‹ L'Anti-HugoChapitre 25 sur 30 · A OLYMPIO · texte numérisé non relu

A OLYMPIO

Ne pourrait-on pas soiijjçonncr encore que c'est le poète qui se cache ici sous un nom emprunté?

Te voilà donc, ô loi dont la foule rampanle

Admirait la vertu, Déraciné, flétri, tombé sur une penle,

Comme un cèdre abattu !

Les méchants accourus pour déchirer ta vie.

L'ont prise entre leurs dents, Et les hommes alors se sont avec envie

Penchés potirvoir dedans!

Avec des cris de joie ils ont compté tes plaies

Et compté tes douleurs, Comme sur une pierre on compte des monnaies

Dans l'antre des voleurs.

Ton âme qu'autrefois on prenait pour arbitre

Du droit et du devoir, Est comme une taverne où chacun à la vitre ,

fuient regarder le soir,

Afin d'y voir à table une orgie aux chants grêles,

Au propos triste et vain, Quirenverse à grandbruit lescœurs pleins de querelle^

Et les brocs pleins de vin!

Tu souffres cependant! toi sur qui l'ironie

Épuise tous ses traits, Et qui te sens poursuivre, et par la calomnie

Mordre aux endroits secrets !

Console-toi, poète ! — Un jour, bientôt peut-être

Les cœurs te reviendront , Et pour tous les regards on verra reparaître

Les flammes de ton front.

Tous les côtés ternis de ta gloire outragée,

Nettoyés un matin, Seront comme une dalle avec soin épongée

Après un grand festin.

On s'élonnera que nous soyons devenus si sobres d'observations, après les avoir peut-être un peu trop prodiguées; c'est qu'il nous a paru que les derniers recueils de M. Victor Hugo n'admettaient guère cette critique de détail, et que des extraits suffiraient pour les faire apprécier; nous ne suivrons pas d'autre méthode dans le peu que nous avons à dire des Rayons et des ombres.

Nous transcrivons qiiel(iiies-unes des pensées mises en avant de ce volume par l'aulcur qui sans doute les croit propres à nous indiquer le ])ut qu'il se propose.

« Un poète a écrit \e Paradis perdu, un aulre poèlc a écrit les Ténèbres. i>

« Entre Éden et les ténèbres, il y a le monde; entre le commencement et la fin , il y a la vie ; entre le premier homme et le dernier homme, il y a l'homme. »

c L'esprit de l'homme a trois clefs qui ouvrent tout : le chiffre, la lettre, la note. »

€ Savoir, penser, rêver , tout est là. »

Ce livre, ajoute M. Victor Hugo, offre la même manière de voir les faits et les hommes que les trois qui l'ont précédé, et il les continue; seulement, dans les Rayons et les ombres, peut-être l'horizon est-il plus élargi, le ciel.plus bleu, le calme plus profond.

Pour ce qui est des questions de style et de forme, il n'en parlera pas. Les personnes qui veulent bien le lire , savent depuis longtemps, que s'il admet quelquefois , en de certains cas, le vague et le demi-jour dans la pensée , il les admet plus rarement dans l'expression.

Plus rarement, soit; mais encore trop souvent. Au reste nous sommes charmé que M. Victor Hugo prenne le soin de justifier lui-même en partie le reproche que nous lui avons fait d'être trop vague, trop nébuleux dans la plupart de ses conceptions. C'est un grand défaut suivant nous , et nous nous permettrons , à ce sujet, de lui rappeler les deux vers de Boileau :

Selon que la pensée est plus ou moins obscure. L'expression la suit ou moins neUe ou plus pure.

Nous avons prévenu que nous avions peu de chose à dire des Rayons et des ombres ; c'est en effet ce que l'auteur a publié de moins bon , et nous n'en citerons que les pièces intitulées : le Monde et le siècle, — Ce qui se passait aux feuillantines en d813, — Que la musique date du XVP siècle, — Écrit sur le tombeau d'un petit enfant au bord de la mer.

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