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RELATION DK LA FACE ET DU CRANE

et à les comparer ensuite. Cuvier estimait sur des coupes que le crâne était à la face dans les rapports suivants :

Homme blanc ::4: 1

Nègre 4: 1.26

Chimpanzé 3: 1

Gibbon, sapajou et macaque 2:1

Ilérissou 1 : 1

Porc-épic 1 : 2

Lièvre 1 : H

Cheval 1: 4

Baleiiie î : lo ou 20

M. Segond a proposé de placer sur des coupes antéro-postérieures un cercle gradué, dont le centre répondrait au basion. Une aiguille aboutissant au point sus-orbitaire indique la séparation du crâne et de la face. Une autre ligne aboutissant au bord inférieur de la mâchoire donne l'angle facial total. Le plan ou la ligne du trou occipital forme l'autre côté de l'angle cérébial. Voici les résultats que ces deux angles nous ont donnés :

Angle Angle

cérébral. Cacial.

2 Européens entants 158o 22°

6 — adultes 159" 47»

3 nègres adultes 152° 46"

1 chimpanzé lie» Se»

1 gorille 108O 04°

4 orangs 108» 47»

Loutre 105 24

Viscache 100 41

Chien 97° 32"

Raton 95" 27"

Renard 82" 29"

Hippopotame 76" 4o«»

Il y aurait mieux à faire ; ce serait, d'une part, de jauger la capacité crânienne, et d'autre part, de procéder à une sorte de

triangulation de la face, puis d'en comparer les deux résultats. Les indices faciaux étudiés sur rhomme. et le triangle facial, sur lequel M. Assezat a lu un travail très-intéressant à l'Association pour ravancement des sciences, qui n'est pas encore publié, sont dans cette voie (1).

Le cubage de la cavité crânienne par le procédé du plomb, dont nous parlerons avec détail plus tard, a un autre intérêt. En comparant ses données au poids total du corps, ou à sa masse, ou à sa taille, il fournirait un aperçu curieux du volume relatif du cerveau dans la série des mammifères. Le sujet est difficile. Mais, notre but étant la comparaison des anthropoïdes surtout avec Thommc, les quelques jaugeages suivants suffiront à notre but.

cent. cub.

Homme européen, en chiffres ronds 1500

16 gorilles mâles 531

3 — femelles 472

1 — (2' dentition) 440

1 — (1" dentition). . 413

3 orangs mâles 439

1 — femelle 418

t — (2^ dentition) 404

1 — (fe dentition) 425

7 chimpanzés mâles 421

3 — femelles 404

1 (Jre dentition) 328

2 lions 321

1 ours 265

1 sanglier 207

1 bélier 150

1 chien de Terre-Neuve 105

On voit par cette liste, que le ^volume absolu de la cavité crâ-

(1) Association pour ravancement des sciences, session de Lille, 1874. [Sous presse.)

nicnne dôcroîl à partir de l'homme; or, sauf pour les deux derniers sujets, la masse de l'animal y diffère peu de celle de rhoumio. Les trois genres d'anthropoïdes ci-dessus ont, il est vrai, taille plus petite, mais par la grosseur de leurs membres, de leur tète et de leur tronc, ils le dépassent, en sorte qu'il y a compensation et qu'on peut admettre que, comme masse, ils exigeraient une quantité sensiblement égale de substance cérébrale pour les régir. Des trois anthropoïdes, le gorille est le plus gros, donc le plus défavorable pour notre conclusion. Eh bien, le volume de la cavité crânienne est trois fois moindre chez lui que chez l'homme ordinaire, adulte et blanc. Le chifTre le plus faible sur les seize mâles était de 475, le plus fort de 623. Le volume de l'organe cérébral est moindi^e, chose intéressante, chez l'anthropoïde femelle que chez le mâle, de 80 centimètres cubes environ ; il en est de même chez l'homme. M. Vogt a réuni dans son mémoire sur les microcéphales un certain nombre de chiffres de jaugeage du crâne, obtenus par des procédés divers et différents du nôtre, parmi lesquels domine le procédé du millet. Ils ne peuvent donc être comparés aux précédents, mais dans leurs relations ils méritent d'être pris en considération. Or leurs conclusions s'accordent avec celles de nos propres mensurations. Voici ces chiffres :

Crâne allemand 1450"

1 gorille mâle 500

3 — femelles 423

8 orangs mâles 448

7 — femelles 378

3 chimpanzés mâles 417

1 — femelle 370

De ces deux tableaux il résulte en somme que, toutes choses égales, les trois anthropoïdes en question ont l'un dans l'autre trois fois moins de cerveau que l'homme, c'est-à-dire de l'organe

qui est le siège des caractères physiologiques qui distinguent au plus haut degré Thouime de la brute (1). Ainsi se trouve établie par Tanatomie, et dès le début de cet ouvrage, la grande caractéristique humaine. L'homme est supérieur à son plus proche voisin zoologique par la quantité de sa substance peu-santé comme il lui est supérieur d'un consentement unanime par ses manifestations intellectuelles. Cette vérité, la plus satisfaisante de l'anthropologie à enregistrer, nous met désormais à l'aise. Peu importe que par d'autres traits l'homme ressemble au singe, par son organe essentiel il en est différent. Le voilà à jamais au-dessus de l'anthropoïde, sa supériorité crânienne lui ouvre une carrière intellectuelle péremptoirement fermée

(1) Les variations ma.\imum et minimum de la capacité crânienne, observées chez les trois grands anthropoïdes, méritent d'être rappelées. La première série ci-apres est la nôtre, la seconde est empruntée à M. Vogt. et la troisième à Jeffries \Yyman. Pour les cas isolés complémentaires, nous renvoyons aux tableau.x ci-dessus. Il n'y est question que d'adultes.

16 gorilles mules, capacité en c. c. de... 475 à 623 fTupinard)

3 — femelles, ' — ... 395 à 580

3 orangs mâles, — ... 433 à 478

7 chimpanzés mâles, — ... 382 à 482 3 — femelles, — ... 387 à 425

3 goriUes femelles, — ... 370 à 490 (Vogt, etc.)

8 orangs mâles, — ... 390 à 480 7 — femelles (et douteux), — . . . 335 à 425

3 ctiimpanzés mâles, — ... 390 à 410

10 gorilles^mâles, — ... 424 à 535 {WjTnan, etc.)

4 — femelles, — ... 385 à 391 7 chimpanzés, — ... 294 à 424

On n'oubliera pas que les cubages des seconde et troisième séries ont été pratiqués par des mains différentes et par des procédés différents, tandis que ceux de la première, du reste la plus nombreuse, l'ont été par nous-même et par le même procédé, celui du plomb régularisé par M. liroca et dorénavant devenu une opération de précision.

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