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importance chez ranimai acquièrent chez Thoninie une valeur de premier ordre, par exemple les manifestations cérébrales. L'anthropologiste, donc, en présence de ces deux problèmes, considère successivement : 1° les caractères de Tordre physique ; 2° les caractères de l'ordre physiologique, auxquels appartiennent les phénomènes intellectuels ; 3» les caractères de l'ordre social ; 4° enlln les caractères de Tordre historique.
Quant à la méthode à suivre, le doute n'est pas permis, elle est identique pour Thomme comme pour les animaux ; Tintuition, les raisonnements à priori et autres procédés de sentiment en seront impitoyablement bannis. Quel que soit le rôle brillant de Thomme sur notre planète et la place qu'il occupe au sommet de Torganisation/qu'il représente à lui seul un embranchement à part, le règne humain, ou ne soit que le premier des primates, les mêmes procédés d'observation lui sont applicables. M. de Quatrefages, assez jaloux de la dignité humaine, nous le dit lui-même expressément dans sa définition précédente. Quoi qu'on fasse, Thomme est un animal; il naît, se reproduit et meurt.
Souviens-toi que tu es homme, criait-on au triomphateur romain .
L'homme, dans son entier, apartient à l'anthropologie. Personne ne songerait, en zoologie, à scinder Tétude d'un animal en deux parties, et à les confier à des savants d'ordres différents, les uns se bornant aux caractères anatomiques et physiologiques ordinaires, les autres s'attachant aux instincts et autres manifestations nerveuses. L'anthropologie ne saurait non plus être mutilée et divisée en deux sections. Tune pour les hommes de science et l'autre pour ies philosophes ; aux uns et aux autres il manquerait une source essentielle de lumière. La scission serait un non-sens ; le corps et Tesprit sont indissolublement liés comme la matière et ses propétéris. Animale ou
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humaine, l'organisation obéit aux mêmes lois, est composée de même, fonctionne de même. La façon de vivre, dépenser ou de se réunir, des hommes, est aussi iiidisp(;nsable à connaître pour l'anthropologiste que la façon de respirer ou de marcher. Dans la considération des races, la nature des émissions nerveuses pèse autant dans la Lalanc(! que le volume et la densité du cerveau. L'organe et la fonction ne peuvent se séparer.
Le champ de l'anthropologie est donc démesurément vaste, et l'on pourrait encore la définir la science de l'homme — de l'homme considéré comme partie intégrante de l'univers, « la science de l'humanité », disait James Hunt. C'est dire le nombre et la variété des connaissances qu'elle met à contribution.
Son domaine propre, c'est la morphologie et l'anatomie comparée de l'homme. Viennent ensuite l'histoire naturelle des animaux, les diverses branches des sciences médicales, notamment ce qu'on appelait la psychologie, c'est-à-dire la physiologie cérébrale, puis l'ethnographie ou description des peuples, par conséquent tout ce qui a trait aux voyages, la géographie, etc., enfin ce qui concerne le passé de l'humanité, l'histoire, les traditions, la linguistique, l'archéologie et même la géologie. Ce n'est pas tout; le droit, les arts lui apportent leur contingent. Léon Guillard, avocat et anthropologistc, mort à Buz.enval, montrait, le 2 juin 1870, le parti qu'elle devait tirer de l'étude du droit comparé, et, plus récemment, eu 1874, M. Acollas, de Berne, reprenait la même thèse (1). Un peu auparavant, M. César Daly établissait, devant la Société d'anthropologie, que l'architecture variait avec le génie propre de chaque race.
(1) L'anthropologie et l'élude du droit comparé, iiar L. Guillard, in Bull. Soc. d'anthrop., 2« série, vol. V. — L'anthropologie et le droit, par K. Acollas, in Bull. Soc. d'anthrop., 2<^ série, vol. IX.