INDICE CÉRÉBRAL
par la plupart des rongeurs, réléphant, le marsouin, la baleine, le diamètre transverse prédomine sur l'antéro- postérieur ; dans un troisième, où se trouvent les singes, les carnassiers, lessolipèdes, les ruminants, le diamètre antéro-postérieur est le plus long comme chez l'homme.
Le rapport de ces deux diamètres, du transverse à Tantéropostérieur, mérite à notre avis de prendre rang dans l'anthropologie zoologique sous le nom d'indice cérébral. Ci-joint nu certain nombre calculés d'après les tables de Leuret.
Papiou 75.8
Macaque 80.3
Mandrill 83.2
Maki 86.3
Cheval 84.3
Ours blanc 84.3
Cochon d'Inde 100 . 0
Phascolôme .' 102.3
Porc- épie 128.1
Baleine..!.'..... 146.7
3 chiens 73.0 à 99.9
3 kangourous 8(î.2 ù 100 0
2 phoques 97.3 à J12.3
3 chauves-souris 122 2 à 123.0
2 éléphants 13G.9 à 14G.7
11 y aurait donc lieu d'admettre dans la série des mammii'éres trois formes de cerveaux : la première longue, la seconde intermédiaire, et la troisième large, comme il y a trois sortes de crânes humains. Mais ici les limites de chaque forme seraient changées. Ceux qu'on devrait appeler dolichocéphales seraient compris au-dessous de 90; lesmésaticéphales seraient de 90 à 1 10 et les brachycéphales au-dessus.
Organes rudimentaires et anoinalies réversives. — Dans Texamen forcément rapide que nous venons de faire des caractères qui différencient ou rapprochent l'homme des ani-
ORGANES lU'DIMENTAIRES. 135
maux, nous n'avons tenu compte que des caractères constants, existant chez tous les sujets. Mais il en est (Faut res qui apparaissent inopinément dans toutes les races humaines et plus souvent dans les races réputées inférieures, dont nous devons dire quelques mots. Nous voulons parler de ce qu'on appelle les organes rudimenlaires et les avnmalirs. Dans l'hypothèse (fune transformation par une cause quelconque des formes relativement inférieures en formes plus élevées, plus perfectionnées, ces deruièrcs ont pris le nom de rvvcrsioi^s. Kilos sous-entcndeiit l'idée (lune parenté dans le passé entre deux organismes aujourd'hui divergents et se rattachent à la question des rapports de rUomme avec les autres mammifères.
Connue exemple d'organes rudimentaires chez les animaux, nous citerons les germes de dents chez les embryons de baleines et d'incisives supérieures chez les ruminants, bien que ces organes ne doivent jamais se développer et servir ; les mauimelles de tous les quadrupèdes mâles; les' yeux des animaux qui ne voient pas, soit que l'espèce passe sa vie dans des cavernes obscures, soit qu'elle habite les profondeurs infinies, aujourd'hui sondées, de l'Océan; les deux aiguilles osseuses qui sur les côtés do l'unique métacar[)ien ou métatarsien du cheval, représentent les autres métacarpiens ou métatarsiens disparus, etc.
Chez l'homme les cas en sont nombreux. Le repli semi-lunaire situé à l'angle interne de l'œil, et si remarquable sur quelques individus serait le reste de la troisième paupière des marsupiaux, du morse. L'appendice vermiculaire du gros intestin, qui ne sert à rien et doune lieu parfois à des accidents mortels, serait le représentant du même organe, énorme chez les herbivores et atteignant chez le kaola une longueur triple du corps. Les muscles de l'oreille, quoique accidentellement développés chez certains individus au point de faire mouvoir le pavillon, ne sont l'ucore que les vestiges de l'appareil si prononcé chez les ani-
•136 ANOMALIES RÉVERSIVES.
maux. L'os sous-voraérien de Rambaud est le reste de l'organe de Jacobson, très -développé chez le cheval et aussi chez quelques singes, etc.
Les anomalies ou réversions sont plus fréquentes encore sur rhomme. Citons la bifidité et même la duplicité de l'utérus, (jui rappellent, la première, les utérus à cornes des rongeurs ou à angles allongés de quelques singes ordinaires et lémuriens, la seconde, l'utérus double et à deux orifices des marsupiaux; la persistance, chez l'adulte, de la suture qui partage en deux l'os malaire comme chez quelques singes et autres mammifères; celle de la suture frontale médiane, comme dans la plupart des mammifères inférieurs; l'apparition, une fois sur, cent, dit M. Turner, du trou sus-condylien humerai spécial à divers animaux et par lequel passent le nerf et Tarière principaux du membre, la conformation toute simienne du pavillon de Toreille, etc.
Sur les muscles surtout, les réversions sont communes. Des traces de peaucier se montrent dans les aisselles et sur les omoplates en outre de la tète et de la face ; le muscle slernal des mammifères sur six cents hommes s'est présenté dix-huit fois; le muscle ischio-pubien constant sur la plupart des animaux mâles, dix-neuf fois sur quarante sujets masculins et deux fois sur trente sujets féminins ; le muscle élévateur de la clavicule de beaucoup de singes une fois sur soixante cas. M. Chudzinski a publié dans la Revue d'anthropologie plusieurs cas de muscles reproduisant chez l'homme des dispositions simiennes, M. J. Wood a trouvé jusqu'à sept exemples de muscles particuliers à certains singes sur le même sujet.
Quelle que soit l'interprétation donnée à ces faits, ils établissent un lien entre le type de l'organisation de l'homme et celui des animaux. Un troisième ordre de faits en a été rapproché : les faits tératologiques ; nous y vioidrons bientôt.