‹ L'anthropologieChapitre 178 sur 209 · TRADITION · texte numérisé non relu

TRADITION

serait kyrarique dans le Nord, celtique dans le Centre et sans doute la plus analogue aux autochthones, du moins aux ancêtres que nous révèlent les grottes des Pyrénées et du Périgord dans le Midi.

La tradition intervient fréqueniment là où l'histoire véridique cesse. Celle-ci, à ses débuts, n'est souvent même que la tradition transcrite. Telles furent les sources où puisèrent les premiers historiens, Hérodote, Moïse, etc. Les vingt mille vers du poëme finnois, le Kalavela, furent pendant de longs siècles conservés oralement avant d'être définitivement rassemblés et transcrits par E. Lonnrot en iSoO. Encore les divers morceaux qui sont entrés dans cette compilation, sont-ils bien peu antérieurs à l'introduction du christianisme dans les contrées du nord (neuvième au douzième siècle). L^'Iliade a pour fondement quelque tradition concernant les rapports des ancêtres des Grecs avec l'Asie Mineure vers la fin de l'époque du bronze. Le Ramayana et plus encore le Mahabharata retracent, en termes prolixes et souvent magnifiques, les exploits des premiers conquérants dans l'Inde occupée par des indigènes figurés avec des tètes de singe. Les migrations des Polynésiens, de l'ile Borotou, ou Bourou, vers les diverses îles du Pacifique, ne nous sont connues que par les chants nationaux et les traditions locales recueillies dans chaque île et réunies en un tout. Nulle part les traditions ne doivent être méprisées. Lorsque les Aïnos se représentent venus de l'Ouest, en compagnie d'un chien, et que les Tehuelches de Patagonie assurent être venus de l'Ouest aussi, malgré la distance prodigieuse qui les sépare de toute terre de ce côté, cela doit donner à réfléchir.

Les migrations les plus étonnantes sont du reste possibles. Lyell soutenait que l'homme le plus sauvage, porté sur un point quelconque du globe, finirait par l'envahir en entier. Par terre rien n'est plus simple : les fleuves, les montagnes, les forêts, les ma-

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