DÉVELOPPEMENT DE LAVANT-BRAS
pey, se forment à l'origine de leur extrémité libre à leur racine ; la masse de la main et du pied se montre la première sous forme de bourgeons attachés au tronc ; puis naissent Tavantbras et la jambe, le bras et la cuisse; les divisions des doigts et des orteils se dessinent les dernières. Une fois constitués les divers segments du membre n'ont pas encore les proportions qu'ils auront plus tard. Les fémurs, plus petits d'abord par rapport au corps, grandissent ensuite relativement. Pour l'humérus, il en est de même. M. Hamy, reprenant les mensurations de Suc, de Gunz, de Liharzic et autres, a montré, en effet, que vers le quarantième jour de la vie intra-utérine l'avantbras de l'Européen était plus long que l'humérus, tandis qu'à partir de deux mois et demi il devient de plus en plus petit. A cette époque, le rapport de la longueur de l'avant-bras à Fhu- «lérus est comme 88 : 100; à la naissance ce rapport est de 77 et vers cinq à treize ans il arrive au chiffre de 72, qu'il conserve dorénavant. Chez le nègre adulte, ce rapport est plus élevé, ce quia permis à M. Hamy de conclure que les proportions de l'avant-bras relativement au bras étaient d'abord nigritiques chez l'Européen et ne prenaient leur véritable caractère que plus tard.
D'autres modifications liées les unes à l'évolution, les autres à l'attitude bipède, se présentent aux membres inférieurs.
Le bassin à la naissance est relativement étroit et comme conséquence les grands trochanters paraissent plus saillants ; l'angle que fait le col du fémur avec le corps de l'os est trèsouvert et les deux fémurs tombent presque parallèlement. A l'âge adulte le bassin s'élargit, le trochanter est moins saillant; l'angle du col moins ouvert, de 125 à 130 degrés chez l'homme et voisin de l'angle droit chez la femme (Humphry) ; les fémurs sont très- obliques de façon que leur extrémité inférieure fait avec la perpendiculaire un angle, regardant en haut d'environ
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15 degrés. Dans la vieillesse, l'angle du col est encore diminue et atteint chez Thomnie environ 110 degrés; le bassin semble, plus large et le grand trochanter moins proéminent; enfin la courbure à concavité postérieure du fémur est augmentée.
Ajoutons incidemment que l'angle du col et l'obliquité des fémurs sont, "le premier plus petit et la seconde plus prononcée chez les sujets de courte taille ; il en est de même chez la femme, suivant Humphry (1).
L'une des causes de la diminution de la stature à un âge avancé est l'abaissement du col; une autre plus importante est l'affaissement des disques intervertébraux, qui se produit surtout à leur iiartic antérieure et a pour effet de fléchir tout le corps en avant. Des végétations osseuses se développent toutefois d'un corps vertébral à l'autre qui viennent fortifier la colonne et mettre une limite à l'incurvation.
Si la première opération de l'anthropologiste appelé à se prononcer sur des débris humains est d'en reconnaître l'âge, la
(1) Ces deux conditions anatoraiques du fémur, son obliquité appréciée par l'angle que son extrémité fait avec la verticale et l'angle que fait son col avec la diaphyse, viennent d'élre l'objet d'une première étude par notre collègue le docteur Kuhff. Ses recherches ont porté sur 42 fémurs, dont voici les moyennes sur ces deux points seulement :
Ansle Angle
Nombre, de 1" obliquité. du col.
Caverne de la Lozère 8 9°,75 125»
Dolmens — 5 11 122
Grottes de la Marne 19 11 129
Gallo-Romains 6 12 122
Carlovingiens 4 12 119
Ses maximum et minimum ont été de 14 degrés et de 8 degrés pour l'obliquité, et de 140 degrés et 117 degrés pour l'angle du col. Les résultats concordent sensiblement avec ceux de M. Humphry. Dans un prochain travail il s'occupera sans doute des mêmes caraclères, suivant tes sexes, les âges et la taille (in Revue d'anthrop., t. IV, 1875).
seconde est d'en dire le sexe. Les deux points de vue concernenl l'homme étudié dans son ensemble et non l'homme étudié dans ses vari:itions ethniques.
