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HYPERTROPHIE CÉRÉBRALE

chevèliocs d'os wormiens; les sutures rétro-mastoïdiennes sont compliquées, les sagittale et coronale ainsi que l'union des grandes ailes du sphénoïde avec le pariétal srmt épaissies, ou soulevées, ou interrompues par des os wormiens; souvent une gouttière transversale, allant d'une surface des grandes ailes du sphénoïde à l'autre ot dont la présence est assez difficile à comprendre, coupe le bregma et semble partager le crâne en deux portions qui se seraient accrues séparément; la voûte des orbites est abaissée, etc. M. Broca cite comme signes importants, quand ils existent, une première voussure circonscrite au bord antérieur de Técaille temporale, empiétant sur la partie adjacente do ptéréon et une autre voussure au point qu'il appelle le flan ion, c'est-à-dire à la face interne de l'orbite, à la rencontre du frontal, de l'apophyse montante du maxillaire et de l'os unguis.

Les maladies de dévelopijemenl de la substance même du cerveau qui réagissent sur la boîte crânienne, sont l'atrophie et Vhf/perlrophie cérébrales ; tantôt elles revêtent la physionomie de véritables maladies, aiguës ou chroniques, tantôt elles ont un caractère sub-physiologique. Celles qui se produisent dans le cours de la vie ou à son terme ne nous intéressent pas ici ; celles qui apparaissent pendant la vie intrantérine ou après la naissance ont seules de l'influence sur l'évolution du crâne. Les deux se rencontrent, notamment dans l'idiotie. M. Baillarger a vu un cas d'hypertrophie dans lequel le corps pesant 23 kilogrammes, le cerveau avait 1160 grammes, et un autre où, à l'âge de quatre ans, cet organe pesait 1 305 grammes. Ces deux sortes de lésions sont générales ou partielles; elles atteignent tout l'encéphale, le cerveau, un seul hémisphère, un seul lobe, le corps calleux ou un groupe de circonvolutions. Leurs causes se confondent avec celles qui amènent soit l'hydrocéphalie, soit le rachitisme, en sorte que les

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effets des trois maladies se compliquent souvent et réagissent les unes sur les autres. L'inflammation qui cause plus spécialement l'hypertrophie ou l'hydrocéphalie se communique quelquefois aux parois du crâne à travers les méninges, y donne lieu à des ostéites raréfiantes ou condensantes, et amène un retard dans rossilicatiou des sutures, ou au contraire leur oblitération prématurée, quoique l'eflet naturel et isolé des deux maladies, soit la distension du crâne.

Les déformations les plus variées résultent, en somme, de la combinaison et du balancement de toutes ces causes et de leur inégale répartition sur les sutures. Les retards apportés à russification de celles-ci sont toutefois moins graves que leur oblitération complète avant le temps. Des sutures temporaires de la vie intra-utérine comme Tinterpariétale et la métopique, persistent indéfiniment sans qu'il en résulte de déformation appréciable, et cependant cette persistance est regardée par quelques-uns comme l'indice d'une souffrance probable chez le nouveauné. Stahl a vu la fontanelle bregmatique ouverte chez un homme de cinquante ans et n'ajoute pas que le sujet ait présenté quelque autre particularité. Les effets d'un retard dans l'ossification ordinaire des lèvres des sutures se réduisent à une augmentation de volume du crâne qui, après tout, n'est pas sensiblement déformé. Ceu\ des synostoses prématurées sont plus sérieux, mais ils varient suivant l'époque où elles se produisent ; considérables lorsqu'elles ont lieu dans la première enfance, leur gravité diminue ensuite et devient indifférente lorsque le cerveau est arrivé au terme à peu près de son développement.

M. Yircbow (1 ) a essayé de formuler une loi générale : «A la suite

(1) Virchow, Gesammelte Abhandlungen, Francfort, 1856, et Unlersuchungen uber die Entwickelung dur Schœdelgrunies, Berlin, 1857.

SYNOSTOSES PRÉMATURÉES. 189

(le la synostose d'une suture, dil-il, le développement ducrànc reste toujours en retard dans une direction perpendiculaire à la suture soudée, » c'esl-à-dire que la suture sagittale se soudant, le crâne restera plus étroit et se développera en longueur. Sa seconde proposition c'est que « de toutes les parties du crâne, la base et notamment les vertèbres basilaires montrent la plus grande indépendance de développement. » Deux autres assertions du môme auteur demandent à être rapportées. Le crétinisme pour lui est dû à la synostose de l'os tribasilaire, c'est-à-dire de la suture sphéno-basilaire et de la suture des corps des sphénoïde antérieur et sphénoïde postérieur^ aussi les crétins ont-ils l'occipital raccourci et la base du nez en- Ibncée. La microcéphalie, d'autre part, est due à la synostose des sutures de la voûte. Ni l'une ni Tautre ne sont démontrées. Cruveilhier a réfuté par anticipation cette explication de la microcéphalie ; les faits rassemblés par M. Vogt ne rétablissent pas et les pièces du laboratoire de M. Broca la contredisent. Procédons, pour notre part, par des exemples : ■

Soit la suture sphéno-frontalesynostosée, le front, ne pouvant plus s'élargir, restera rétréci tandis que tout le reste du crâne continuera à grossir. Soit les sutures sagittale et coronale ossifiées, la lambdoïdeet les latérales inférieures demeurant libres, la voûte du crâne sera soulevée en masse (acrocéphalic) et le développement s'exagérera aux dépens de la portion occipitale ; nous avons sous les yeux deux exemples de ce genre. Sur un autre crànenous voyons le contraire : la sagittale et la lambdoïde sont synostosées, c'est le frontal qui est refoulé en avant et développé, la voûte du crâne s'étant simultanément exhaussée. Un' autre crâne montre mieux encore ce qui se passe : toutes les sutures latérales, postérieures et antérieures sont soudées, à l'exception des deux tiers antérieurs de la sagittale et des deux tiers internes de la coronale du côté gauche; qu'en est-il ré-

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suite Ma moitié antérieure et interne du pariétal gauche s'est soulevée au-dessus du niveau des surfaces voisines.

