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ARCHÉOLOGIE

rais, les déserts, il les franchit; sur mer, des îles relient le plus souvent les points éloignés. C'est ainsi que par le Kamtchatka, les îles Alooutiennes et l'Alaska, ou bien directement par le détroit de Behring, les Ulsquimaux ont pu aisément pas-cr en Amérique. C'est ainsi que de l'Asie au centre de l'Océanie, il y a deux chemins, l'un par l'île Formose et les îles Philippines qui mène dans la Nouvelle-Guin(;e et jusqu'aux îles Fidji, l'autre par la presqu'île de Malacca et les îles de la Sonde, qui conduit en Australie et en Tasmanie. A défaut d'îles formant des passages comme ces pierres que l'on jette en travers d'un ruisseau, pour y poser le pied, les vents et les courants lui viennent en aide. Parfois ils sont contraires, il est vrai, et plutôt des obstacles, mais les vents se renversent fréquemment à de certaines époques de l'année et plus ou moins près des seconds, il règne toujours quelque contrecourant. Le Gulf-stream du Mexique, et le courant équatorial du Pacifique ne font pas exception > ils entraînent, mais par des contre-courants, ils ramènent absolument comme dans nos rivières. Si peu accessible, ou perdue au miUeu de l'Océan, que paraisse une île solitaire , toujours le hasard, aussi bien que la volonté de l'homme, même inexpérimenté, peut lui amener des visiteurs. C'est ainsi que des barques venant des îles Mariannes ont atterri aux Carolines, situées à 600 kilomètres. Les traditions, plus encore que l'histoire, nous fournissent une foule d'exemples analogues.

L'archéologie apparaît, lorsqu'enfm histoire et tradition font défaut, non pas celle qui se donne pour mission de retrouver les traces d'événements connus, comme la retraite des Dix- Mille en Asie Mineure, le séjour des Romains dans la Grande-Bretagne ou le passage de la mer Rouge par les Hébreux, mais celle qui s'attache aux populations sur lesquelles tout renseignement écrit ou oral manque et recherche leurs usages, leur industrie, leur commerce et la façon dont la civili-

sation et la connaissance des métaux leur sont venues. Cette archéologie donne ici la main au préhistorique. Par leur association elles nous font connaître les dolmens européens, et l'usage funéraire auquel ils étaient destinés, dispersés non loin des côtes, des pays du nord jusqu'en Algérie ; les grottes qui les remplacent dans les endroits où il s'en trouvait naturellement, ou bien où les roches étaient crétacées et d'un creusement facile ; les tumuli qui s'échelonnent de l'est à l'ouest en travers de l'Europe ; les tumuli de la Sibérie étudiés par MM. Meunier et d'Eichthal, puis par M. Desor ; ceux de l'Amérique septentrionale ; les constructions dites pélasgiques de la Méditerranée ; celles de la Cafrerie, de l'Arabie; les monolithes représentant des figures humaines dans l'ile de Pâques ; les terramares de l'Italie ; les djokkenmœddings ou débris de cuisines dispersés à proximité des côtes de l'Océan, en Europe, en Patagonie, comme aux îles Andaman ; les palafittes des lacs de la Suisse, etc.

A l'archéologie proprement dite revient, dans cette énuméralion, ce qui relève spécialement de l'âge des métaux, et au préhistorique, ce qui concerne les deux âges de la pierre, le néolithique, ou de la pierre polie, et le paléolithique, ou de la pierre taillée.

Nous nous étonnions tout à l'heure des changements qui pourront s'opérer en trois ou quatre mille ans dans les races actuelles, et nous nous représentions ainsi ceux qui ont dû se produire dans les dernières trois ou quatre mille années écoulées. Ce laps de temps se réduit cependant à bien peu de chose, en comparaison du nombre indéfini de siècles qui ont précédé. L'une des premières dates de l'histoire, fixée avec précision par M. Henri Martin, est l'année loOO environ. Les Annales égyptiennes font mention alors d'un peuple blond, venu du Nord, apparition qui coïnciderait avec le passage des Celtes en Espagne. Ce ne devait être, toutefois, que l'une des

dernières poussées du même peuple vers le Midi. Les dolmens de l'Algérie témoignent qu'auparavant des invasions de proche en proche dos mêmes populations s'étaient déjà produites. Quelques-uns de CCS dolmens renferment du fer et même des médailles historiques ; d'autres, en plus grand nombre, ne contiennent que dos instruments en silex poli. 11 est donc présumable que la fin de Tàge de la pierre polie s'est opérée en Algérie à peu près à l'époque de la dernière invasion du peuple blond, signalée par les Egyptiens.

