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SYNTHÈSE. — HYPOTHÈSES 12î>
mais que, considéré comme moyen, le socialisme est bien plus économique que l'individualisme au point de vue d'un grand nombre d'activités humaines. 11 y a donc tendance à faire prédominer le socialisme sur l'individualisme en tant que moyen. Le principe d'utilité {expediency), au sens le plus profond du mot, doit décider, dans chaque cas particulier, laquelle des deux doctrines est la plus applicable.
Si maintenant nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur les lois étudiées dans ce chapitre, nous nous sentirons plus capables de déterminer celles qui sont le plus essentielles à la vie humaine, celles auxquelles il faut se rapporter pour expliquer les phénomènes anthropologiques et sociaux, et dont Taclion ne s'étend qu'à des phénomènes ou à des activités de nature particulière. Nous remarquerons que les lois empruntées à la physique philosophique ou inspirées par elle occupent une place prépondérante par comparaison avec les lois dérivées d'autres sciences. Si ce mode de pensée peut se justifier, nous trouverons que Tanthropophysique est appelée à succéder dignement à l'anthropobiologie surannée. Ce ne sera pas seulement une réaction contre l'exagération emphatique des conceptions biologiques en sociologie, mais un progrès fait vers la découverte de ce qui est vraiment essentiel dans la vie humaine, ainsi que dans Fexistence en général. Bien que Tanthropostatique ait été placée sur le même pied que l'anthropodynamique, dans notre division systématique des sciences anthropologiques, il faut remarquer cependant que presque toutes les lois que nous avons étudiées sont des lois de dynamique plutôt que des lois de statique, des lois de causalité, bien plus
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126 ANTHROPOLOGIE PHILOSOPHIQCE
que des lois de coexistence. Et, à ce qu'il nous semble, il en doit être ainsi. En termes plus généraux, la coexistence, comme nousl'avons dit quelque part, est accidentelle, tandis que la causalité est essentielle. 11 est facile de connaître ou de déduire les coexistences, si l'on saisit toutes les causes existantes, leur valeur relative et leur direction. La causalité est toujours uniforme; les coexistences ne le sont pas.
Enfin, parmi les lois les plus marquantes de notre liste et qui fournissent les principales explications de la vie individuelle et de la vie de la race, nous pouvons signaler les lois d'adaptation, d'évolution (surtout de l'évolution des idées), de la direction suivant la moindre résistance, delà dépendance du milieu, de la dépendance réciproque des activités. Les principales lois relatives aux moyens sont, semble-t-il, les suivantes : ce qui est le plus économique survit; la suggestion sociale et le contrôle social sont les moyens les plus économiques de coopération. Le terme de survivance est le mot essentiel du système tout entier. 11 explique tous les phénomènes humains du passé et du présent, et, en tant que fin éthique, devient notre guide pourl'avemr. Cette pensée nous servira de transition pour aborder le chapitre final : L'anthropologie appliquée à l'éthique.