Inutile d'insister ; toujours on voit une pression intérieur.arrêtée en un point ayant reporte son effort làoii elle a rencontré le moins de résistance et ayant ainsi donné lieu à des voussures de compensation. Ce qui étonne souvent, c'est de voir la même synostosesur deux crânes etTun seulement être déformé; cela dépend de l'âge auquel la lésion s'est produite. Le docleur Thulié a présenté récemment à la Société d'anthropologir un crâne bien intéressant à cet égard. Une ostéite accidentelle s'était déclarée sur l'un des pariétaux etavait synostosé la suture sagittale et la suture coronale d'un seul côté, cependant le crâne était parfaitement conformé. C'est que la soudure s'était produite à quinze ou vingt ans, ainsi qu'en témoignaient divers indices. Il faut se souvenir aussi que nous ne voyons que la surface externe du crâne et que, dans certaines déformations inexpliquées, il peut exister à sa face interne des synostoses incomplètes qui échappent à l'observation. Terminons par un exemple classique de synostosé.

Sous le nom de scaphocéphalie, on désigne une difformité toute spéciale du crâne, qui se reconnaît aux caractères suivants : le crâne, tenu sens dessus dessous, a la forme d'un bateau, il est élevé, très-allongé et très-aplati d'un côté à l'autre ; le front, droit et bombé, est dans la plupart des cas le point le plus élevé, l'occiput est comme effdé en arrière, de l'un à l'autre règne une arête formant une courbe très-ouverte incUnée en arrière, les deux côtés de la voûte obliques et l'effacement des bosses pariétales donnent à celle-ci une disposition en toit. Le rapport de sa largeur à sa longueur était de 36 dans un cas et de 60 dans un autre récemment présenté à la Société d'anthropologie ; ce sont les plus faibles indices céphaliques jusqu'ici observés sur le crâne humain (voir la figure n° 22).

SCAPHOCÉPIIAI.IK. 19Î

Quatre opinions sont en présence pour expliquer ce phénomène (1) : 1° d'après M. Yircho.w, il est dû à lasynoslose pendant l'enfance de la suture sagittale, les autres sutures demeurant habituellement ouvertes ; 2° d'après MM. Minchin et de Baër

Fig. 22. — Crùm; d'une négresse scaphoccphale du Sénégal.

il provient de l'existence d'un seul point d'ossification pour les deux pariétaux, hypothèse qui ne rencontre plus de partisans ; 3° d'après M. Morselli, il y a deux pariétaux distincts, mais leurs points d'ossification sont si rappi'ochés, que la fusion se fait promptement; 4° d'après M. Calori, il est le résultat d'un allongement et d'une étroitessc primitifs du crâne. Les quatre se réduisent en somme à deux : fusion des deux pariétaux et forme spéciale primitive. L'objection adressée à la première par M. Bai'uard Davis, c'est que dans sa collection,

(1) Voir nevue d'anthropologie, t. III, p. 709 et Bull. Soc. d'anth., séance du 7 mai 1874.

192 FORMES CRANIENNES.

sur 27 crânes à suture sagittale fermée, il n'y a que 4 scaphocéphales ; plusieurs crânes du laboratoire de M. Broca témoignent dans le même sens. Sur le crâne de Tartare de M. Huxley, qui ostTun des plus largesconnus pourtant, la suture sagittale est oblitérée et les sutures voisines ouvertes. Néanmoins l'opinion la plus répandue est favorable à la doctrine de la synostose de la sagittale quelle qu'en soit la cause. Les exceptions tiennent à ce que la soudure s'est produite ou complétée à un âge trop avancé. L'essentiel à noter, c'est qu'aucun cas de scaphocéphalie ne s'est rencontré jusqu'à ce jour sans soudure de la sagittale.

Divers termes ont cours, à l'étranger surtout, pour désigner les principales déformations crâniennes; ils répondent en même temps à des formes normales sur des crânes de divers types ethniques. De l'état physiologique à l'état morbide, la différence en effet est souvent légère. Combien de crânes réputés sains n'ont-ils pas cette saillie globuleuse de la région sus-iniaque de l'occipital, qui est certainement un caractère de race quelquefois, mais qui peut aussi provenir d'une poussée du contenu de la boîte osseuse dans ce sens? L'un des crânes esquimaux du Muséum, régulier sous tous les rapports, en apparence (lu moins, mérite l'épithète de scaphocéphale ; le mot a été appliqué de même à des crânes normaux d'Australiens, de Polynésiens et de nègres d'Afrique.

Voici quelques-uns de ces termes et leur signification en regard :

Acrocephalie, oxycephalie, hypsocephalie, pyrgocéphalie, crâne élevé. Platycéphalie, voûte du crâne aplatie, surbaissée. Eurycéphalie, crâne large.

Slénocéphalie, crâne étroit. '

Trochocéphalie, crâne très-rond.

Trigonocéphalie, crâne triangulaire à sommet antérieur, supposé dû à la synostose médio-frontale. , jW^aiorc'p/ia/îe, crâne à capacité exagérée.

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