On pourrait donc fixer cette terminaison en Afrique vers l'an 2000 environ. Mais l'Afrique était plus près de quelquesunes des voies commerciales d'où provenait le fer. 11 est donc vraisemblable que cette fin doit être reculée davantage dans l'Europe occidentale.

Quoi qu'il en soit de sa terminaison, la durée de l'époque de la pierre polie ou néolilhique a été fort longue. Elle a suffi pour couvrir l'Europe, de la Scandinavie à Gibraltar, de monuments mégalithiques, de grottes funéraires et d'habitations ; de gros événements s'y sont produits, des invasions; des races nouvelles y ont surgi, qui ont eu le temps de se croiser avec les autochthones et d'y former des races métis, presque aussi variées déjà qu'aujourd'hui. Et cependant cette durée n'est rien à côté de celle de l'âge de la pierre taillée ou puléoliihique qui l'a précédée.

Au début de cette période lointaine, l'ours des cavernes, le mammouth, le rhinocéros aux narines cloisonnées habitaient la totalité de la France. Un grand abaissement de température avait favorisé leur émigration du Nord, sans doute, et refoulé vers le Midi ou fait périr une partie des espèces qui les avaient précédés. Une première fois, les glaciers avaient pris une grande extension dans notre pays, une élévation relative de température avait suivi et aidé au développement de la flore et

de la faune, puis étaient survenus un second refroidissement et une seconde extension de glaciers. L'homme chassait les grands animaux précédents; c'était Vâge du mammouth. Mais ceux-ci vinrent à diminuer et le renne, au contraire, à se multiplier an abondance; ce fut l'âge du renne. Une civilisatioa relative, des goûts artistiques apparurent particulièrement dans le Périgord et les Pyrénées, Thomme était sédentaire et n'avait rien, par conséquent, des races mongoles, ce que prouvent aussi ses caractères physiques. Enfin le sol se réchauffa progressivement, les rennes gagnèrent le Nord, le bouquetin et la marmotte le sommet des montagnes. Pendant cette phase considérable et surtout à son commencement se creusèrent nos vallées. Le lit de la Seine, dont quelques lambeaux sont encore visibles à ATontreuil, était à 55 mètres d'altitude ; ce sont ces dépôts que l'on a appelés les anciens niveaux. Le lit, plus tard, descendit à 25 mètres environ, déposa les alluvions les plus inférieures de Grenelle, puis se remplit pour former les berges actuelles. Que l'on calcule l'intervalle qui a dû s'écouler entre ces divers niveaux !

Au temps du mammouth, connu plus particulièrement par les débris d'animaux et les silex taillés laissés dans les alluvions des rivières, l'homme ne fabriquait que des instruments en pierre assez grossiers et affectionnait les formes dites du type de Saint-Acheul, si abondantes dans la vallée de la Somme. Au temps suivant, dit intermédiaire, il préféra les forrhes dites du Moustier et se plut à habiter les cavernes d'une manière plus générale.

Plus tardj c'est-à-dire à l'époque du renne proprement dite, la vallée de la Vézère, en particulier, montre le progrès parcourant des phases régulières. Au lieu d'instruments lourds €t massifs, on se sert de petits éclats, de pointes emmanchées à l'extrémité d'une javehne ou fichées à la façon de nos burins

