FACULTE DU LANGAGE
n'ait pas la faculté graphique. Reste la faculté vocale, car nous (lovons néi;liger le chant des insectes qui s'opère par le frottement de leurs élytres. Sans aucun doute, par cette méthode, les animaux expriment des idées. M. Coudereaua analysé avec soin le langage si varié de la poule et les intonations multiples correspondant à chaque ordre d'idées que provoquent en elle le petit nombre de sentiments et de besoins en rapport avec sa modeste existence. Mais dans ce langage, dans celui que nous ne comprenons pas et que parlait peut-être le singe hurleur de tout à l'heure, y aurait-il réellement des sons articulés, autrement dit quelques syllabes plus ou moins enchevêtrées méritant ce titre? Rappelons que les langues primitives parlées par l'homme étaient monosyllabiques, d'après tous les linguistes, et que fort peu de syllabes élémentaires suffisent pour constituer une langue articulée à l'origine. La question se réduit donc à ceci : combien de sons articulés ou de syllabes simples faut-il pour prendre le nom de langue et où est la limite entre le langage relativement perfectionné de quelques espèces animales et le langage primitif de nos ancêtres les plus inférieurs? Il va sans dire que nous ne songeons pas au perroquet, qui n'attache pas de sens à ce qu'il dit, mais aux singes, par exemple, qui ont une série de syllabes diverses.
Analysons chez l'homme le mécanisme de la parole. L'air entre en vibration dans le larynx et traverse ensuite la bouche; là le jeu des muscles du voile du palais, de la langue et des lèvres modifie ses vibrations, voilà l'articulation. Mais ces muscles se contractent d'une façon appropriée , coordonnée, sous l'influence de nerfs spéciaux qui viennent du cerveau, les mêmes muscles servent à d'autres usages, les mêmes nerfs président à d'autres mouvements des mêmes parties. 11 y a donc un point à leur origine où ils reçoivent l'ordre de se contracter tantôt dans le sens de l'articulation des sons et