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UNIONS CONSANGUINES

pour sa part, remarque qu'eu France la population a augmenté depuis que la révolution a mélangé les classes constituées à l'origine par les vainqueurs et les vaincus.

Unions consanguines. Notre conclusion sur les croisements était que les chances de fécondation entre deux individus sont d'autant plus grandes qu'ils sont de races plus rapprochées. En la poussant à ses dernières conséquences, il en résulterait que dans une même tribu ou dans une même famille les plus proches doivent être les plus féconds. Mais il semble que dans ce cas il faille distinguer la quantité de la qualité du produit. Les éleveurs qui choisissent leurs sujets dans un certain but et opèrent in and m, c'est-à-direentre proches parents, obtiennent rapidement de beaux résultats; mais ils savent qu'alors la fécondité diminue et qu'elle finirait par s'éteindre si de temps à autre ils n'avaient recours à des croisements étrangers pour retremper en quelque sorte la race. Fécondité extrême et supériorité de races seraient donc deux termes contradictoires ; ce qui consolera ceux qui prétendent, mais à tort, que la fécondité des Français diminue. Mais en est-il de l'homme comme des animaux?

La question des unions consanguines a été débattue à la Société d'anthropologie par Boudin, MM. Daily et de Ranse. La cécité, la rétinite pigmentaire, l'albinisme, Tépilepsie, l'idiotie, l'aliénation mentale, la stérilité, la scrofule, l'avortement, le bec-de-lièvre, la surdi-mutité sont plus fréquents dans les unions entre proches, avait-on dit. 11 fallait répondre par des faits. Le docteur Voisin alla étudier au bourg de Batz, dans la presqu'île du Croisic, une population isolée dont les membres ne se marient qu'entre eux. Sur 46 mariages entre germains ou issus de germains, il trouva 174 enfants dont aucun ne présentait l'une des infirmités ci-dessus ; la conclusion était forcée : les unions consanguines, même superposées, nont pas le moindre inconvénient. D'autres faits ont été obser-

"vés par M. Ferrier àPauillac (Gironde); par M. Gubler à Gaust, dans les Pyrénées ; par M. Daily à Tile de Bréhat (Côtes-du- Nord) ; par le docteur Duclieniie, de Boulogne, au Portel ; tous se conlirmant. Au-delà des mers, un seul exemple suffira: les ïodas des Nilghiris se marient tous entre eux et sont parents à tous les degrés les plus enchevêtrés, et cependant la race se maintient depuis un nombre inconnu de siècles l'une des plus belles de l'Inde.

Somme toute, il paraît acquis que les unions entre cousins germains et issus de germains donnent de bons résultats quand les deux sujets sont sains, et que dans le cas contraire, les prédispositions morbides s'additionnant, les effets s'en font sentir proportionnellement sur les enfants. Quant aux alliances entre ascendants directs et parents au même degré, la question est à résoudre; remarquons seulement que les législateurs des pays civilisés ne les ont interdites que dans un but de morale et d'utilité sociale.

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