‹ L'anthropologieChapitre 146 sur 209 · CIRCONFÉRENCE DE LA POITRINE · texte numérisé non relu

CIRCONFÉRENCE DE LA POITRINE

et du pied sur le vivant, comme celles des autres parties des membres sur le squelette, varient d'une race à l'autre, mais sans gradation, sans régularité, et sont peu favorables à l'idée d'une formation humaine unique. Chaque race a sa part de caractères inférieurs, dit .M. Wiesbach (1) et sa ressemblance aux singes n'est pas dévolue à certaines exclusivement ; il est vrai que M. AYiesbach ne songe qu'aux proportions de l'orang et que telle race peut fort bien se rapprocher par là d'une espèce anthropoïde et telle autre d'une espèce différente (2).

La circonférence de la poitrine, parmi les mesures du tronc, a été la plus étudiée. Ci-joints un certain nombre d'exemples; la première colonne donne la circonférence vraie et la seconde la même rapportée à la taille avec indication de l'auteur; nous ne saurions garantir que l'endroit où a été placé le ruban soit le même pour chacun.

Mesures Mesures

absolues, relatives, cent.

1080 Anglais (Hulchinsou ) . 93.9 54.0

628 — (Thompson) 90.6 53.0-

15] Néo-Zélandais (Thompson) 89.8 51.4

400 Français (Bernard) 87.9 53.0

100 Européens (Shortt) 84.7 50.3

25 Todas des Xiighiris (Shorttj 81.8 50.9

50 Tribus inférieures des Nilghiris (Shortt). 76.6 48.8

60 Mongols (Shortt) 78.8 43.1

15 Nègres de Fernando-Po (H. Thompson;. 95.2 56.3

Le dernier chiffre nous inspire quelques craintes. Le dia-

(1) Voir l'eise der ôsterreidtischen fregatte Novarra iim die erde in denJahren 1857, 1858, i8ô9 {Anthropologischer theil., par Dr. Scherzer, Schwarz et Weisbach. Wien, 1867).

(2) Voir pour les raensuralions sur le vivant : l'Anthropométrie de Quelelet, Bruxelles, 1870 ; Etudes sur soixante-seize indigènes de r Algérie, par Gilleberl d'IIercourt, Iq Mêm. Soc. antlvop., vol. III ,

TAILLi:. 3S1

mètre transvorse de la poitrine, ou mieux biacromial, a aussi été pris, notamment par l'expédition de la Novarra. Le diamètre antéro-postérieur également; de 200 millimètres sur vingtquatre Européens (Sappey) , il était de 181 millimètres sur douze Néo-Calcdoniens sensiblement de même taille (Bourgarel).

La taille ne peut bien s'apprécier sur le squelette; en revanche elle se mesure aisément sur le vivant et y fournit un caractère qui, analysé avec soin sur de grandes masses, conduit à d'intéressants résultats.

La façon la plus simple de la connaître dans un groupe humain consiste à la relever directement, ainsi que l'ont fait Quételet, MM. Beddoe, Hutchinson, A. -S. Thompson, etc.; mais il y a quelques règles à observer. En premier lieu il faut s'en teniràun sexe : la femme, suivant Quételet, est d'un seizième plus petite que l'homme ; ce dernier étant plus accessible aux mensurations, c'est lui qu'on préfère. En second lieu, il faut autant que possible ne prendre que des sujets arrivés certainement au terme de leur croissance, lequel varie d'une race à l'autre de vingt-trois à trente-trois ans. En général les races de petite taille parviendraient à leur maximum plus tôt, de même qu'elles présentent moins de différence entre l'homme et la femme. Trois cents Belges, âgés de dix-neuf ans, mesurés par Quételet, avaient 1™,660, trois cents de vingt-cinq ans, 1", 670, et trois cents de trente ans, 1",680. Dans la liste que nous donnerons tout à l'heure, les sujets sont tous adultes et masculins, la moyenne de Quételet et de Leiut y porte sur des sujets de trente ans; celle de M. Beddoe sur des sujets passé vingt-trois; pour le reste, il ne faudra pas se montrer trop exigeant.

Rapport sur la mensuration de cent indigènes de Biskra, par le docteur Seriziat, par P. Topinard, ia Bull, de la Suc. d'anlhrop., '2<= série, t. V, 1870; Sur les Kaby:es du Djurjura, par Uuhoussel, iu Mém. Soc. ulhnog , 1S7'2, etc.

