‹ L'antiquitéChapitre 14 sur 46 · DE L'INFLUENCE · texte numérisé non relu

DE L'INFLUENCE

de colère contre ces subdivisions et ces finesses, don les esprits délicats d'Athènes, de Syracuse et d'Âlexan drie ne se lassaient pas d'admirer la beauté. Nous ai mons mieux admettre, avec Quintilien et Cicéron, h nécessité de la probité pour l'orateur. Vir bonus di cendi peritus. Je souhaite que l'adoption de cette morali nous ait beaucoup profité; je ne doute pas que nos orateurs politiques ne soient toujours dans le vrai, j'admefc que nos avocats craignent d'embellir une mauvaise cause. Sans nous perdre au fond de toutes les questions, sans nous demander trop curieusement quelle est la vrai^ supériorité morale des avocats modernes sur les sophistes anciens, il reste évident que l'art de l'éloquence s'est transformé, que la civilisation, en s'étendant ven le nord, a essayé de rapprocher la probité de la rhétorique, et que personne n'oserait plus, dans nos sociétés actuelles, professer l'art de tromper les hommes selon les catégories d'Aristote.

Une fois cette indignation moderne calmée, si l'oii suit avec attention la trace du philosophe grec, plus on avance, plus on s'étonne. U s'empare de tout, il analyse tout, il embrasse tout. Des abîmes de la métaphysique, il passe aux délicalasses de la phrase. Comme l'art de persuader les hommes touche à leurs intérêts et à leurs passions, il n'y a pas de profondeurs dans lesquelles le Stagyrite ne lance, si on ose le dire, la sonde de son intelligence merveilleuse. Rien n'est plus vaste, rien n'est plus subtil ; c'est une classification à perte de vue, d'une justesse extraordinaire et d'une étendue qui effraie. Tous les grains sont pesés, toutes les formes mesurées, tous les nombres supputés. Dans cette encyclopédie analytique, vous retrouvez les mœurs des peuples, celles des hommes, l'étude des gouvernements.

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