‹ L'anthropologieChapitre 80 sur 209 · RACHITISME DU CRANE · texte numérisé non relu

RACHITISME DU CRANE

le mouvement de son congénère. La déformation n'occupe jamais la partie supérieure du tibia, mais son milieu et sa partie inférieure. La plus commune est la courbure en dedans, que M. Broca compare à un yatagan; l'os est aplati d'avant eu arrière, son bord antérieur est plus ou moins affaissé ; son bord externe, concave, est tranchant; l'interne, auquel s'insère l'aponévrose interosseuse, est épais. La forme suivante est la courbure dans le sens antéro-postérieur dans laquelle la coupe de l'os demeure triangulaire et le bord antérieur de l'os est convexe de haut en bas et plus tranchant que d'ordinaire; c'est encore l'aspect d'un sabre, mais dans l'autre sens. La courbure, soit en dehors, soit en arrière, se voit aussi, mais est plus rare.

Les numéros 2 et 3 de la figure 21, empruntée au mémoire dans lequel M. Broca eut à réfuter M. Pruuer-Bey, sur les déformations prétendues rachitiques des ossements des Eyzies, montrent les deux formes les plus communes.

Au crâne, le rachitisme joue un rôle considérable; il suspend et ajourne le travail d'ossification comme ailleurs il fait l'inverse, il l'accélère et le pervertit. De là deux sortes de résultats absolument opposés, les uns retardant l'évolution des sutures, les autres l'avançant. On vient de voir que le rachitisme existe parfois dès la vie intra-utérine; tous ne l'admettent pas, mais il est certain qu'il se passe à cette époque, dans les os, quelque désordre analogue qui laisse des traces pendant la vie entière. Si cet état se guérit spontanément par une accélération du travail d'ossification, comme le rachitisme vrai, on aurait là une cause bien simple pour expliquer une série de déformations crâniennes dépendant du développement des os, pour lesquelles les théories ordinaires ne suffisent pas. Le rachitisme survenant après la naissance a des effetsmieux connus. Se déclarant avant que les fontanelles et les lames libro-cartilagineuses qui dessinent la forme des os en voie d'ossification, soient suffisamment consolidées, il les ramollit, diminue encore leur résistance et livre le crâne désarmé à tous les hasards d'une lutte contre son con-

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