VIII PRÉFACE
Sociétés ethnologiques de Paris, de Londres et de New- York, qui l'avaient précédée, n'avaient pu étendre leur influence au-delà d'un cercle assez restreint ; il s'était produit dans leur sein d'estimables travaux, mais la galerie restait indifférente. Lorsque, en 1848, la Société ethnologique de Paris cessa de se réunir, on ne s'en aperçut pas, et lorsque, onze ans plus tard, quelques-uns d'entre nous résolurent de fonder une société consacrée à l'étude de l'homme et des races humaines, ce fut à peine s'il fut possible de réunir, après six mois de pourparlers, dix-neuf fondateurs, dont plusieurs ne faisaient même que prêter leur nom.
Cette fondation si difficile obtint pourtant un succès prompt et inespéré. La nouvelle société, agrandissant tout à coup le programme de l'ethnologie, groupant autour de l'étude des races humaines les sciences médicales, Tanatomie comparée et la zoologie, l'archéologie préhistorique et la paléontologie, la linguistique et l'histoire, et désignant enfin sous le nom à' anthropologie la science dont elle élargissait ainsi le domaine, la nouvelle société, dis-je, ouvrit ses portes à tous ceux qui cultivaient ces nombreuses branches du savoir humain.
L'ethnologie était restée jusqu'alors une spécialité peu fréquentée ; l'anthropologie, au contraire, faisait appel aux savants les plus divers ; elle attira à elle les médecins, les naturalistes, les archéologues, les