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SITUATION ET DIRECTION DU TROU OCCIPITAL

de la ligne demi-circulaire supérieure. Ces modifications successives sont en rapport avec l'attitude bipède, oblique ou fran-

Fig. 6. — La moitié antérieure représente le crâne intact, de façon à montrer le bord inférieur de l'orbite; la moitié postérieure représente le crâne ouvert par le milieu, de façon à laisser voir le trou occipital et ses deux points médians antérieur et postérieur.

O, opisthion ou bord postérieur du trou occipital caché par le centre du cadran du goniomètre; B, basion; D, bord inférieur de l'orbite ou point déterminant antérieur de la ligne de Daubenton ; N, point nasal préféré par M. Broca ; D'DOD", ligne do Daubenton; ABOA', plan du trou occipital prolongé dans les deux sens.

AOD, angle' occipital de Daubenton.

AOC, angle occipital de Broca. ^

AEB, angle basilaire de Broca.

K, gouttière basilaire; L, selle turcique ; I, protubérance occipitale externe ou inion; J, protubérance occipitale interne.

chôment quadrupède. Plus le trou se porte en arrière, plus Téquilibre est rompu, le poids de la partie antérieure augmentant au détriment de la postérieure.

ANGLES OCCIPITAUX. 55

Il SU (lit ilunc de mi'suriT Tu ri de ces deux termes, par exemple riiicliiiaison du plan du trou occipital, c'est-à-dire l'angle qu'il fait avec une ligne appropriée, prise pour terme de comparaison, pour connaître l'autre, c'est-à-dire la quantité de déplacement du trou. C'est ce que fit Daubonton, en 1795, en choisissant la ligne OD (voir la figure 6) allant du bord postérieur (lu trou occipital au bord inférieur de l'orbite. L'angle D0.\ ouvert en avant, ainsi déterminé, était de 0 à 3 degrés chez l'homme, de 3i- degrés chez un orang-outang, de 47 degrés chez un maki, de 80 degrés environ chez le chien et de 90 degrés chez le cheval. Mais Daubcnton n'a jamais dit la façon dont il mesurait cet angle; il parait même s'être contenté d'une approximation fort douteuse, à en juger par ses dessins. Cette mesure, la première de tous les essais de cranioraétrie, devait forcément fixer l'attention de M. Broca. A l'aide de son goniomètre occipital il constata d'abord que le plan du trou occipital prolongts'élevait parfois chez l'homme blanc au-dessus de la ligne adoptée par Daubenton, ce qui donnait un angle inverse, ou négatif, que celui-ci n'avait pas prévu. M. Broca fut ainsi conduit à remplacer la ligne de Daubenton par une autre allant du même point, Vvpi'sthion, à la racine du nez; de plus, il jugea utile de prendre un second angle en transportant le sommet de ce dernier a.\ibasion.

De là, trois angles relatil's au plan occipital: un premier DOA ou ocripitai de Daubenton, à sommet à l'opisthion et à côtés formés par le plan occipital et par la ligne opislhio-sous-orbitairo ; un second NOA ou occipital de Broca, ayant le même sommet, et pour côtés le même plan et la ligne opisthio-nasale; et un troisième .\BE ou basilaire de Ihocu, dont le sommet est au basion et dont les côtés sont le plan occipital et la ligne basio-nasale. En voici les résultats :

oC HORIZONTALITE DU REGARD.

Angle Angle Angle

occipital occipital basilaire

de Daubenton. de Broca. de Broca.

ï'.D séries humaines tle. lo,5 à 9o,3 10»j3 à 20 ',1 14o,7 ;i 260,3

4 cliimpanzés 2G.2 33. 3 45.5

8 orangs 31.2 45.2 55.2

5 gorilles 32.5 44.6 53.2

9 gibbons 313 31.5 51 .5

12 jùthéciens 19.tià43.8 33.0;i3o.O 43.6 ?i 49.0 (1)

Il en résulte que la direction du trou occipital change assez brusquement en passant de l'homme aux anthropoïdes, et établit entre eux une démarcation qui correspond à leurs différences d'attitude. Des anthropoïdes et de quelques autres singes aux mammifères à attitude franchement quadrupède, comme le cheval ou l'éléphant, l'écart est encore plus grand ; le plan du trou se relève en arrière jusqu'à 90 degrés.

