GOUT
pour les autres, c'était une espèce de cécité olfactive ; ils ressentaient les excitations odoriférantes sans pouvoir les spécifier, et moins encore les classifier.
Pour vérifier ce qu'il y avait de vrai dans Tassertion, que les criminels contre les mœurs avaient l'odorat très développé, il examina chez 30 auteurs de viol et chez 40 prostituées. Il trouva, dans 33 pour 100 des premiers, la cécité de l'odorat, dans les autres, une moyenne correspondant au cinquième degré de l'osmomètre.
Faisant ensuite disposer les diverses solutions selon le degré de leur force, il remarqua trois erreurs graves. Chez 19 pour 100 de filles soumises, il a trouvé la cécité de l'odorat ; et pour les autres, une acuité moyenne correspondant au cinquième degré de l'osmomètre.
Comparant ces résoiltats avec ceux déjà obtenus pour les normaux et pour les criminels, l'odorat apparaît beaucoup moins développé dans cette catégorie.
Goût. — M. Ottolenghî a examiné le goût de 100 criminels (60 criminels-nés, 20 criminels d'occasion et 20 femmes criminelles), il les a comparés avec 20 hommes de la classe inférieure, 20 professeurs et étudiants, 20 femmes honnêtes et 40 filles de joie ; ses expériences ont été faites avec onze solutions de strychnine (graduées de 1/80,000 à i/5o,ooo), de saccharine (depuis 1/100,000 jusqu'à 1/10,000) et dix de chlorure de sodium (de i/5oo à 3/ 100). Les criminels montrèrent toujours une obtusion remarquable.
La moindre acuité gustative a été rencontrée chez 38 pour 100 de criminels -nés, 3o pour 100 de criminelles d'occasion. Chez 20 pour 100 de femmes cri- . minelles, tandis qu'on a trouvé 14 pour 100 parmi les professeurs et les. étudiants, 25 pour 100 parmi les hommes des classes inférieures, 3o pour 100 pour les filles de joie et enfin, 10 pour 100 chez les honnêtes femmes.
FRANCOTrs. - Anthropologie criminelle. 7
Sensibilité k raimant, sensibilité météorigne (orages). — Inférieurs aux normaux, dans la plupart des modes de la sensibilité, les criminels les dépassent, au contraire, par rapport à la sensibilité à Taîmant, à la sensibilité météorique.
Bien qu'appuyée par des chiffres qui lui donnent une apparence scientifique, cette affirmation de Lombroso me paraît bien téméraire.
Que sait-on de positif sur ces deux modes de la sensibilité ? Connaît-on leur manière d'être dans les conditions normales? Possède-t-on un moyen de les apprécier ?
Résistance k la doulenr. — De même que la culture intellectuelle et le développement des facultés de rame multiplient les causes de la souffrance morale et exagèrent Timpressionnabilité, de même l'accroissement du bien-être matériel, la civilisation, augmentent la sensibilité à la douleur physique.
Les races inférieures réagissent beaucoup moins vivement à l'égard des impressions douloureuses et supponent sans peine des souffrances qui seraient intolérables pour les hommes civilisés. C'est ce qu'attestent les récits des voyageurs.
« Il est intéressant, dit Hartmann (i), d'observer, chez la plupart des tribus africaines, l'insensibilité à la douleur physique même pour les blessures. »
Giraud (2), l'explorateur de l'Afrique équatoriale, raconte qu'un jour, interrogeant un sauvage qui avait les deux oreilles coupées, celui-ci lui dit qu'il avait été tait prisonnier à la guerre et que, suivant l'usage, on lui avait infligé l'amputation des deux oreilles. En même temps, il imitait le mouvement du couteau en portant un doigt à son oreille mutilée,
(i) Hartmann, Les peuples de l'Afrique, Paris, 1880, p. 248. {2) Les lacs de t*A/riqueiéquatoriale, Paris 1890, p. 112.
et il partait d'un grand éclat de de rire. Gîraud ajoute : « Le fait est que la douleur physique n'a pas sur l'Africain la même prise que sur nous. »
Jephson (i), un des lieutenants de Stanley, parle d'un Soudanais qui avait l'os de la jambe brisé en plusieurs morceaux.
L'indifférence avec laquelle ces Soudanais supportent la douleur, dit-il, tient du merveilleux. Tandis qu'on tâtonnait et fourgonnait dans la fracture, excisant les chairs malades, le blessé ne se départit pas de son flegme, ne poussa pas un gémissement, ne fit pas une grimace. Un des nôtres n'eut pas manqué de s'évanouir. Souvent, j'ai vu des nuages de moustiques s'abattre sur un Soudanais qui ne prenait même pas la peine de récarter; mais, un Européen ou môme un Zanzibar! en serait devenu fou. Les Zanzibaris sont plus sensibles que les Hatalastivais, les Européens bien plus encore que les Zanzibaris.