Les variations de taille dans un même groupe sont d'autant moindres, bien entendu, que la race est composée d'éléments moins dissemblables sous ce rapport. Toute divergence un peu considérable y éveillera donc l'attention sur la possibilité d'un cas d'atavisme lointain ou l'existence de quelque élément nouveau de race à rechercher dans ce groupe. C'est à propos de ce caractère que M. Bertillon a institué sa méthode de la mise en série avec indication en regard de chaque mesure du nombre de cas qu'elle donne. Le plus grand nombre se concentrentils à un même niveau et leur diminution est-elle régulièrement progressive dans les deux sens, c'est que la race est pure ou que ses éléments croisés^sont bien fondus. Y a-t-il deux maximum nettement espacés de concentration, c'est qu'il y a deux races en présence, de taille différente, et plutôt juxtaposées que croisées. C'est ainsi qu'il est arrivé à cette conclusion, que les habitants actuels du Doubs sont la résultante de deux races anciennes, dont la taille moyenne aurait été l'une de l'",62o et l'autre de 1™,732. Les Burgondes, qui étaient de haute taille, répondent sans doute à la dernière.

Une autre façon d'étudier la taille dans un pays consiste à puiser dans les statistiques officielles sur les contingents mihtaires annuels, lesquels mettent de coté un certain nombre de sujets, les uns infirmes, les autres n'ayant pas la taille réglementaire, el donnent la moyenne des appelés par département. M. Broca a ainsi composé une première carte par départements pour toute la France et une seconde carte par cantons pour la Bretagne, établissant avec des teintes variées la proportion des exemptés par défaut de taille, laquelle était alors fixée à 1™,560. M. Boudin a dressé, d'autre part, une carte de la France par départements dans laquelle est indiquée la proportion des tailles dépassant 1",732 dans chacun des contingents. Leurs résultats se confirment, comme nous le dirons bientôt.

La liste ci-après, dressée d'après les autorités les plus sûres et de préférence d'après les cas où le nombre des sujets était indiqué, porte sur les moyennes de tailles suivant les races Nous y avons établi quatre divisions : la première de 1",700 et audessus, pour les tailles les plus hautes; la deuxième de i™,700 à l°',6oO, pour les tailles au-dessus de la vtoyenne; la troisième de l™,6o0 à 1™,600, pour les tailles au-dessous de la moyerme ; et la quatrième au-dessous de 1™,C00, pour h's plus pttiles tailles. De là quatre termes s'appropriant au langage courant et dont la valeur est rigoureusement déterminée.

HOMMES (moyennes).

Hautes tailles, de 1,700 et au-dessus.

48 Tehuelches de Patagonie (Musters) 1.777

10 Polynésiens i.Wilkes) 1 . 776

Nègres d'Angola, Congo (Hamilton) 1.752

147 Néo-zélandais (A. -S. Thompson) 1.746

Nègres Calebar de Guinée (W. Daniell) 1.727

78 Norwégiens (J. Hunt) 1.727

Todas des Nilghiris, Indes (Marshall) 1.727 '1)

5a Cafres Ama.vosa (Fritsh) 1.718

559 Ecossais (Beddoe) 1 . 708

10 Roumains (Weisbach) 1.702

38 Suédois (Beddoe). 1 .700

Tailles au-dessus de la moyenne, de 1,700 à 1,G30.

23 Vadagas de Nilghiris, Indes (Shortt) 1.694

9 Dombers (bohémiens de l'Inde) (Shortt) 1 C93

2431 .Xnglais (Beddoe) 1.690

1735 Irlandais (Beddoe) 1 . 690

(1) Les voyageurs s'accordent à donner une haute taille au.x Todas, ce qui nous a fait préférer ce ciiiffre à celui de M. Shortt, qui cependant indique le nombre sur lequel il a opéré. Chez l'un ou l'autre il y a

15 nègres du Femando-Po (Heywood Thompson) 1.689

300 Belges (Quetelet) 1.686

28 Danois (Beddoe) 1.685

180 Berbers (Algérie) (Topinard) 1,680

30 Allemands (Weisbach) 1.680

Charmas de l'Uruguay [d'Orbigny) 1.680

20 Slaves (Weisbach) 1 .675

50 Néo-Calédoniens (Bourgarel) 1 . 670

Australiens de Victoria (Stanbridge) 1.670

6 Korouglis (Gillebert d'Hercourt) 1 .665

7 Kirghis (Prichard) 1.663

Fuégiens, détroit de Magellan (d'Orbigny)... 1.663

Aïnos (Rosny) 1 . 660

60 Français (Tenon) 1.660

Français (Lélut). , 1.657

32 Arabes (Topinard) 1.656

15 Wakkanis de l'Hindou-Kho (Wood) 1 . 650

Toscans et Vénitiens ( Lombroso) 1 . 650

60 indigènes du Caucase (Shortt) 1 . 650

30 indigènes de la côte de Coromandel (Shortt). . 1.650

Tailles au-dessous de la moyenne, de 1,650 à 1,600.

