signes de dégénérescence physique dus h une organisation imparfaite se manifestent chez les prostituées principalement par la fréquence des déformations de la tête, des anomalies du crâne (41,33 p. 100) et du visage, (42,66 p. 100). Par des anomalies nombreuses des oreilles (42 p. 100) et par des dents défectueuses (54 p. 100);
« 3° Leur anomalie psychique se signale soit par une débilité de l’intelligence plus ou moins prononcée, soit par une constitution névropathique, soit par une absence notoire du sens moral ; elle est confirmée en outre par l’abus des fonctions génésiques, ainsi que par l’attrait qu’elles éprouvent pour leur métier abject, auquel elles retournent volontairement après en avoir été libérées;
« 4 Les stigmates de dégénérescence sont le plus prononcées chez les prostituées etles voleuses dont les mères s’adonnaient à l’alcoolisme. Ce qui confirme l’hypothèse que c’est surtout l’influence de la mère qui retentit sur l’organisme de l’enfant;
« 5° La stérilité et l’extinction de la race, souvent constatées chez les prostituées professionnelles, dépendent en grande partie de leur état anormal, fertile en tares héréditaires, et semblent confirmer leur dégénérescence;
u 6° Les prostituées habituelles comblent la lacune trop large que la statistique de la criminalité établit en faveur des femmes.
« 7° Les voleuses, quoique présentant également un grand nombre de signes physiques et moraux qui les distinguent notablement des femmes honnêtes, s’éloignent cependant moins du type de la femme normale que les prostituées.
« Parce que :
« a). Les voleuses sont chargées d’une tare héréditaire moins lourde que celle des prostituées ;
« b). Le nombre de signes de dégénérescence physique est moins considérable chez les voleuses que chez les prostituées;
« c). Le nombre de naissances est plus considérable chez les voleuses;
« d). Les diamètres principaux du crâne, ainsi que la circonférence horizontale totale, dépassent chez les voleuses ceux des prostituées (les deux catégories appartiennent à la même race) ;
« e). Les zygomes et les mandibules des prostituées sont plus larges que ceux des voleuses ;
« f). Le niveau intellectuel et moral des voleuses surpasse celui des prostituées. La voleuse a plus d’amour-propre, son esprit est plus vif; elle est plus énergique et apporte plus de résistance dans la lutte de la vie. Elle est bien moins paresseuse et ne craint pas le travail;
« g). Quelque incorrigible que soit la voleuse de • profession, et quelque nombreux que soient ses méfaits, elle ne peut cependant pas les commettre et les répéter à toute heure du jour, comme la prostituée (1). »
(I) Etudes anthropométriques sur les femmes voleuses et les prostituées. Paris, 1890.
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M. de Albertis a trouvé le tatouage chez 300 prostituées de Gênes dans la proportion de 10 p. 100 et la sensibilité tactile de 3,6 à droite et de 4,0 à gauche (1).
Mais sur les femmes criminelles, Salsotto a fait des études tout à fait nouvelles (1); il a reconnu chez 130 voleuses les caractères dégénératifs, les anomalies du crâne, delà physionomie en nombre bien moindre que chez les hommes ; il a trouvé la brachicéphalie chez 7, l’oxicéphalie chez 29, la platicéphalie chez 7, le front fuyant chez 7,1e strabisme chez 11, les oreilles à anses dans 6, la sensibilité tactile était normale chez 2 p. 100, les réflexes tendineux amoindris chez 4 p. 100, exagérés chez 12 p. 100.
Marro et Morselli nous ont expliqué par la sélection sexuelle cette énorme différence, qu’on trouve aussi dans les épileptiques et surtout dans les fous ; les hommes, en effet, ne choisissent pas de femmes laides, avec caractères dégénératifs, tandis que les femmes ne peuvent pas choisir; et bien souvent l’homme laid, criminel, mais vigoureux, triomphe pour ce motif de tous les obstacles; il est même quelquefois préféré (Flaubert, (correspondance, 1889).
Ajoutons que les soins de la maternité, adoucissant le caractère des femmes, ont augmenté chez elles le sentiment de la pitié.
