‹ L'anthropologieChapitre 39 sur 209 · V6 LE PIED · texte numérisé non relu

V6 LE PIED

tiques ou analogues. Que les colonnes constituantes du pied se

Fig. 11. — A, squelette de la main, de Tavant-bra;; en supination (radius en dehors du coté du pouce, cubitus en dedans) : et d'une partie de l'humérus du gorille. B, squelette du pied, de la jambe (péroné en dehors et tibia en dedans) et d'une partie du fémur du même gorille.

réduisent ou non à quatre, trois ou deux, que le sujet pose par ses phalanges, son métatarse ou toute la plante, l'adapta-

tion est toujours pour la marche et la sustentation. Les chéiroptères, qui se servent de leur pied comme de crampon, et peutêtre les kangourous, qui peuvent saisir un peu, jouissent seuls d'un léger mouvement des deux os de la jambe l'un sur l'autre. Quant aux singes, nous en parlerons tout à l'heure.

Les caractères indispensables à l'accomplissement régulier des actes de préhension et de toucher, dont l'homme offre le type le plus accusé au membre supérieur, .sont également au nombre de trois.

1° L'articulation de l'humérus avec l'omoplate, ou scapulohumérale, doit être rnobile en tous sens, de façon à permettre au bras et à la main de se porter dans toutes les directions. La circumduction et l'adduction, si limitées au fémur, n'y sont pas négligées ; la présence de la clavicule, en écartant les épaules, favorise cette dernière. La cavité glénoïde est petite, ovoïde et regarde en dehors ; l'axe de la tête humérale s'y appuie perpendiculairement. Ces deux derniers caractères suffisent à eux seuls dans les cas douteux pour faire reconnaître le rôle des membres supérieurs. Nous allons y insister.

Le bras est une cuisse retournée, a dit le'professeur Ch. Martins (1). La ligne articulaire du genou et celle du coude sont toutes deux transversales; mais, tandis que la flexion du genou se fait en arrière, celle du coude se fait en avant ; la rotule et l'olécrane, qui sont des parties analogues, y occupent des situations inverses. Chez les reptiles, les deux membres sont au contraire symétriques et, comme le dit M. Durand (de Gros) (2), isomères, la flexion s'opérant dans le même sens. Comment expliquer cette différence chez les mammifères? D'une façon très-simple : la partie du bras qui est au-dessous du tiers moyen

(1) Nouvelle comparaison des membres pelviens et thoraciques, par Ch. Martins, in ^[ém. Acad. de Montpellier , I8ôl .

(2) Mémoire cité sur le Transformisme.

a subi chez les premiers une torsiou d'arrière en avant et de dedans en dehors comme si l'os eût été mou ; les preuves en sont visibles sur Thumérus et y portent le nom de gontlière de torsion. C'est pour cela que leur pouce, qui est en dedans au pied, est devenu en dehors à la main. Mais cette torsion, ou rotation, n'a pas la même étendue chez les bipèdes et chez les quadrupèdes, ou mieux sur les humérus des membres destinés à la préhension ou à la locomotion.

Dans le premier cas, elle est de 180 degrés environ, dans le second de 90 degrés. Et cependant, chez les bipèdes comme chez les quadrupèdes, l'avant-bras se fléchit sur le bras dans une même attitude relativement au corps. C'est que la cavité glénoïde de l'omoplate décrit chez les seconds un arc de cercle complémentaire également d'arrière en avant et de dehors en dedans, qui en épargne autant à l'humérus. Par conséquent, leur cavité regarde en avant relativement à l'axe du corps, en bas chez ces quadrupèdes. Les 90 degrés pour Thumérus et les 90 degrés pour la cavité glénoïde donnent ainsi les 1 80 degrés qui font du (( bras une cuisse retournée. » Le degré de rotation varie toutefois d'une espèce à l'autre, et la part qu'y prend l'humérus se mesure par l'angle que fait le plan vertical de sa tète avec le plan à la fois vertical et transversal de son extrémité inférieure.

Ainsi un angle de torsion de l'humérus de 180 degrés et une cavité glénoïde regardant en dehors, tels sont les caractères que donne Tarticulation scapulo-humérale dans les membres destinés à la préhension principalement. Un angle voisin de 90 degrés et une cavité glénoïde regardant en bas (1) sont, au contraire, le propre de la fonction locomotrice. Si la cavité, dans ce cas.

(1) En bas, parce que nous songeons aux quadrup'edes; mais, si l'on suppose le ironc vertical, c'est en avant.

avait regardé en dehors, la tète de l'humérus, au heu de s'appuyer sor elle, aurait été refoulée contre la capsule articulaire, qui au moindre choc se serait déchirée.

2" Le radius doit tourner librement autour du cubitus, de

Fig. 12. — Squelette de 1" avant-bras : A, en supination; B, en pronation : H, humérus; R, radius ; et U, cubitus.

façon que la main placée en pronation à son extrémité puisse se mettre en supination et saisir ]es objets de toutes manières. La figure 12 montre la différence entre ces deux attitudes de bras. Cette rotation est de 180 degrés chez l'homme.

3» La main doit se trouver sur le prolongement de l'axe de Tavant-bras, le carpe s'articulant avec le radius de façon à jouir de mouvements de toute sorte et surtout de la flexion et de

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