Les aliénés aussi présentent parfois une profonde obtusion de la sensibilité.
J'ai rapporté, dans un autre travail (2), un fait dont j'ai été témoin à la clinique de Westphal, fait qui n'a d'ailleurs rien d'extraordinaire. Il s'agissait d'une femme mélancolique. Plongée dans ses tristes pensées, elle ne s'apercevait pas des mauvais traitements dont elle e'tait l'objet : on la piquait d'outre en outre, on la pinçait jusqu'à production d'ecchymoses, on lui traversait l'aile du nez avec une épingle, on lui appliquait le pinceau électrique : elle restait impassible, indifférente à toutes ces irriutions.
(i) Mounteney Jephson, Emin Pacha et la rébellion à V Equateur, Paris, 1891, p. 236.
(2) Le magnétisme animal, Repue des questions scientifiques , t. X, p. 433.
Ce qui montre mieux encore à quel point la sensibilité peut être déprimée chez les aliénés, et en particulier chez les lypémaniaques, ce sont les mutilations qu'ils s'infligent assez souvent. Mathieu Levât, après s'être déchiré les parties génitales, se crucifie à Venise en i8o5 et s'expose ainsi aux regards du public ; un autre se scie le cou avec une mauvaise scie ébréchée (i).
Au dire des auteurs de l'Ecole d'anthropologie criminelle, les malfaiteurs se distinguent aussi par leur résistance à la douleur : ils supportent sans se plaindre de cruelles opérations et s'infligent souvent sans sourciller des mutilations et des blessures profondes.
Un voleur, dont parle Lombroso, se laissa amputer la jambe sans pousser un seul cri, et s'amusa ensuite à jouer avec le tronçon.
C'est encore Lombroso qui rapporte le fait d'un assassin, qui, pour ne pas aller à Cayenne, se procura artificiellement des plaies aux jambes, et lorsque celles-ci furent guéries, il se passa, au moyen d'une aiguille, un cheveu à travers la rotule : il en mourut.
Mandrin, avant qu'on lui tranchât la tête, fut tenaillé en huit endroits différents, aux jambes et aux bras et ne poussa pas un soupir. Pour faire disparaître un signalement dénonciateur, B... se fit sauter trois dents avec de la poudre ; R... s'enleva la peau du visage avec des fragments de verre (Vidocq).
L'insensibilité à la douleur apparaît aussi bien nettement dans ce fait que je trouve rapporté dans l'histoire du marquisat de Franchimont (2). Il s'agit d'un nommé Bodet, assassin de sa femme.
(i) Beaunis, Les sensations internes, Paris 1889, p. 193.
(2) Histoire du marquisat de Franchimont^ Liège, 1809, p. 143.
RÉSISTANCE A LA DOULEUR lOI
Ce malheureux, dit l'auteur, ne pr^ï-^éxoxne mesuré pour se ménager Timpunité dv crime qu'il, raédijait d'assassiner sa femme; elle était a'ssdz jbîte vCt Cîepuîé > quelque temps, il s'en était séparé par des sentiments de la jalousie la plus effrénée qu'il avait, pour ainsi dire, conçue de son ombre, car il ne fixait ses soupçons jaloux sur personne. Sa jalousie était une espèce de folie qui avait tous les hommes pour objet. — Un jour de Tan 1793, il en fut apparemment plus tourmenté qu'à l'ordinaire et le démon de la vengeance l'induisit à se défaire de sa femme. Ce jour-là, il lui fit porter des paroles de réconciliation qu'elle agréa du meilleur de son cœur ; elle ne différa pas d'un moment Tentrevue que son mari lui avait fait demander ; elle la fixa au même jour, après-midi, à la maison de sa tante. Son mari y vint, mais armé d'un fort couteau à pointe qu'il avait caché entre sa chemise et sa veste. Tout en arrivant, il embrasse sa femme et lui plonge le couteau dans le corps, recule un pas et avant que la tante qui était présente pût Tempècher, lui porte un second coup d'une si terrible manière, que le couteau, donnant contre une côte, se brisa en deux morceaux ; mais le premier coup suffisait pour donner la mort à cette pauvre et malheureuse femme ; elle expira dans la minute. Le meurtrier ne prit pas la fuite comme il lui était très facile, étant près des terres étrangères, et il fut arrêté peu de moments après son crime qu'il a expié par le supplice.