(1) Arch. di Psichiatria, X, 1889.
r>$ les progrès de l’anthropologie criminelle
M. Ottolenghi (1) a étudié dans mon laboratoire les rides chez 200 criminels et 200 normaux (ouvriers et paysans), et il les a trouvées bien plus fréquentes et bien plus précoces chez les criminels, 2 à 5 fois plus que chez les personnes normales, avec prédominance de la ride zygomatique (située au milieu de chaque joue) qu’on pourrait bien appeler la ride du vice, la ride caractéristique des criminels.
Dans les femmes criminelles (80) aussi, les rides ont été trouvées plus fréquentes que chez les femmes normales, quoique avec une moindre différence. — Qu’on se rappelle les rides des sorcières.
Il suffit de voir ce buste de la célèbre empoisonneuse sicilienne (fig. 2) conservé au Muséum national de Palerme, et dont le visage est un amas de rides.
Lui-même, étudiant avec moi la fréquence de la canitie et de la calvitie, en a démontré l’absence ou le retard chez les criminels (2) tout aussi
Avant
2o ans
Entre 25 et 50 ans.
normaux
criminels
normaux
criminels
Ri des du front
Ride nasolabiale..
Ride zygomatique.
(2) La Ccilvizie, la Ccinizie e le Rughe nei normali , nei cri minait, negli epilellis e nei cretini ( Archivio di Psichalria in Tonno , 1889, X).
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bien que chez les épileptiques et chez les crétins.
Fig. 2. — L'empoisonneuse de Païenne.
Parmi les premiers seulement, les escrocs s’approchent un peu plus des gens normaux (1).
Avec canitie
Avec calvitie
(1) 400 normaux. . . . , .
80 épileptiques . . . .
40 crétins
490 criminels . . . . .
— voleurs. . .
— escrocs. . .
— blesseurs. .
80 femmes criminelles.
200 femmes honnêtes .
ÔV
Inversement chez 280 femmes criminelles, on a troué plus fréquente la canitie et plus rare la calvitie que chez 200 ouvriers honnêtes.
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans faire mention de la belle découverte qu’on doit, nous nous plaisons à le constater, à un juriste, M. Anfosso. Le tachianthropomètre qu’il a construit est un vrai mensurateur automatique [Archiv. de Psych ., art. ix, p. 173). On pourrait l’appeler, si le mot n’avait un peu trop de couleur locale, une guillotine anthropométrique, tant elle donne vite et avec la précision des machines, les mesures les plus importantes du corps, ce qui rendra bien aisée, même aux gens les plus étrangers à la science, la pratique anthropométrique, et l’examen du signalement des criminels dont le perfectionement reste toujours un des titres les plus glorieux de M. Bertillon. Et en même temps que cet instrument rendra des services dans la pratique judiciaire, il permettra sur une grande échelle des observations qui jusqu’ici n’étaient possibles qu’aux savants.
L’expérience en a été faite il y a peu de temps par M. Rossi, qui étudia le résultat de ces mensurations sur 100 criminels (presque tous voleurs); il a trouvé chez 88 la grande envergure supérieure à la taille ; chez 11 inférieure ; pour les pieds, il en a trouvé la longueur plus grande à
ANOMALIES MORPHOLOGIQUES
droite chez 30, à gauche chez 58, égale chez 12. Pour les bras, 43 fois on trouve une longueur supérieure à droite ; 54 fois à gauche. Ce que confirme merveilleusement la gaucherie (mancinisme) qu’on avait déjà signalée par la dynamométrie et par l’étude de la marche chez les criminels (1).
Cette vraie gaucherie anatomique, je viens de la vérifier avec M. Oltolenghi par des mensurations sur les mains, les doigts médium et les pieds, à droite et à gauche, sur 90 hommes normaux et sur 100 criminels-nés ( Archivio di psichiatria , X, 8) avec la méthode du D r Bertillon (2).
La grande fréquence de la gaucherie anatomique ne pouvait pas être mieux confirmée ; et c’est bien là un caractère atavistique, puisque Rollet a observé chez 42 anthropoïdes l’humérus plus long à gauche dans 60 p. 100 des cas, et seulement chez les hommes dans 7 p. 100. ( Revue scientifique , 1889.)
(1) Archiv. di Psichiatria , vol. X, p. 191, 1889.
Main
plus longue.
Doigt
médium.
Pied.
Droite
gauche
Droit
gauche
Droit gauche
Normaux . .
Criminels . .
Escrocs . . .
Viol
Blesseurs . .
Voleurs . . .
Pick-pockets.