C'est donc ici que nous devons parler des différences sexuelles du squelette.
Le squelette dans l'enfance et jusqu'à la puberté ne diffère pas d'une façon appréciable ; ses traits sont plutôt féminins. A la puberté, seulement, l'homme commence à se dessiner, ce n'est même qu'à vingt et pins qu'il en possède tous les caractères; vers quarante-cinq ou plus, les distinctions commencent à s'atténuer et dans une vieillesse avancée, les deux sexes finissent par se ressembler, mais alors les caractères sont plutôt masculins.
Les principes qui dominent les différences sexuelles à Tàgc adulte, peuvent se résumer en quelques mots : La femme a toutes les parties de son squelette plus légères, plus frêles, les formes et contours plus doux, plus gracieux, les éminences, apophyses ou tubercules plus petits, moins rugueux. S'il est un fait de physiologie bien démontré, c'est que les aspérités qui servent d'insertion aux muscles, légères à l'origine se développent en proportion de l'activité que les muscles déploient. Moins accusées chez l'homme de cabinet que chez le manouvrier, ces aspérités sont moins prononcées encore chez la femme, surtout ehcz la femme des villes. Cette loi est si rigoureuse, que par le degré de saillie de telles crêtes et apophyses, on peut dire les muscles dont le sujet faisait le plus usage et par conséquent préjuger de sa profession. Par compensation les dépressions, gouttières et empreintes sont plus accusés chez l'homme.
Ainsi la crête temporale qui sert de limite supérieure aux insertions du muscle temporal, les saillies transverses qui coupent le fond de la face interne de l'omoplate, et qui servent d'insertion aux muscles sous-scapulaires sont plus prononcées
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chez rhomnic ; la gouttièro de torsion de rhumérus est plus visible, les doux courbui-es en S de la clavicule sont plus fortes chez le même. Au contraire, chez la fcnmic, la protubérance externe de l'occipital et les deux lignes courbes sous-jacentes ijui servent d'insertion aux muscles de la nuque, le tubercule antérieur du tibia où s'attache le triceps fémoral, la tubéro^ité radiale où s'incére It; biceps humerai, sont moins saillants, la courbe de l'un et l'autre bord alvéolaire est plus régulière, les bords de l'os malaire sont moins grossiers, la fosse canine est moins profonde.
Recoimaitre le se^e dans un os est en somme une opération passablement facile ; sur les os longs on doute rarement; sur un os court, comme lecalcanéum, la détermination est encore possible. Mais il ne faut pas s'ctonner qu'il y ail des cas réfraclaires, une coniparaison le montrera.
Supposez sur le vivant une tète dépoui'vue de barbe et de cheveux, ou prenez une main, un pied, le reste du corps étant caché, chacun saura reconnaître s'ils appartiennent à un homme ou à une femme, surtout après quelque exercice ; et cependant il y aura des cas fort embarrassants. L'un et l'autre soit spontanément, soit par suite de ses travaux habituels ou de son exposition à l'air, peuvent avoir revêtu toutes les ai»parences du sexe opposé. Sur le squelette, une femme qui aura travaillé durement toute sa vie aura des crêtes osseuses et des insertions musculaires plus développées peut-être que l'homme qui n"aura rien fait. Arrêtons-nous seulement à deux parties.
La femme a les crêtes iliaques plus évasées, plus élargies, autrement dit les hanches plus saillantes ; le trou sous-pubien de forme triangulaire assure-t-on, tandis que chez l'homme Userait irrégulièrement ovalaire; la symphyse pubienne plus courte ; l'arcade sous-jacente en ogive évasée, tandis que chez l'homme elle forme un angle très-aigu ;les cavités cotyloïd(;s plus écartées.