VARIATIONS INDIVIDUELLES
logue doit donc recueillir le plus jmssible de pièces et ne pas s'en tenir à quelques crânes qu'il envoie au laboratoire de l'Ecole des hautes études avec cette question : dites- moi si ce sont des Francs, des Burgundes, des Sarrasins ou des Romains?
Peu de séries ramassées en un même lieu sont du reste pures. Le plus souvent elles sont le produit ou le mélange de diverses races plus ou moins rapprochées ; leurs caractères se contrarient, les uns représentent l'un des types ancestraux, les autres un autre type; elles renferment des cas d'atavisme ou même des sujets égarés dans la tribu et venus d'ailleurs. Une trentaine di; crânes du même sexe suffisent en général à lever toutes les difficultés, mais ce chiffre est nécessaire. Ici se présente une question grave.
Quelle est l'étendue des variations individuelles admissibles dans une même race réputée pure, comme les Esquimaux par exemple. La réponse n'est possible que dans chaque caspait.culiei. Elle dépend d'abord de l'étendue parcourue par les écarts maximum et minimuraobservésdanstoutelasérie humaine. Moins ces variations sont grandes et plus, bien entendu, le caractère a de valeur. Il y a des caractères qui varient, toutes choses égales, d'une quantité énorme lorsqu'on les exprime d'une façon et très-peu lorsqu'on les exprime d'une autre ; tel est le prognathisme apprécié tantôt par le rapport de la projection horizontale à la hauteur de la région, tantôt par l'angle au point culminant de la mâchoire supérieure. Pour l'indice céphalique, les variations individuelles admises pai' M. Broca sont de 10 pour 100; ce n'est qu'en atteignant 15 et 18 pour 100 qu'on peut affirmer qu'elles sont dues à des mélanges de races.
Les chififrcs exprimant chaque mesure individuelle, étant disposés en une liste progressive, les plus divergents s'échelonnent à ses extrémités, tandis que ceux qui se répètent le plus