‹ L'anthropologie philosophique [microform], consideree comme base de la moraleChapitre 10 sur 25 · Principles of Sociology, vol. I, section · texte numérisé non relu

Principles of Sociology, vol. I, section

Ce chapitre sera naturellement, en grande partie, une répétition des autres chapitres du livre, surtout des généralisations auxquelles nous sommes parvenus. Son principal but sera de faire voir si ces généralisations s'éclairent mutuellement, si les généralisations auxquelles nous sommes arrivés dans les divisions particulières de notre travail peuvent être combinées, de façon à fournir des généralisations encore plus larges, de montrer si elles font partie d'un système qui se tient et si enfin elles sont compatibles avec la philosophie générale. Avant d'aborder le sujet concernant les lois de l'anthropologie, passons en revue, brièvement, ce que l'on peut considérer comme les questions préliminaires les plus essentielles d'une étude complète de l'anthropologie philosophique. En suivant l'ordre des chapitres précédents, nous pouvons affirmer, en premier lieu, que le but principal de l'anthropologie est de fournir une base à l'éthique et une norme à l'art de la vie. Son domaine peut être défini ainsi : cette partie de la philosophie qui étudie la vie humaine. Ses divisions sont une conséquence de sa définition et de sa méthode. Les sciences anthropologiques et sociales ne sont que des divisions de l'anthropologie considérée comme science inductive. A ces sciences elle emprunte, en les synthétisant, les données et les règles qu'il faut appliquer dans la philosophie et la pratique des arts anthropologiques. Une classification à trois dimensions nous permet de représenter le quadruple sectionnement de ses subdivisions, qui étudient l'homme aux quatre points de vue de l'espace, du temps, de la qualité et de l'être. L'éthique considère que les mêmes phénomènes continueront à se produire à l'avenir. Un important élément de notre classification est la classification des

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activités humaines dans Tordre de leur importance pour la survivance, et leur division en activités primaires et en activités secondaires, ces dernières servant simplement de moyen aux premières. Les sciences anthi'opologiques peuvent encore être classées au point de vue de la méthode, en sciences d'observation, de classification et d'explication, ou sciences théoriques. Le principal défaut des sciences anthropologiques et sociales qui existent est, comme le fait ressortir cette classification, leur existence séparée. Elles ont besoin d'être guidées par la science générale, l'anthropologie ; elles ont besoin de l'appoint des autres sciences coordonnées entre elles pour élaborer leurs généralisations. Le principal reproche qu'elles méritent, c'est de ne point vouloir entrer en relation avec l'éthique et avec les sciences appliquées.

Si nous abandonnons ces considérations préliminaires et abordons l'étude de la vie humaine dans le temps et dans l'espace, ainsi que l'examen des qualités et des activités humaines, nous arrivons à la partie essentielle de notre tâche. Cette étude de la race et de l'individu fournira une base à notre système d'éthique. Mais, en pénétrant dans ce domaine, il nous faudra emprunter à la philosophie générale certains postulats qui nous dirigeront et nous suggéreront des hypothèses au cours de nos recherches.

Lorsque nous voulons emprunter à la philosophie les principes fondamentaux de notre anthropologie, nous nous heurtons à une difficulté. Nous nous trouvons en présence de systèmes contradictoires et de problèmes des plus ardus, dont les anthropologistes ne peuvent donner la solution. Et cependant cette solution est pour nous d'une importance capitale. Par exemple,

de nos opinions touchant les conceptions matérialistes et évolutionnistes de l'univers, dépendra en grande partie notre théorie de la vie humaine et du devoir. Quelle que soit le système qu'on adopte en philosophie, il est extrêmement important de prendre une position juste en éthique. D'aucuns ont soutenu que la morale ne pouvait pas exister dans l'hypothèse matérialiste, que l'homme était une simple machine, soumise aux forces inexorables du milieu et de l'hérédité, que, dans un tel système, il ne pouvait y avoir ni obligation ni responsabilité, ni devoir, ni culpabilité, ni raison de punir les fautes. L'auteur considère cette façon devoir comme une profonde erreur logique qu'il est possible de dissipera Nous nous proposons, au cours du présent chapitre, d'exposer la théorie moniste-matérialiste de l'univers et de la vie humaine, afin de convaincre le nombre toujours croissant de ceux qui acceptent certaines parties de cette théorie, que, dans la pratique, ce système aboutit aux mômes règles, aux mômes principes de morale que la philosophie classique. Ainsi donc le matérialisme lui-même fournit à l'éthique humaine une base suffisante. Il ne sera pas nécessaire de discuter d'une façon aussi approfondie les opinions philosophiques plus courantes; leur explication est évidente, et on les trouvera examinées dans d'autres

ouvrages.

Le matérialisme le plus hardi admet comme postulat que la matière en mouvement est l'ultime expression des choses. Tous les phénomènes de l'univers s'y réduisent. L'esprit, disent les matérialistes, est seulement une plus haute manifestation de la matière.

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