HAINE, VENGEANCE
Renaud, âgé de vingt-deux ans, ayant eu une légère altercation avec son ami Foy, qui l'avait nourri à ses frais pendant plusieurs années, le frappa et essaya de le jeter dans un puits. On Tarrèta : le blessé lui accorda son pardon, sans pouvoir s*expliquer une telle violence. Mais lui disait : « On me condamnera, mais, patience; je regrette de ne Tavoir pas achevé; si je sors de prison, je lui ferai son affaire. » Et, plusieurs années après, au sortir de prison, il tint son horrible promesse. — Scanariello, avant de mourir, fit jurer à ses brigands de tuer certains paysans, avec qui il n'avait pas encore réglé ses comptes. — La Pitcherel avait empoisonné son voisin, qui s'opposait au mariage de son fils; condamnée à mort et invitée à pardonner à sa victime, à l'exemple de Notre-Seigneur : « Dieu, répondit-elle, a fait ce qu'il lui a plu ; quant à moi, je ne pardonnerai jamais. »
Le 26 janvier 1875, un rémouleur, nommé Marquis, comparaissait devant la cour d'assises du Doubs, alors présidée par M. le conseiller Tripart, pour tentative de meurtre sur un autre ouvrier, son commensal. Marquis fut condamné à cinq ans de prison.
Le misérable trouva la peine excessive et quitta l'audience en proférant des menaces de mort contre le président.
Le 31 août 1884, M. le conseiller Tripart, alors en retraite, sortait de l'église d'Arreau — un village de la Côte-d'Or, qu'il habitait, en compagnie de M. Ferdinand Tripart, son fils. — Tous deux traversaient le cimetière qui entoure l'église, quand un homme s'approcha d'eux. Cet individu, inconnu dans le pays et qui avait assisté à l'office, courut sur M. Tripart père, le revolver au poing. Arrivé à deux pas derrière l'ancien magistrat, l'homme tira, et M. Tripart s'affaissa, atteint à la hanche.
A cet instant, M. Ferdinand Tripart, voyant chanceler son père, s'élança pour le secourir. Aussitôt le