dans une tige de bois. Ensuite on utiUse les os et bois de rennes pour fabriquer des ustensiles à la fois plus commodes et plus gracieux. Sur d'autres points de la France, comme à Excidouil, à Solu:ré, dans les Pyrénées, lindustrie de la taille du silex continua néanmoins à se perfectionner, et les formes en fouillcscle laurier, à bords finement retouchés, les hameçons et scies devinrent communs. C'est alors que dut apparaître l'art de polir le silex, peut-être brusquement et apporté par une nation conquérante, mais peut être aussi peu à peu et par l'application à la pierre du polissage que l'on pratiquait déjà sur les os. Cette double époque du mammouth et du renne a donc été considérable. Et cependant du mammouth jusqu'à nous, l'intervalle n'est presque rien à cùté du temps pendant lequel l'homme a vécu auparavant. La température, à linverse de la période suivante, était alors plus chaude en Europe qu'elle ne l'est aujourd'hui. L'homme, dont les silex taillés ont été trouvés dans les sables pliocènes de Saint-Prcst, chassait Véléphas meridionnlis, les rhinocéros elruscus, Merckii, et leplorhinus. Celui des faluns de Pouancé, à la fin de l'époque miocène, combattait les mastodontes et l'halithérium, il connaissait le feu. On en sait moins de son anrètre qui fabriquait les silex trouvés par l'abbé Bourgeois à Thenay, dans le miocène inférieur, au-dessous des calcaires de la Beauce. Mais son existence à cette époque relativement peu éloignée du moment où s'étaient déposés les calcaires de Meudon ou le grès de Fontainebleau, est désormais un fait acquis à la science. Ses instruments on les possède ; ils accusent une intelligence médiocre, mais les restes de l'homme même nous manquent; jusqu'ici les archéologues, ou mieux les géologues, n'en ont pas mis au jour le moindre ossement. Toutes ces questions seront, du

(I) Cbama ETirNicA. Les crânes des races humaines décrits par M.M. de Qualrefages el E.-T. Hamy. Paris, 1875-75.

reste, traitées à fond dans le volume de la Bibliothèque des sciences contemporaines sur Varchéologie jjréhistorique, par M. Gabriel de Mortillet.

Races préhistoriques. — La paléontologie humaine ne commence qu'avec l'époque postpliocène ou du mammouth ; les échantillons en sont peu nombreux et se prêtent mal à une généralisation. ]\IM. de Quatrefages et Hamy n'ont pas reculé cependant devant cette tâche ingrate (1). Réunissant les fragments de crânes masculins de Canstadt, d'Eguisheim, de Brux^ de Denise et du INéanderthal, et de crânes féminins de Straen-

Fig. 45.— Calotte crânienne, vue du profil du Néanderthal (époque du mammouth).

genœs, de TOlmo et de Chichy , ils sont parvenus à leur découvrir quelques caractères communs ; savoir : la dolichocéphalie, un abaissement remarquable de la voûte du crâne ou platycéphalie, une grande inclinaison du frontal et un développement marqué des arcades sourcilières. De toutes ces pièces, la plus saisissante est celle du Néanderthal, et, à sa suite, la mâchoire de la Naulette. Lorsqu'on a quelque habitude des crânes d'anthropoïdes, la pensée qu'elles éveillent aussitôt est celle d'une grande ressemblance avec eux. Le Néanderthal surtout rappelle bien une calotte crânienne de gorille femelle, qui serait

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brisée de même, ou encore le crâne amplifié d'iiii hylobate; ses arcades sourcilicres sont toutes simiennes, et cependant c'est bien un crâne humain ; sa capacité, estimée à 1 200 centimètres cubes, lève à elle seule tous les doutes. La mâchoire de la Naulette est non moins célèbre par reffacement des tubercules géni et de la saillie du menton et par son prognathisme du corps même de l'os, prognathisme dont on a vu d'autres cas analogues dans les races humaines actuelles, mais aucun à ce degré. Deux faits, toutefois, ne permettent pas une affirmation.

Les caractères du Néanderthal se retrouvent sur la plupart des autres pièces rassemblées par MM. de Quatrefages et Hamy et auxquelles ils donnent le nom générique de race de Canstadt, mais atténués. Il ne serait donc pas impossible que ce sujet ne fût de son temps une exception, un cas d'atavisme, et le représentant, moins d'une race de l'âge du mammouth que d'une de celles des époques pliocène ou miocène. H en est de même, à coup sûr, des fameux Namaquois du Muséum, à prognathisme inouï, quoique nés au sein de la race hottentote ; ce seraient des représentants d'une race antérieure éteinte de l'Afrique.

Les changements météorologiques et géologiques qui se sont produits à la fin des époques miocène et pliocène, permettent aisément de concevoir que la plupart des hommes de Thenay et de Pouancé aient succombé et qu'un petit nombre seulement, les plus capables de se soustraire aux causes de destruction, aient survécu. Aujourd'hui les races inférieures disparaissent, tandis que les races supérieures se multiplient ; c'est un fait, quelle qu'en soit l'expUcation, contre lequel il n'y a pas à lutter. A cette époque prodigieusement éloignée, il y avait aussi nécessairement des races inférieures et des races relativement supérieures, la même loi devait exister. Il se peut donc, tout en admettant que le Néanderthal soit une exception, qu'il

représente l'une de ces races, relativement inférieures, disparues. Il aurait été à l'époque du mammouth, par rapport aux races antérieures, ce que sera dans trois mille ans une tribu ou un individu, indien ou nègre, par rapport à nous.

