CAUSES DE L EXTINCTION DES RACES
Sous une formule nioins brutale la cause est la même toutes les fuis qu'une race va en diminuant progressivement. Celle qui sait le mieux tirer parti des ressources du pays a l'avantage si l'autre ne suit le mouvement. Les Arabes sont vivaces en Arabie parce qu'on ne leur dispute pas le terrain ; ils décroissent en Algérie parce qu'il y a concurrence et qu'ils ne peuvent y continuer aussi bien leur vie pastorale ; d'instinct ils reculent dans les sables du Sahara, comme les Américains dans les montagnes Rocheuses. Les Berbcrs, auxquels notre civilisation convient, prospèrent au contraire. En somme, c'est la loi d'adaptation aux milieux, quelle que soit leur nature, physique ou morale, et le mécanisme du progrès.
L'accroissement régulier de la population dans la proportion où il se produit dans l'Europe actuelle ne s'observe, du reste, ni à l'état sauvage comme chez les nègres d'Afrique, ni à l'état barbare comme dans l'Europe avant notre ère. Dans ces deux cas, le chapitre des morts prématurées, |par accident, meurtre ou maladie qu'on aurait pu éviter, est considérablement augmenté, et le mouvement entre la mortalité et la natalité est en réalité stationnaire, à part quelques oscillations légères en hausse ou en baisse. En pleine Afrique, aujourd'hui, là où l'Européen n'a pas pénétré, spontanément, sans guerre, sans changement dans les conditions extérieures, il y a des peuplades nègres qui s'éteignent. 11 n'est donc pas étonnant qu'une circonstance défavorable venant à s'ajouter, comme l'obligation de se plier brusquement à de nouvelles habitudes, l'équilibre soit décidément rompu, et que la mortalité pienne le dessus. Du train dont les peuples européens se multiplient aujourd'hui, grâce aux progrès de l'hygiène, la terre sera bientôt encombrée à leur profit.
11 y a cependant des causes de destruction des races qui ne rentrent pas dans cet ordre d'idées. Les Esquimaux refou-
lés au nord s'éteignent parce que l'existence est difficile dansées parages; les Anglais meurent aux Indes parce qu'ils ne s'y acclimatent pas ; les Guanches ont été exterminés jusqu'au dernier par les Portugais, et les Tasmaniens par les Anglais.
P.'irrai les races les plus célèbres éteintes naturellement et récemment, citons : les Charruas, les Caraïbes, les noirs de la Californie et, parmi les premières à disparaître : les indigènes de rUe de Pâques, les Kamtchadales, les Esquimaux, les Makololos, etc.