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TYPE MONGOL

orbitaire considérable. La face dans son ensemble est aplatie, comme écrasée dans toutes ses parties, et plus large à la hauteur des pommettes qui sont relevées en haut et en dehors, par leurs bords externe et antérieur.

Nous ne reviendrons ni sur la description du crâne mongol qu'a donné Prichard, ni sur le degré de visibilité de ses arcades zygomatiques,. d'après le procédé de Blumenbach. Bornonsnous à rappeler que les caractères désignés il y a quelque temps sous le nom de mongoloïdes, et qui ont donné lieu à une doctrine jugée, ne se rencontrent qu'à titre d'exception, et non comme fait général. Leur angle pariétal est moitié moindre que celui de Néo-Calédoniens (voir pages 230 et 31 1).

Les indications suivantes sont bien plus constantes : l'aplatissement du squelette du nez dans son ensemble , l'aplatissement et l'élargissement de Tintervalle des orbites, la mésorhinie, reffaceraent du bord inférieur de l'ouverture nasale antérieure, qui se dédouble en deux lèvres (1). Il nous est arrivé à ce seul signe de reconnaître une mâchoire supérieure de Chinois. Le nez sur le vivant est petit, épaté, concave ou arrondi du dos, trèsanalogue à celui du nègre par la disposition des narines et le peu de consistance des cartilages de la base; mais il est petit, fin d'une manière générale, tandis que celui du nègre est grossier.

Une autre série de caractères est tirée des yeux. L'axe des paupières, est obliquement dirigé en haut et en dehors. A son angle interne se voit un repli vertical falciforme; à son angle externe, une sorte de dédoublement transversal de la paupière supérieure qui couvre un peu l'œil, ce qui semble tenir à la petitesse delà fente palpébrale. Les yeux à iris noir en paraissent

(I) Voir p, 655-659 du Prognathisme alvéolo-sous-nasal, par P. Topinard, in Revue d'anthrop,, t. I, 1872.

d'autant plus petits. Les orbites reflètent cette disposition. Dans les autres types, leurs grands axes se réunissent sous un angle obtus ouvert en bas; chez beaucoup de Mongols, l'angle disparaît presque, ou bien les axes sont parfaitement horizontaux (voir page 373).

Les races jaunes sont, d'une manière générale, très-prognathes (76 à G8 degrés). Les Esquimaux, les Chinois, les Malais le sont plus et se rapprochent par là du type nègre ; les Mongols vrais et autres peuplades de l'Occident, sans doute aussi les Thibétains, le sont bien moins. Leur taille est au-dessous de la moyenne ; ils ont le cou court, les membres trapus, et offrent quelque tendance à l'embonpoint. L'aptitude à rapprocher les orteils de façon à saisir les objets est assez commune parmi eux.

Des trois types fondamentaux, l'européen, le nègre et le mongol, celui ci offre le moins d'homogénéité. Tandis que la tète dii Kalmouk. de l'Altaï ou celle du Mongol du désert de Gobi présentent tous ces caractères unis à une brachycéphalie très-prononcée et à une brièveté aussi remarquable de tous les diamètres verticaux tant de la face que du crâne, la tête de l'Esquimau, avec les mêmes caractères généraux, est le plus dolichocéphale de tous les types humains, et celui aussi dont tous les diamètres verticaux de la face et du crâne sont le plus étendus. S'il fallait donc réduire toutes les races qui rentrent dans le type jaune à une seule, primordiale, on serait fort embarrassé. A l'exemple de Prichard, nous croyons l'Esquimau, tout au moins par sa face, le type le mieux dessiné de la majorité des races jaunes. Procédons à sa description spéciale.

Le type esquimau se rencontre à sa plus haute expression dans le Groenland. La dolichocéphalie et l'extrême hauteur de son crâne diminuent en se rapprochantdu détroit de Behring. Les Aléoutes et les Koloches formeraient le passage entre lui et le type samoyède ou le type mongol.

Les Esquimaux ont reçu ce nom des Mohicans (Seeman), et s'appellent eux-mêmes Innuit. Au douzième siècle, ils auraient atteint le Potomac et le Delaware; au quatorzième, ils péné-

Fig. 49. — Type esquimau. Crâne de Groënlandais (musée de Copenhague).

trèrent dans le Groenland; auparavant on les signale en Asie. Aujourd'hui ils vont rapidement en diminuant (Hall, Haycs).

Comme stature, ils rentrent dans les petites tailles (1) . Ils sont gros, trapus, ont de larges épaules , de grosses tètes, de

(1) La taille des Esquimaux présente toutefois de singulières variations qui prouvent qu'il faut compter dans ces parages avec quelque autre race. Lese.xlrêraes signalés sont, en effet, de 1828 à 1598 millimètres. A la poinle Barrow, à Boothia gulf et à l'île Savage on parle de moyennes de 1714, de 1689 et de 1676. Cependant la généralité des voyageurs s'accorde à donner une petite taille aux Esquimaux. Quant à nous, nous avons donné la préférence aux chiffres de M. Sutherland parce qu'il a procédé rigoureusement, que le nombre de ses sujets est connu et qu'on peut en écarter ceux au-dessous de vingt aug. .

gros membres, mais des extrémités petites et bien faites. Leur lace est aplatie, jusqu'à s'excaver à l'endroit où s'insère le nez; leurs joues sont pleines, leurs pommettes saillantes au plus haut degré; leur nez large, petit, et à peine proéminent; leur ouverture palpébrale exiguë, leurs yeux noirs et enfoncés, leur bouche petite, ronde et à lèvre inférieure forte ; leurs dents régulières et usées de bonne heure jusqu'aux gencives, par l'habitude de s'en servir pour travailler les peaux.

Leurs cheveux sont noirs de jais, longs, durs, peu abondants et à section transversale, plus voisine de la forme arrondie que de l'elliplique. Leur barbe est presque nulle. Sur la lèvre supérieure de l'un d'eux, dit Hayes, croissaient quelques soies rudes et noires comme les moustaches d'un chat et autant sur le menton. Leur teint est d'un gris clair ou foncé, laissant voir la rougeur des vaisseaux capillaires.

Leur crâne, dolichocéphale pur. donne l'indice de 7 1 .4 (Broca) ou de 71.8 (Virchow);il forme un parallélogramme allongé dont les côîés tombent verticalement et dont la crête sagittale est si marquée, que certains semblent physiologiquement scaphocéphales. Ce sont les plus leptorhiniens connus (42.2). Leur prognathisme de 71 ",4 correspond au degré moyen observé dans toutes les races jaunes. La direction de leur plan occipital les rapproche des Chinois. Leurs os propres du nez sont les plus étroits constatés, leurs orbites sont ronds, leurs maxillaires massifs et leurs os malaires d'un volume et d'une configuration grossière qui Suffisent" à faire reconnaître un crâne esquimau entre tous les autres (1).

Leur caractère nomade en été les rapproche des Lapons et

(1) Voir Sur les Esquimaux, par King, l^f raéra., in Journ. Soc. Ethn. London,t. F, i84S. — Sur les Esquimaux, pat S\ilhtr]3iad, in Journ. Suc. Anlhrop. London, t. III, 1865, etc.

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