Ce supplice fut affreux et j'éviterais d'en donner le détail, si l'insensibilité que ce scélérat montra pendant tout le temps qu'on le lui fit subir ne m'engageait à en parler.
Il fut tenaillé à la sortie de la prison et ensuite à l'endroit où il devait mourir ; là, il eut le poing coupé, les bras et jambes rompus à coups de barre, puis élevé sur une roue où il fut étranglé. Ce supplice dura plus de deux heures «n calculant de la sortie de la prison. J'ou-
bziàisTde (Jilé (Ju^,';de dà au lieu du supplice, il fut traîné SuryrtQ cjajç, ^ " ' '\,^
. î : Rendant tpjit te/juîmps qu*il dura, pendant que les bourreaux lui pinçaient les chairs avec des tenailles rougies au feu ; pendant qu'on lui coupa le poing et qu'on lui brisa les os ; pendant qu'on Téleva sur la roue et que Jes os brisés lui perçaient et lui traversaient les chairs, non seulement il ne poussa pas le moindre cri, ni le moindre gémissement, mais encore il ne témoigna pas le plus léger sentiment de douleur. Il n'eut pas le moindre frémissement en sentant brûler ses chairs ; il regardait tout faire avec une indifférence étonnante et ne paraissait pas plus souffrir que s'il avait été mort. Ceux qui le virent de près dans ces moments terribles croiront aisément ce que l'histoire nous rapporte de la fermeté des Iroquois et autres habitants de l'Amérique, dans les tourments que leurs ennemis leur font souffrir, lorsqu'ils les font prisonniers dans les guerres qu'ils ont les uns contre les autres.
Citons encore un exemple d'insensibilité emprunté à Corre.
Un assassin, renvoyé du bagne à l'expiration de sa peine, priait le directeur de le garder, en disant qu'il ne savait où trouver du pain : voyant sa prière repoussée, il se déchira les intestins avec le manche d'une grande cuiller, puis remonta tranquillement l'escalier et rentra dans son lit, où il expira peu d'instants après, sans avoir fait entendre le moindre gémissement.
Le P. Hue (i) a fait le récit de mutilations semblables accomplies par les Lamas Boktes sous l'empire de l'exaltation religieuse. A un moment donné de la cérémonie, le Bokte rejette brusquement l'écharpe dont il
(i) Gratiolet, Anatomk comparée du système nerveux^ Paris, 1839-1857, t. Il, p. 552.
DISVULNÉRABILITÉ lOJ
est enveloppé, détache sa ceinture, et saisissant le coutelas sacré, s'entr'ouvre le ventre dans toute sa longueur.
Disvnliiérablllté. — Plus résistantes à la douleur, les races inférieures jouissent en outre de la disvulnérabilité, c'est-à-dire qu'elles supportent les blessures les plus graves et s'en guérissent facilement.
Dans son voyage en Afrique équatoriale, Giraud (i) a été étonné de la facilité avec laquelle toutes les plaies se cicatrisent. Il ne se rappelle pas en avoir rencontré une seule qui suppurât.
Comme les sauvages, les malfaiteurs ont le privilège de supporter les blessures les plus graves et d'en guérir rapidement.
Lombroso rapporte le fait d'un voleur, qui, dans une escalade, eut le frontal droit fendu latéralement; en quinze jours, il était guéri sans la moindre réaction.
Le même auteur a vu, dans une prison, un meurtrier qui travaillait comme maçon, et qui, grondé pour une faute légère, se jeta du troisième étage, d'une hauteur de neuf mètres sur le pavé de la cour. Tous le croyaient mort ; on était allé chercher le médecin et le prêtre, quand tout à coup, on le vit se. relever en souriant et demander à continuer son ouvrage.
Le professeur Benedikt relate l'observation d'un brigand de la fameuse troupe de Rozza Sandor, vrai géant par la taille et athlète par la vigueur, qui, ayant pris part à une révolte de prisonniers, fut battu par des gardiens de telle façon qu'il eut plusieurs vertèbres fracturées. Toutes ses blessures guérirent, mais le géant d'auparavant devint une sorte de nain ;
(i)Op, cit., p. 256.
104 TATOUAGE
toutefois, il continua à travailler dans la forge de la prison et à se servir du lourd marteau comme dans les jours de sa plus grande vigueur.