Que le Néanderthal ait réellement représenté une race de son époque ou seulement une race antérieure, l'une et l'autre étaient-elles l'homme dans le sens que nous attribuons à ce mot? Autrement dit, lui et ses ancêtres avaient-ils la parole? Nous savons déjà que l'homme du miocène supérieur savait faire du feu. En un mot, la race du Néanderthal était-elle plus près de l'un des anthropoïdes connus ou inconnus que de nous? Nous nous bornons à poser la question.

Les restes paléontologiques de l'époque suivante, ou âge du renne dans l'Europe occidentale, ont encore été étudiés parles auteurs des Crania elhnica, qui lui donnent le nom de raœ de Cro-}Jagnon, en prenant pour type les sujets exhumés de la grotte de ce nom dans le Périgord par Christy et Lartet. Relativement à la race de Canstadt, ils semblent d'hier ; en fouillant nous-mème, en 1S72, quelques endroits non touchés de la grotte de Cro-Magnon, nous vivions avec eux. Leurs caractères essentiels sont les suivants, d'après MM. de Quatrefages et Hamy. Comme les crânes de la race de Canstadt, ils sont dolichocéphales ; leurs autres caractères différent; ils ont un front élevé, large, bien développé au-dessus de crêtes sourcilières de volume moyen, une voûte plutôt exhaussée et une belle courbe crânienne se continuant avec régularité du front jusqu'un peu au-dessus du lambda à partir duquel elle s'infléchit, pour former un méplat qui se prolonge sur la région sus-occipitale. En outre, les bosses frontales, comme écrasées dans la race précédente, sont ici saillantes et élevées. D'autre part, la face est large et courte par rapport à la longueur maximum du crâne, les orbites sont profondes, parallélogrammes et ont

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un indice de G I , le plus faible observé. Quant au prognathisme, il est considérable dans sa portion sous-nasale, chez le vieillard de Cro-Magnon, savoir de 62°, 8 d'après notre mensuration,. autant que le nègre le plus prognathe.

Fjg. 46. — Crâne du vieillard de Cro-Magnon, Eyzies (époque du renne).

En rapprochant ce dernier trait du prognathisme correspondant présenté par les autres pièces du même groupe formé par MM. de Quatrefages et Hamy, il est permis toutefois de croire que ce vieillard était une exception sous ce rapport dans sa race. L'un des crânes de Grenelle nous a donné au contraire l'un des plus faibles prognalhismes constatés par nous, savoir : Se^jT. Quant au maxillaire inférieur, la saillie que présente son éminence mentonnière est considérable et fait un contraste

avec l'efTacement absolu de la même partie sur la mâchoire de la Naulette.

La race de Cro-Magnon, à en juger par les os que nous en possédons, était de haute taille, robuste et présentait les caractères du squelette déjà indiqués, savoir: le tibia platycnémique, le péroné cannelé à sa face antérieure, Tépaississement en colonne de la ligne âpre du fémur, la courbure du quart supérieur du cubitus.

A la suite de la race de Cro-Magnon, les auteurs des Crania flhnica décrivent dans l'Europe occidentale quelques types de répoque paléolithique moins répandus : le type brachycéphale représenté par le crâne découvert à la Truchère, près de Lyon, dans un gisement à elephas primigenius et par deux ou trois autres crânes rencontrés à Grenelle, près Paris, dans les alluvions des moyens niveaux, au-dessus des dolichocéphales des races précédentes; le type mésaticéphale et le type sous-brachycéphale, décrits sous le nom de race de Furfooz, et trouvés dans des gisements postérieurs à ceux de Cro-Magnon.

11 nous reste à résumer les résultats auxquels conduisent les diverses communications de M. Broca sur la région qui nous intéresse davantage à ces époques, notre propre pays.