100 Hindous de toutes castes (Shortt) 1 . 647

Karens de rindo-Chine (Mason) 1.640

Cinghalais de Ceylan (Davy) 1.638

34 Nicobariens (Weisbach) 1.631

26 Chinois (Weisbach) 1.630

Araucaniens et Botocudos (d'Orbigny) 1.620

Siciliens (Lombroso) 1,618

23 Tasmaniens (Robinson) 1.618 •

<?0 Finnois (divers)...: 1.617

11 Rutlkéniens ou petits Russes (Koperniçki)., . . 1.610

Sardes (Lombroso) 1.602

Quichas et .\ymaras du Pérou (d'Orbigny).. . . ) .600

erreur sans doute. Taille moyenne de 25 hommes lodas, 1,607, dit Shortt, et de25femmes, 1,550. Pour cesdernières, le chiffre de M. Marshall est sensiblement le même, 1,549.

Petites tailles, au-dessous de 1,600.

60 Mongols (Shortt) 1.397

Malais (Hamy) 1 . 397

33 Esquimaux (Sutherland) 1 . 383

Dayacs do Bornéo (Hougiitou) 1.374

lie de Pâques (Bâte) 1.370

Presqu'île de Malacca (Logan) 1 . 366

60 Tribus sauvages d'Orissa (Shortt) 1 .365

50 Tribus inférieures des Nilghiris (Shortt) 1.537

18 Lapons (divers) 1 . 333

Papous (B. Meyer) 1.537(1)

14 Veddahs de Ceylan (J, Bailey) 1 . 53G

Ilotteulots du Cap (Burchell) 1.524

15 Négritos divers (Hamy) 1.471

Négrilos de Lucon (B. Meyer) 1.443

Nègres .\kkas (Schweinfurth) 1.400 (2)

6 Boschimans (Fritsh) 1.444

Boschimans (Barrow) 1.371

1 Nègre Obongo du Gabon (du Chaillu) 1 . 37 1 (3)

Remarquons en premier lieu que la taille rentre dans la catégorie des caractères indifférents ou sans gradation dans les races. Être grand ou petit ne constitue un caractère ni de supériorité ni d'infériorité. Si les races blanches sont plutôt grandes et certaines races boréales ou nègres les plus petites de rhuraanilé, c'est fortuitement.

En Europe, les races blanches qui ont fait irruption de la Chcrsonèsc cimbrique et de la presqu'île Scandinave sont en

(1) A en juger par l'apprécialion d'autres voyageurs, ce chiffre serait trop faible. Peut-être M. Mayer a-t il opéré sur des Papous quelque peu croisés de négrito.

(2) Il ne s'agit pas des jeunes Akkas transportés eu Italie, mais de 1» moyenne de la tribu indiquée par M. Schweinfurth.

(5j C'est un jeune homme.

général grandes ; les brunes des bords de la Méditerranée sont au-dessous de la moyenne, mais parmi elles il y en a de grandes comme les Roumains, à coté de petites comme les Sardes.

En Asie la taille est sans aucun doute petite d'une façon uniforme. Au nord, là où sont les débris de ce qu'on appelait jadis la race hyperboréenne ; au centre, où se rencontrent les Mongols et les Chinois; au midi, où apparaissent les Malais et un substratum noir très-visible dans toute l'Inde, partout les races sont petites. Toutefois, on entrevoit çà et là un mélange avec quelque élément ethnique de haute stature. Faut-il l'appeler thibétain, dravidien ou touranien? Il est de fait que les tribus indigènes de l'Inde centrale et méridionale paraissent d'autant plus petites qu'elles sont plus sauvages, que l'élément aryen qui y a pénétré semble avoir été de moyenne taille et qu'il reste un élément grand avec lequel il faut compter ; témoin les jongleurs nomades appelés Dombcrs, les Vadagas, et, si nous ne nous trompons, les Todas des Nilghiris.