Le crâne de ce brigand a été envoyé à l'exposition d'anthropologie de Rome par le professeur Lenhossek. Ce crâne avait une énorme dépression de Tos pariétal gauche, effet d'une blessure d'arme à feu qui ne l'avait pas empêché de tenir tête plusieurs jours de suite aux troupes autrichiennes et russes (i).
Les recherches si intéressantes de M. Delbeuf (2) sur les effets curatifs de l'hypnotisme, fournissent une interprétation du phénomène de la disvulnérabilité. Elles nous permettent de le rattacher à l'insensibilité physique, propre aux sauvages et aux criminels.
M. Delbœuf a montré que la douleur est souvent la grande cause de la modification morbide de l'organisme. Il a appuyé cette opinion sur une expérience très décisive. Il fait à une hypnotisée deux blessures parfaitement semblables sur chacune des deux épaules et lui suggère l'insensibilité à la douleur du côté droit ; or, la blessure a guéri très vite de ce côté, tandis qu'elle l'a fait très lentement à gauche.
La souffrance est donc un obstacle à la guérison ; c'est parce qu'elle manque ou est peu prononcée chez les criminels que leurs blessures sont si facilement réparables.
Tatonage. — Les anthropologistes criminologues attachent une haute importance au tatouage chez les criminels. Ils y voient un phénomène d^atavisme, le retour à une pratique propre à l'homme primitif et conservée de nos jours par les races sauvages.
(i) Lombroso, L'anthropologie criminelie, p. 60.
(2} De l'origine des effets curatifs de l* hypnotisme, Paris, 1887,
TATOUAGE IO5
Rien de plus naturel, dit Lombroso, qu'une coutume si répandue parmi les sauvages et les peuples préhistoriques se montre de nouveau parmi les classes humaines qui, comme les bas-fonds marins, maintiennent une température constante, répètent les coutumes, les superstitions, jusqu'aux chansons des peuples primitifs. Comme ces derniers, ces classes humaines ont la même violence de passions, le même engourdissement de la sensibilité, la même puérile vanité^ la longue oisiveté, et, chez les prostituées, la nudité. Voilà les principaux incitants de cette étrange coutume.
Lombroso a comparé un ensemble de 6,784 sujets dont 3,886 soldats et 2,896 criminels.
D'après ses recherches, en Italie comme en France ou même comme chez les sauvages, la proportion de tatouages chez les femmes est minime. Chez les hommes non criminels, cet usage tendrait à décroître, puisqu'en 1873, Lombroso trouve un chiffre dix fois moins élevé qu'en i863. Cependant, cet usage persiste et même prend de très grandes proportions dans la population criminelle, soit militaire, soit civile, puisque sur 3,048 examinés, il en trouve 167 tatoués, soit 7.9 pour 100, chez les adultes et 40 pour 100, chez des jeunes gens mineurs.
Les recherches faites par Severi, Lucchini et Boselli (i) sur 4,000 criminels ont constaté chez ces derniers une proportion de tatouages octuple de celle des aliénés de la même région (Florence et Lucques). Cette proportion va jusqu'à 40 pour 100 chez les militaires criminels, à 33 pour 100 chez les mineurs; les femmes ne donnent que 1,6 pour 100, mais la proportion s'élèverait à 2 pour 100, si on voulait y comprendre certains tatouages-mouches ressemblant
(i) Lombroso, V anthropologie criminelle^ p. 68.
io6
TATOUAGE
aux grains de beauté qui sont en usage jusque dans la plus haute prostitution.
Les sujets des tatouages se circonscrivent dans des limites peu étendues et se reproduisent assez fréquemment.
Fig. 27. — Tatouage de maréchal- Fig. 28. — Tatouage
ferrant. de maçon.
Marro a groupé 76 cas de tatouages ; il a trouvé
Sujets religieux 10 fois.
— religieux associés à d'autres i5 —
— politiques 8 —
— professionnels jo —
— erotiques.... 3i —
— anti-religieux i —
— obscènes 2 —
Souvenir d'amis, de parents 8 —
Animaux 12 —
Numéro d'inscription 3 —
Objets indifférents, armes 19 —
Noms propres 12 —
Choses militaires 3 —
Comètes, étoiles 4 —
Chiffre de Tannée 4 —
Faits historiques 2 —
Faits mythologiques i —
TATOUAGE I OJ
Les 1,333 tatouages releve's par Lacassagne (i) sur
Fig. 29. — Tatouage de charpentier.
378 délinquants militaires se répartissent comme Suit:
(1) Lacassagne, Les tatouages^ Paris, 1881, p« 2a.
