PROPORTIONS DU PIED ET DE LA MAIN
chacun pour leur part à l'allongement du membre dans ce dernier cas.
L'n humérus long', un radius plus long encore, un fémur court, un tibia plus court encore, voilà en somme les caractères simiens, Tinverse donnant des caractères d'autant plus humains.
Le pied et la main ne peuvent guère être mesurés que sur le vivant ; il y a trop de déchet par le dessèchement des surfaces articulaires qui s'y succèdent et trop d'arbitraire dans la façon de les monter pour qu'on puisse procéder sur le squelette. Ces mesures manquent, et, faute de mieux, nous reproduirons les suivantes, prises sur le squelette par M. Humphry, et rapportées à la taille.
Main. Pied.
Hommes 11,82 16.96
Gorilles 14.54 20.69
Chimpanzés 18.00 21.00
Orangs 20.83 25.00
Peut-on aller au delà dans ces comparaisons et dire quel anthropoïde se rapproche le plus de l'homme ? La lutte n'est possible qu'entre le gorille et le chimpanzé j partout l'orang occupe le rang le plus éloigné, sauf pour le cas excçptionnel du tibia dans notre liste, que détruisent d'ailleurs les deux cas inverses de M. Humphry. Le gorille a son membre supérieur dans son entier, son radius et sa main plus humains, tandis que le chimpanzé a l'bumérus et le tibia seulement plus voisins de ceux de l'homme. En ne considérant que les deux segments supérieurs, chacun est privilégié à sa façon, le gorille par son avant-bras plus court, le chimpanzé par son bras plus court. La longueur absolue du membre supérieur et delà main domine, croyons- nous, ces considérations. Nous conclurions donc en faveur du gorille. Mais, par un autre caractère non compris dans les mensurations, la plus grande obliquité du
fémur, la plus grande ouverture que fait son col avec la diapbyse et la gracilité relative de los entier, le chimpanzé a l'avantage.
Une conclusion non discutable, c'est que les proportions du squelette sont très-différentes d'un genre d'anthropoïde à l'autre, quoiqu'il y ait beaucoup de commun dans leur type général. Nous disons plus, elles différent dans les espèces d'un même genre, ce dont il faudra tenir compte lorsque, poursuivant ces études, on aura plus de sujets à sa disposition. Il en est donc sous ce rapport des anthropoïdes en général comme des hommes en général, ainsi que nous le verrons plus tard.