DENTS
sont aplatis chez les herbivores. Chez rhoiurae, ils présentent une disposition intermédiaire, témoignant ainsi de ses fonctions omnivores; ses dents, partagées en incisives pour couper, canines pour déchirer et molaires pour mordre et triturer, attestent mieux encore cette aptitude. Parmi ses voisins zoologiques immédiats, Torang et le chimpanzé lui ressemblent le plus sous ce rapport, particulièrement par leurs molaires. Au contraire, le gorille s'en éloigne et rappelle un peu par sa denture les carnassiers.
Les canines, plus grosses chez les anthropoïdes, ont parfois une longueur et un volume qui permettent de les considérer comme des armes offensives, particulièrement chez le gorille. De chaque côté des incisives latérales inférieures aussi bien que supérieures, mais davantage en haut, se voit sur les anthropoïdes, comme sur la plupart des singes venant après, une petite solution de continuité appelée diastema. La canine inférieure se loge en pjrtie dans le diastema qui est au-dessus, tandis que la canine supérieure s'insinue entre la canine inférieure et la première petite molaire, en s'y forçant ou s'y usant une place mécaniquement. Le diastema inférieur est donc sans usage et tend à s'amoindrir. Quelques gorilles présentent ces dispositions très-marquées, d'autres à peine.
Un autre caractère des dents d'anthropoïdes est la projection des incisives en avant, plus exagérée que dans les races inférieures du groupe humain.
L'homme, au contraire, le blanc du moins, a les dents verticales, serrées, sans solution de continuitéetplus petites, les canines aussi bien que les molaires ou les incisives; ses petites molaires permanentes ont deux tubercules et ses grosses quatre, sans qu'ilyait sous ce rapport de différences certaines avec les anthropoïdes. Leur nombre est de vingt temporaires et de trente-deux permanentes, absolument comme chez les quatre anthropoïdes.
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les singes de lancion continent ou pithcciens et la plupart des lémuriens. Chez les singes du nouveau continent ou cébiens, une petite molaire s'ajoute à chaque moitié de mâchoire, ce qui élève leur nombre total à trente-six. Enfin, quelques singes exceptionnels ont une autre formule dentaire; le maki, par exemple, a trente-huit dents.
La marche de Téruption des dents des singes et les phases de leur remplacement sont mal connues. Il est certain que l'éruption est plus rapide, toutes choses égales, chez les anthropoïdes que chez l'homme (1).
L'arcade alvéolaire supérieure de l'homme est généralement hyperbolique, à branches relativement courtes. Celle des trois anthropoïdes priVicipaux revêt la forme d'un U à branches allongées et exactement parallèles. Celles du sajou et du macaque sont elliptiques. (Rroca.)
D'autres caractères ont été décrits comme spéciaux à l'homme :
La présence d'un menton, c'est-à-dire d'une petite surface triangulaire et plus ou moins saillante au-dessus du bord inférieur de la mâchoire ; mais ce caractère a perdu de sa valeur depuis qu'on a signalé son absence sur un certain nombre de pièces humaines, parmi lesquelles la mâchoire préhistorique de la Naulette et d'autres contemporaines, figurées par MM. de Quatrefages et Hamy ;
L'existence des tubercules gêni h la face postérieure du maxillaire inférieur, que remplacerait une dépression chez les singes; mais des exceptions inverses se voient de part et d'autre : ces tubercules sur des anthropoïdes, une dépression sur la même mâchoire de la Naulette ;
La présence de l'épine nasale ; mais quelques singes en pos-
(1) Voir Vhomme et les iinges anthropomorphes, par M. Magilot, in Bull. Soc. anihrop. Paris, 2«' série, t. IV, p. 115.
sèdeiit une, tandis que chez beaucoup de nègres elle est si peu apparente qu'où peut la regarder connue nulle ;
L'articulation de la grande aile du sphénoïde direclement avec le pariétal (Owen) ; mais sur un grand nombre de sujets de races diverses, et surtout inférieures, un pont formé par l'union du temporal et du frontal vient s'interposer entre les deux os précédents ; M. Broca désigne la première de ces dispositions sous le nom de pléréon (voir D, figure 2), et la seconde, habituelle, en effet, aux singes, sous celui de pléréon retourné.
Le volume des apophyses mastoïdes ; c'est une conséquence du développement des muscles sterno-mastoïdiens qui s'y attachent, et en rapport avec l'attitude bipède.
En réalité, on découvre dans toutes les parties de la face et du crâne des différences morphologiques entre l'homme et les singes les plus élevés ; mais, à part le volum e de la boîte crânienne et l'ouverture de l'angle facial, subordonnés au degré d'activité de l'organe cérébral, la situation du trou occipital au centre de la base du crâne chez l'homme et l'horizontalité de son regard liés au genre d'attitude, aucune de ces différences ne race de sillon que ne viennent combler ou atténuer quelques cas particuliers, chez l'homme ou chez l'anthropoïde.