En Amérique, la taille s'élève d'une façon générale, quoique pour l'Amérique du Sud il y ait dans les trente-huit séries de d'Orbigny une divergence de 140 millimètres, allant à 187 si l'on accepte la moyenne de l'",777 pour les Patagons.

L'Océanie'se ressent à la fois du voisinage de l'Amérique et de l'Asie. L'élément polynésieny est grand, à quelques exceptions près, comme à l'île de Pâques, fait inattendu que nous aimerions voir confirmé, et c'est à lui probablement qu'est due la haute taille des Néo -Calédoniens. L'élément mélanésien y est double ; l'un, le Négrito, est fort petit, l'un des plus petits de l'humanité, et l'autre, le Papou, est grand, mais relativement et moins qu'on ne l'a dit. En Australie les choses se comportent comme si ces trois races, le Polynésien grand, le Papou moyen et le INégrito petit, s'y étaient associées. A Port-Jackson, au

Port-du-roi-CiCorges, les indigènes que rencontrèrent les premiers navigateurs étaient petits. Au nord-est et au centre, Cook, Lcichardt et tant d'autres, virent des sujets de haute taille. Les minimum et maximum observés y varient en somme de 1",1 iiO à 2",! 3.3 chez Thomme ; la moyenne de notre liste représente bien pour nous la taille de la race actuellement existante.

Mais où régnent les divergences les plus grandes, c'est en Afrique. Les Cafres sont fort grands, ainsi que bien des tribus de l'intérieur et de la côte de Guinée et du Congo. Les Boschimans sont très-petits, ainsi que quelques autres races encore peu connues. Les Hottenlots du Cap, notamment, tiennent le milieu.

Les Français ne sont représentés dans cette liste que par un nombre restreint d'individus, mais il porte sur des sujets de tout âge, réunis par le hasard, et la taille indiquée répond bien à ce que d'autres recherches font prévoir. Aucun travail de l'importance de celui de M. Beddoe n'a encore été entrepris dans notre pays ; mais d'autres y suppléent dont nous résumerons la substance.

De 1836 à 1864, soit vingt-huit années, la moyenne officielle fournie par les contingertts militaires après exclusion des sujets dont la taille était inférieure à l™,6o0 et des infirmes a varié de i™,647 en 1835 à l™,6o0 en 1838, et «la moyenne probable » calculée par M. Broca, de 1™,642 en 1836 à l^jôiQ en 18oû, la moyenne générale pour les vingt-huit années étant de' i'",649. Mais ce chiffre est augmenté en ce que les petites tailles en sont exclues et affaibli parce que les sujets ne sont pas parvenus au terme de leur croissance. Le nombre des exemptions pour défaut de taille a varié en effet dans cette phase de 162,3 environ en 1836, à 101,3 en 1864, par mille individus.

La question de la taille vraie, moyenne et maximum en France n'est donc pas rigoureusement résolue. On en peut dire autant pour les provinces. Cependant les travaux de M. Broca en donnent un bon aperçu. Ainsi le Doubs, dans le même espace de temps, n'a eu que 19 à 32 exemptions pour iOOO, tandis que la Haute-Vienne en a fourni 158 à 20". Le travail de Boudin exprime le même fait en sens inverse. Le nombre des jeunes conscrits dont la taille dépassait 1°',732 était de 30,6 pour 1000 dans la Haute- Vienne et de 16o,0 dans le Doubs, dans la période qu'il a observée. Sur la carte de M. Broca la Bourgogne et le département du Nord sont les départements où il y a le moins de petites tailles, les déparlements du centre ceux où il y en a le plus. Sur celle de M. Boudinée sont encore les départements de l'Est et du Sud qui fournissent le plus de hautes tailles, et ceux du centre le moins. Sur les deux, du reste, existe une même ligne de démarcation qui part de la frontière septentrionale de risère, décrit une courbe dont le sommet est sur la limite nord du Loiret et va aboutir à Granville, là où se touchent la Normandie et la Bretagne. Tout ce qui est au nord et à l'est de cette ligne comprend la race de haute taille ; tout ce qui est au sud et à l'ouest, à l'exception de quelques taches à l'embouchure de la l.oire, de la Garonne et du Rhône, appartient à la petite. Sur la carte particulière de M. Broca, de la Bretagne, un autre détail se dessine : les hautes tailles sont disséminées le long du littoral, particuhcrement à Ouessant, les petites occupent le centre. Le contraste entre les deux races voisines de la Bretagne et de la Normandie est rendu sensible par ce ^ait que la première donne 44,4 pour 1 000 seulement de tailles audessus de i'",732 et la seconde, 90,4, et cependant, comme nous venons de le voir, il y a déjà deux races en contact dans la Bretagne. Remarquons pour terminer qu'en pays basque la population figure parmi les tailles moyennes.

