MEDECINE
Fétis a proposé une classification de ces races d'après leurs systèmes musicaux (1). Les chants et les danses nationales, comme les mythologies, ont servi à retracer leurs origines. Enfui, les premières études sur les proportions du corps comparées et les premiers essais de crâniométrie sont dus à des artistes.
On comprend donc que l'anthropologie fasse appel à tous les hommes de bonne volonté, quelles que soient la direction de leurs études et la nature de leurs occupations habituelles. Tous, après une courte initiation^ peuvent avantageusement contribuer à ses progrès. Le mot seul, il faut Tavouer, effraye beaucoup de gens. Quelques-uns s'imaginent que c'est de la médecine.
L'anthropologie fut, en effet, d'abord tributaire de la médecine; de là elle passa aux naturalistes et, finalement, s'émancipa. Aujourd'hui, elles sont sœurs et vivent en bonne intelligence, mais demeurent foncièrement différentes.
La médecine s'attache à la machine humaine, l'anthropologie au groupe humain; l'une n'a qu'une pensée, un but : prévenir les maladies et les guérir; l'autre étudie l'homme, son origine et ses relations avec le monde vivant, sans se préoccuper des applications. Sur tous les points elles s'écartent. S'agit-il d'anatomie, la médecine s'occupe de l'organe dans ses rapports avec les parties voisines, dans une intention chirurgicale, ou de sa structure, pour mieux connaître sa fonction normale ou troublée : l'anthropologie n'y voit que des éléments de comparaison entre les races ou avec les animaux. S'agit-il de physiologie, de pathologie, d'hygiène ou de thérapeutique, toujours il y a divergence. Lune cherche dans le cerveau la façon dont s'éla-
(1) La classification des races, par Félis p'ere, in Bull. Soc. d'anthrop., 2» série, t. II, 1867.