Le second caractère dépendant de l'attitude de l'homme est l'horizontalité du regard sur le vivant, et, sur le squelette, de la U'^ne passant par le centre du Irou optique, d'une part, et le centre de l'orifice antérieur de l'orbite, de l'autre. M. Broca, dont nous aurons à citer les recherches précises sur presque tous les points délicats de l'anthropologie, s'est attache encore à comparer cette horizontalité chez l'homme et les mammifères.

Parmi les lignes ou les plans les plus rationnels et les plus commodes usités en craniométrie, se trouve le plan alvéolocondylicn, déterminé par trois points : le point alvéolaire^ situé à l'endroit médian le plus déclive du bord alvéolaire supérieur, et la face inférieure des deux condyles de l'occipital. Il est accessible en toutes circonstances et se présente du premier coup

(I) Kous renvoyons nu mémoire de M. Broca sur les angles occipitaux [Revue d'anthropolor/ie, t. II, p. 193) pour les secondes décimales Du resie, nous enlendons d'une manière générale nous en tenir aux premières.

pla.\-alveolo-condylip:n.

comme le plus physiologique à la base du crâne. Nous verrons plus lard rimportance de ce plan représenté par la ligne APQ sur la figure j et par la ligne CC sur la figure 1, et nous nous borneroAs ici à dire que c'est par rapport à lui que M. Broca a mesuré le degré d'inclinaison ou de relèvement du regard ou du plan passant par les deux regards, chez les mammifères.

Fig. 7. — A, axe horizontal de l'orbite passant par le centre du trou optique eu arrière et par le centre de la base de l'orbite en avant; CG, plan alvéolocondylien ou de Broca (voir APQ, sur la figure o). Les autres indications ont trait à diverses mesures dont nous parlerons ailleuis.

L'angle dièdre qu'ils forment en se prolongeant est dit positif lorsque le plan du regard s'élève, et que, par conséquent, leur point de rencontre est en arrière ; et négatif, lorsque le même s'abaisse, et, par conséquent, que leur rencontre se fait en avant. Dans le tableau ci-après, le premier cas est indiqué par l'absence de signe, le second par le signe — ; la deuxième colonne se rapporte à un caractère dont nous parlerons ensuite. Dans la

58 ANGLES ORBITAIRES.

figure ci-dessus, le plan alvéolo-condylicn CC est parallèle, comme on le voit, au plan du regard A.

Angle orbito- Angle

alvéolo-condylien. biorbitaire.

43 hommes divers.. —08 47<'.47

5 gorilles l9o.31 39,04

1 cran g 28.53 45.90

5 pithéciens 15.34 52.24

5 cébiens 7.22 4J .59

1 maki 23.58 73.72

3 chiens 24.94 70.51

3 lapins 3J.lo 143.43

2 chevaux 3G.09 109.19

1 sanglier 47 . (il 08 . 94

Il en résulte que le regard de Thomme est, en cftet, sensiblement horizontal par rapport au plan alvéolo-condylien, puisqu'il ne s'abaisse pas même de i degré sur une moyenne de quarante-trois crânes; tandis qu'il se relève chez tous les mammifères, y compris les anthropoïdes, d'une quantité qui varie de 7 degrés en moyenne chez cinq cébiens, à 36 degrés chez le cheval et 47 degrés chez le sanglier.

La divergence du regard fournit un autre caractère différentiel, que M. Broca a mis en relief dans le même mémoire, sur le plan horizontal de la tète, auquel nous renvoyons pour les chiffres que nous ne pouvons reproduire. La seconde colonne ci-dessus en donne quelques-uns sous le titre cVav(]le biorbitaire. C'est l'angle ouvert en avant que forment entre eux les deux axes visuels, ou, si Ton préfère, leur degré de divergence. Il varie de 40 à 54 degrés chez l'homme, de 33 à 52 degrés chez les singes; de 76 chez un lémurien il grandit énormément chez tous les quadrupèdes, et surtout chez le lapin. Par là, l'homme se détache nettement de la masse des animaux quadrupèdes ; mais ce caractère d'avoir les axes visuels médio-

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