Les tailles extrêmes observées dans les races humaines portent d'une part sur les Patagons et de Tautre sur les Ncgritos d'Occanic et les Boschimans d'Afrique, en négligeant quelques auties peuplades nègres, comme les Akkas, sur lesquelles les renseignements sont insuffisants.

Parmi les voyageurs qu i ont procédé avec la règle sur les Tehuelches, ou Patagons par excellence, se trouvent Byron et Bougainville, qui leur donnent, le premier de 2", 123 à l™,98i, le second de 2°',0j7 à l'",840; Duclos Guyot, dont le plus petit avait 1™,813; Wallis, King et Musters, qui, chacun isolément, ont fixé leur moyenne à 1™,777. le plus grand étant pour King de 2»,006, pour Willis de i°',924 et pour Musters de 1™,930' D'Orbigny est le seul voyageur qui ait abaissé leur moyenne à l'»,730 (1), sa taille la plus élevée étant de i™,930. En présence d'affirmations réitérées si précises, il ne faut pas pousser trop loin la réaction contre les premières exagérations, il n'est pas douteux que les Patagons ne soient une race presque de géants et que d'Orbigny n'a pas été favorisé par le hasard. Quant à leurs femmes, suivant ce dernier, elles ont une moyenne de l'",620,et suivant Musters de 1™,G77; Tune avait même près de l'°,828.

Pour les Boschimans, deux voyageurs surtout sont à signaler: G. Fritsh, qui a mesuré six hommes et leur a trouvé une moyenne de 1^,444, et Barrow, qui a vécu au milieu d'un campement de cent vmgt indigènes. Le plus grand, dit-il, avait 1™,447 ; leur moyenne était de i",37i. Quant aux femmes, la célèbre Boschimane de Cuvier avait 1™,477 et passait parmi les siennes pour avoir une haute stature. La plus grande qu'ait mesurée Barrow avait 1™,320; sa moyenne clait de 1™,219; une entre autres, mère de plusieurs enfants, n'avait que 1™,143.

(I) Hutchinson a été plus bas encore cepeiiflaiil. Sa moyenne est de 1,625, el son maximum de 1,802.

11 en résulte que, entre la moyenne des hommes et des femmes, il y aurait une différence de 100 millimètres chez les Patagons et de 132 chez les Boschimans; ce qui, rapporté à la taille dans chaque série, donne une différence double dans la petite race, et cependant les 5 Boschimanes mesurées par Fritsh dépassent ses 6 hommes de quelques millimètres.

Ci-jointe, pour terminer, la liste des tailles au-dessous de l,bOO signalées chez la femme :

30 Esquimaudes (Suthorland) 1.481

3 Chinoises (Novarra) 1.475

8 Javanaises — 1.461

12 Veddahs (J. Bailey) 1.448

o Boschimanes (Fritsh) 1.448

5 Obongos (du Chaillu) - 1.428

5 Laponnes (divers) 1.421

12 Kurumbas des Nilghiris (Shortt) 1.377

Boschimanes (Burchell) 1.371

— (BaiTOw) 1.219

Il est regrettable que nous n'ayons pas de mesures de la femme négrito. Tout pesé, notre conclusion se maintient, que jusqu'ici les Boschimans, puis les Négritos sont les plus petits de l'humanité.

Les caractères suivants, pour lesquels il faut s'en remettre aux \oyageurs, en ce qui regarde les pays lointains, mais que les anthropologistes ont étudiés aussi dans nos contrées, sur un nombre suffisant d'individus, sont nombreux. Nous avons déjà dit les difficultés que présente leur observation. Nulle part il n'est plus fréquent de voir un jugement personnel, variable avec les dispositions de l'esprit, à la place d'une appréciation précise. Le même voyageur, arrivant pour la première fois au contact d'une peuplade, en dépeindra les individus sous les couleurs les plus affreuses, et, quelques pages plus loin, après avoir vécu avec eux, sous un aspect très-favorable. On ne

Page 1