Io8 TATOUAGE
Emblèmes patriotiques et religieux 91
— professionnels 98
— inscriptions m
— militaires 149
— métaphores 260
amoureux et erotiques 280
— fantaisistes, historiques . 844
Total i333
Fig. 3o. ~ Tatouage de cordonnier.
Les sujets e'rotiques constituent, on le voit, une grande part des tatouages : souvent, ils sont d'une obscénité qui dépasse toute imagination.
Les emblèmes professionnels sont les instruments ou les produits du travail: ainsi, figure 27, Tenclume, le marteau, les tenailles du maréchal ferrant; figure 28, la truelle du maçon; figure 29, la scie, Téquerre, la hache du charpentier; figure 3o, des souliers.
Les inscriptions s'inspirent, ou bien de la haine, de la vengeance, ou bien du sentiment de la fatalité (fig. 3i et fig. 32)
TATOUAGE IO9
D'autres fois, elles se rapportent au crime. Dans un cas observé par Lacassagne, il y avait trois ins-
PPkS ù^ CH ANC£.
Fig. 3i. — Tatouage inscription.
crîptions : c'étaient les dates successives des trois conseils de guerre qui Pavaient condamné (fig. 3i),
WALHEtlR
Fig. 32. — Tatouage inscription.
Souvent, les inscriptions ne sont formées que d'initiales ou de signes, d'emblèmes particuliers.
HO
TATOUAGE
Beaucoup de camorristes de Naples portent un tatouage, qui repre'sente une grille derrière laquelle se trouve un prisonnier, et au-dessous les ini-
vo
lOT
Fig. 33.— Tatouage inscription.
tiales Q.F.Q.P.M., c'est-à-dire: Quando finiranno questepene ? Mai l — « Quand finiront ces peines ? Jamais I 3>
DYNAMOMÉTRIE 1 1 1
Dynamométrle. — On a reconnu déjà depuis longtemps que l'énergie de Teffort momentané est en rapport avec l'exercice habituel des fonctions intellectuelles; dans ces derniers temps, Féré (i) a réuni un grand nombre de faits nouveaux qui mettent hors de doute cette influence du travail incelieciucl. S'il est vrai, comme nous le verrons plus loin, que rintelligence des criminels est, en général, en dessous de la moyenne, il est naturel de rencontrer chez eux une moindre énergie :
241 criminels ont donné, avec le dynamomètre de Broca, 3o kil. à la pression du poignet et i lo à la traction, tandis que 52 hommes sains ont atteint 1 68 à la traction, et que la force du poignet est en général de 5o.
20 voleurs de grand chemin donnèrent.
20 homicides
20 incendiaires
20 voleurs
20 faussaires
20 violateurs
20 brigands
Ce tableau, fourni par Lombroso (2), démontre que le voleur donne le minimum de la forci; et a la pression et à la traction.
Warnots (3) a obtenu des résultats sensiblement dififérents de ceux de Lombroso :
(i) Feré, Sensation et mouvement, Paris, 1887.
(2) Lombroso, L'homme criminel^ p. 3oo.
(3) Warnots, La dynamométrie à la prison cellulaire dt Louvain^ Bulletin de la société d^ Anthropologie de Bruxelles^ i8d4-LH;S5 p. 328.
Ak
A la
res&ioa^
ti'a<:titin.
ro4
io3
112 DYNAMOMÉTRIE
Moyenne Moyenne de du poignet, traction rénale.
Voleurs 40 104
Assassins 44 100
Incendiaires Sq
Condamnés pour viol 35 96
Il a en outre recherché la force de traction pectorale et obtenu 23 pour les voleurs, 3i pour les assassins et 24 pour les condamnés pour viol.
J'ai aussi entrepris des recherches dynanométriques chez les criminels. Ces recherches ne sont qu'au début et ne peuvent pas encore fournir de conclusions définitives.
Sur 1 1 individus emprisonnés pour vol, violences, assassinat, j*ai obtenu, avec le dynamomètre de Mathieu :
A droite, une moyenne de 37,8
A gauche, une moyenne de ... . 37,5
Chez 14 individus normaux, de la classe ouvrière :
A droite, une moyenne de 38
A gauche, une moyenne de 35
Chez 10 individus normaux, appartenant aux professions libérales :
A droite, une moyenne de 42
A gauche, une moyenne de 34,4
S'il était permis de tirer des conclusions de chiffres aussi restreints, on pourrait dire que les criminels se distinguent des individus normaux, présentant un développement intellectuel semblable (i), par ce seul fait qu'il y a chez ceux-là presque égalité entre la puissance de l'effort à
(i) Les criminels qui ont servi à ces recherches appartenaient à la classe inférieure.