FACULTÉS MENTALES
L'homme, ajoute-t-on, a conscience de ce que les philosophes appellent le moi, c'est-à-dire h\ conscience de luimême, de sa personnalité. 11 serait bizarre que les animaux eu fussent dépourvus. L'homme a le sentiment du beau, du juste. En efTet, sauf qu'il y a Lieu des manières de le concevoir. Il saisit les rapports de cause à elfet, l'animal aussi. Il a la spontanéité, la volonté, le pouvoir de choisir entre deux poids et de les estimer à son point de vue. Mais en est-il autrement des animaux? L'huunne n'a pas même le privilège de la folie (1).
M. Uouzeau a magnifiquement développé ces aperçus dans ses deux volumes sur les facultés mentales des animaux. MaisavanI lui le plus orthodoxe des anthropologistes, Prichard, avait déjà ouvert un long chapitre à leurs facultés physiques {psychioal endowmeiits]. Un ouvi'age de la bibliothèque des sciences contemporaines traitera, du reste, de toutes ces questions (2j.
Mais pour l'anthropologistc et le naturaliste désintéressés, la conclusion est évidente. De l'homme à l'animal, dans le cerveau et dans ses fonctions toulse réduit à une question de degré. Toutes les facultés du premier, sans exception, c;cistent à l'état rudimentaire chez le dernier ; certaines sont même parfois très-développées dans quelques espèces, d'autres le sont plus encore que chez l'homme. Ce qui fait notre suprématie dans l'ordre intellectuel, notre raison, notre intelligeuce, ne sont pas des facultés spéciales que nous posséderions absolument seuls, c'est leur haut développement, et surtout leurparfait équihbre. A chaque instant on voit diez les aliénés une faculté quelconque élevée à une puissance supérieure à ce qu'on observe chez les hommes sains ; c'est pour ce motif précisément et à cause de la
(1) Voir Traité de la folie des animaux, par Pierquin, 2 vol., Paris, t8ô9.
(2) 'Voir aussi Y Anatomie comparée du système nerveux, pav Leurt't €t Graliolet, vol. I, chap. Facultés des uammipèhes, Paris, 1859.