Lorsque les admirables découvertes des linguistes eurent établi la parenté et la filiation des langues indo-européennes, on se laissa aller à croire que l'Europe avait été peuplée, comme nous le disions plus haut, par des immigrants partis de la région de TAsie où l'on découvrait les restes les plus voisins de la souche linguistique commune. Diverses considérations trèslégitimes firent admettre en outre que ces immigrants avaient apporté avec eux l'usage des métaux, la religion, etc. Mais deux langues que parlaient deux petits groupes de populations échappaient à la loi générale, les Finnois et les Basques. Retzius, constatant que les premiers étaient brachycéphales.

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s'imagina que les seconds l'étaient aussi, et remarquant que les Suédois, autour de lui, étaient dolichocéphales, formula sa célèbre proposition, que la race autochthonc de TEuropc était brachycéphale, et celle venue après coup dolichocéphale. Peu à peu cependant les faits se multiplièrent, et M. Broca prouva que les Basques sont dolichocéphales et non brachycéphalcs, que les crânes découverts dans les gisements les plus anciens de l'Europe sont dolichocéphales et enfin, que la proposition de Retzius doit être renversée, les plus anciens habitants de l'Europe étant des dolichocéphales et ceux survenus ensuite dos brachycéphales. Ainsi la plus antique race de France, figurée par les trois crânes de Cro-Magnon, les deux de Laugerie, les trois des niveaux moyens inférieurs de Grenelle, avait un indice céphalique dolichocéphale de 73 à 73. Ainsi encore la race de la caverne de l'Homme-Mort, qui a toute la physionomie de celle de Cro-Magnon, a 73.22 en moyenne.

Quant à l'époque précise où les brachycéphalcs auraient pénétré dans l'Europe occidentale, la question n'est pas résolue. Quelques petites bandes au crâne ronrl ont pu cà et là faire une trouée dès l'époque paléolithique, mais par grandes masses ils ne seraient venus que plus tard. A la fin de la pierre taillée, à Solutré par exemple, M. Broca constate déjà l'existence de deux races réunies, l'une dolichocéphale, ayant les traces de la race de l'Homrae-Mort, l'autre sous-brachycéphale, se rapprochant de la race de Furfooz. En Angleterre les faits se précisent ; il existe dans ce pays deux sortes de dolmens : les uns longs, appelés long-barroics, ne contenant que des instruments en pierre polie et des crânes pour la plupart franchement dolichocéphales; les autres ronds et d'une construction différente, les round-barrows, renfermant du métal et un grand nombre de brachycéphalcs associés à des dolichocéphalesde la race précédente et à des mésaticéphales issus du croisement sansdoute des deux.

La date de leur iavasioii en Angleterre est donc fixée ; ils y seraient venus à la fin de la pierre polie, en apportant les métaux. Mais y sont-ils arrivés directement ou en passant par la France? La traînée que les brachycéphales ont laissée de la frontière suisse à la pointe de laBretagne ferait pencher pour le second cas. On peut admettre, en somme : 1° que les plus anciens habitants de la France étaient dolichocéphales ; 2'' qu'un petit nombre de brachycéphales se sont glissés ensuite parmi eux, mais sans en altérer le fond ethnique; 3° que l'immigration de ces derniers s'est accentuée vers la fin de l'époque paléolithique en se limitant à certains points du territoire, comme le Maçonnais ; 4° qu'il dut alors se faire par le nord une invasion qui apporta la coutume d'ensevelir dans des dolmens ou des grottes collectives, mais qui, dolichocéphale ou numériquement très-inférieure, laissa à la population son caractère dolichocéphale, un; peu amoindri cependant (indices dans les dolmens au voisinage de Paris, 73.01, dans les grottes de la Marne, où déjà elle est moins pure, 77.78); 5° qu'enfin, l'invasion des brachycéphales déjà commencée par l'est, et se faisant vraisemblablement par deux courants, l'un au-dessous, l'autre au-dessus du massif alpin, priL de plus grandes proportions à la fin de la pierre polie, traversa le centre delà France de part en part et s'y croisa avec l'antique race autochthone pour y donner naissance à la race nouvelle historique que nous décrirons plus loin sous le nom de type celte.

Toutes ces questions relèvent de l'anthropologie pure et surtout de la craniométrie ; mais la recherche de leurs éléments, la détermination de l'âge et des circonstances des gisements, la découverte des restes d'industrie et autres médailles de ce passé lointain sont du domaine du préhistorique et souvent de la géologie. Qu'est-ce que la géologie d'ailleurs, sinon l'archéologie de la terre et de ses habitants?

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