APPLICATIONS
Buflbn avaient -ils un but en portant leurs investigations sur le roirne animal? Newton méditant sur le problème de la gravitation universelle etCuvier fouillant les entrailles de la terre, on avaient-ils davantage? Pasteur réfutant la théorie de la génération spontanée, se pi'éoccupait-il des avantages que l'industrie allait en tirer? Non, la vraie science, celle qui conduit aux résultais les plus brillants, est désintéressée. Connaître, élargir le champ de la pensée humaine, satisfaire à une légitimecuriosité, voilà son unique mobile. Les applications viennent ensuite et se présentent d'elles-mêmes. Quelle autre science en l)romet davantage d'ailleurs. N'est-ce pas nous-mêmes qu'elle étudie, nos actes, nos besoins?
Cependant il est facile de donner dès à présent quelques exemples de son côté pratique.
Les premières sociétés se rapportant à l'anthropologie furent fondées en vue de l'abolition de rcsclavage; à Londres, elles contribuèrent puissamment à ce résultat. Les mêmes sociétés mirent en relief un fait capital que les écrits de Walter Scott, des deux Thierry et de W. Edwards vulgarisèrent : c'est l'influence considérable que les races et leurs caractères propres exercent sur l'évolution des peuples. L'histoire éclairée par l'anthropologie revêt ainsi une physionomie nouvelle, les causes et les effets y sont mieux expliqués et l'idée anthropologique remplace l'idée théologique des siècles passés (1).
Les peuples civilisés vont aujourd'hui se substituant aux races sauvages ou s'imposant à des races moins belliqueuses. Pour réussir, ils ont à choisir entre deux systèmes : les anéantir ou les rallier. Le second n'est réalisable qu'à la condition de comprendre leur génie propre, leui-s aptitudes et jusqu'à la nature de leur
(1) W.-F. Edwards, Des caractères physiologiques des races humaines, considérées dans leurs rapports avec l'histoire. Lellre à M. Amédée Ttiicrry, en 1829 in Mém. Soc. ethnol., t. L